11 avril 2010

Datation des textes du Nouveau Testament

Si nous ne possédons pas les documents originaux à dater au carbone 14 (ou que sais-je), il existe tout de même des procédés classique utilisés par les historiens pour déterminer la date de rédaction d'un document.

En ce qui concerne la datation des Évangiles, on peut partir du livre des Actes, dont tous les historiens s’accordent à dire qu’il a été écrit après les Évangiles (à l’exception peut-être de celui de Jean).

Les Évangiles eux-mêmes insistent sur une date d'origine avant 70 après JC. A titre d'exemple, nous avons Jean qui précise qu'il écrit avant 70, à un moment où la piscine de Bethesda, détruite par les Romains en 70, existe encore (Jn 5:2). Pour Matthieu, il va de soi qu'il y a un temple à Jérusalem, parce qu'il faut payer l'impôt du Temple (Mt 17:24-27) - mais le Temple fut détruit en 70. Enfin Marc et Matthieu qui soulignent que la proclamation par Pierre (Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant!) se passa à un endroit qui s'appelle «Césarée de Philippe» (Mt 16:13; Mc 8:27) - mais ce lieu fut «débaptisé» Néronias, par le roi Agrippa II, en 66.

Luc (l’auteur désigné des Actes) n’y fait pas mention de la chute de Jérusalem, qui est arrivée en 70 après JC. Si l’écrit datait d’après cette date, il serait très étonnant que Luc n’y fasse pas référence, d’une part parce que la plupart du contenu des Actes concerne ce qui se passe à Jérusalem après la mort de Jésus, d’autre part parce que Jésus avait prophétisé que Jérusalem tomberait et Luc ne manquerait certainement pas une occasion de réaffirmer le pouvoir divin de prophétie du Christ.

Non seulement ça, mais Luc ne fait pas non plus mention de la guerre qui a éclaté en 66 après JC entre les Juifs et les Romains, et qui a mené à la chute de Jérusalem, alors qu’encore une fois dans ses écrits Luc s’intéresse surtout aux relations entre Juifs et Romains. Par exemple, il mentionne l’altercation mineure qui est arrivé entre ces deux peuples en 44 après JC.

Alors, les érudits libéraux soutiennent que les Évangiles auraient été écrits après la chute de Jérusalem, puis que les auteurs auraient fourré dans la bouche de Jésus une prophétie qu’il n’aurait jamais faite. Cela pose un problème majeur puisque Jésus avait lié la chute de Jérusalem à la fin du monde (Luc 21, Matthieu 24, Marc 13), donc pourquoi fabriquer une prophétie qui ne se serait réalisée qu’à moitié, puisque la fin du monde n’est pas arrivée à la chute de Jérusalem ? (rassurez-vous, il y a une explication simple et logique pour valider néanmoins cette prophétie bizarre, seulement ce n'est pas le propos ici).

De même, le livre des Actes ne fait pas mention des persécutions des chrétiens par Néron dans les années 60 après JC, en fait le texte décrit le gouvernement Romain comme insensible au mouvement chrétien. Cela indique qu’il a été écrit avant la prise du pouvoir par Néron.

De plus, Luc ne fait pas mention des martyres de Paul et de Pierre (respectivement en 64 et 65 après JC), tandis qu’il s’intéresse aux martyres de chrétiens « moins importants » (comme Étienne et Jacques), surtout que la moitié du livre des Actes parle de Paul et une bonne partie de Pierre.

Or Luc aurait donc écrit son Évangile après Marc, et à peu près en même temps que Matthieu. Donc les trois premiers Évangiles ont été écrits avant la seconde moitié des années 60 après JC. Ce qui veut dire que c’était seulement, et au plus tard, 30 ans après la mort de Jésus.

Encore une fois, pas le temps pour l’Histoire de se transformer en légende ou en mythe, et surtout, pour des Évangiles écrits dans la région où Jésus avait enseigné, il serait très peu probable que les Juifs aient laissé circuler un tissu de mensonge sur les faits et gestes d’un homme dont les enseignements se transmettaient toujours par tradition orale très stricte.

8 avril 2010

La religion évolutionniste

Parfois, quand les gens me parlent des faits scientifiques, je leur dis que leurs considérations religieuses me semblent erronées. Au début, ils sont surpris, puis ils se répètent, et je leur confirme que j'ai bien compris ce qu'ils voulaient dire, et que ce sont effectivement des considérations religieuses.

Par exemple, certains hommes diront que la très grande majorité des êtres vivants (et même des mammifères) ne vivent pas en monogamie, et que donc qu'il n'est pas nécessaire (voire naturel) pour l'homme de chercher à faire autrement. Cela peut sembler être un point de vue objectif, scientifique, à l'opposé de toute considération religieuse.

Mais en fait, il y a là une considération sous-jacente, un présupposé qui repose sur une croyance. Car qui tient ces propos considère, globalement, que ce qui est, devrait être. Autrement dit, si les choses sont ainsi (dans la nature par exemple), alors c'est qu'elles sont naturelles, et normales, et qu'il ne faut pas chercher à s'en écarter. C'est une croyance religieuse.

En l'occurrence, c'est une croyance erronée, et invivable de toutes manières. La majorité des êtres vivants agissent avec violence les uns envers les autres et cherchent à se dominer mutuellement, se volent les ressources les uns aux autres, entrent en conflit pour les terres et les femelles, et font preuve d'une absence totale d'altruisme. Les humains n'échappent bien sûr pas à la règle. Doit-il en être ainsi pour autant ?

Les principes évolutionnistes, qui conditionnent la pensée occidentale depuis plusieurs dizaines d'années, se sont imposés comme référence au point que les considérations religieuses qui y ont été insérées ont parasité les esprits.

De la même manière qu'on croit que ce qui est devrait être, on s'imagine que tout ce qui est a évolué à partir d'un principe commun et primaire, et qu'il suffit de l'analyser pour remonter l'arbre de ses évolutions.

Mais surtout, on imagine qu'en recréant l'arbre de ces évolutions, alors on démontre que rien n'est vraiment nouveau, rien n'est vraiment neuf en soi, tout n'est qu'une innovation due à un tas de facteurs plus ou moins bien connus. La vision évolutionnisme dérive en une forme de déterminisme : c'est arrivé parce que les facteurs on fait que ça devait arriver.

Il est évident que tout n'est pas neuf, et que les principes évolutionnistes ont de nombreuses applications dans différentes sciences - je ne cherche pas à le nier. Mais il n'y a aucune raison d'étendre ces principes à tout ce qui existe. C'est probablement justifié dans certains domaines, mais ce n'est pas LA solution.

Chaque époque, chaque profession, chaque philosophie a pensé avoir trouvé le principe premier, la vérité ultime qui permet de tout voir clairement et de tout comprendre. Je crois que chacun cherche en fait à assouvir son besoin de comprendre le monde et la réalité - ce qui est légitime, mais, combinée à l'orgueil humain, cela mène à des dérives où l'on cherche à se donner l'illusion du contrôle par la compréhension.

Assurons-nous de la légitimité de nos modes de pensée, vérifions ce que nous croyons et pourquoi, et ne fondons pas notre raison sur des croyances incohérentes.

5 avril 2010

"Toutes les religions ont un seul message

... et si tout le monde voulait bien s'accorder là-dessus, alors, ce serait la fin des conflits et le début d'une utopie".

Séduisante illusion. Comme si le problème de l'homme résidait dans ses croyances.

J'ai déjà parlé des particularités du message chrétien (ici, ici et ici), qui le rendait irréconciliable avec aux autres religions, et, pour tout dire, inégalable. Je vais maintenant aborder la question des différences de religions de manière plus large.

Il existe une division fondamentale entre deux types de visions du monde, de religions.

Le premier type, c'est ce qu'on appelle le Monisme : Tout est Un, et l'Un est tout. Le concept est souvent représenté par un cercle.



Le second type, c'est le Théisme : il y a le créateur, et le créé. Pour reprendre l'idée de cercle, il y a deux cercles, séparés.



Peter Jones, professeur à au Westminster Seminary, et spécialiste de la question, a même créé deux termes spécifiques pour ces deux visions du monde, afin de les rendre plus évidents à comprendre : "l'Unisme" et le "Deuxisme", en référence au nombre de cercles.



L'Unisme et le Deuxisme sont deux visions du monde qui sont en conflit depuis des millénaires, et irréconciliables :

- l'Unisme confond créateur et créé, prétendant que l'homme est d'essence ou de nature divine, que toute divinité est impersonnelle, et donc promeut l'adoration du créé là où le Deuxisme incite à l'adoration du créateur uniquement.

- l'Unisme est ésotérique, introspectif, immanent (là réponse est à l'intérieur, de soi ou du monde), tandis que le Deuxisme est exotérique, extraspectif, transcendant (la réponse vient de l'extérieur).

2 avril 2010

La vie après...

Deux jumeaux discutent dans le ventre de leur mère :

A - Oh... comme c'est étroit ici ! Je n'arrive plus à bouger...Tu es devenu trop grand.
B - Mais non, c'est toi qui as trop grandi ! Moi je suis plutôt mince !
A - Arrête de te moquer de moi ! Cela ne mène à rien!

B - Tout de même, tu as bien une idée de ce à quoi ça va aboutir, tout ça ?
A - Je n'en sais rien moi !
B - Tu ne crois pas qu'il y a une vie après la naissance?
A - Une vie après la naissance ? Ben non... pourquoi ? Tu y crois, toi ?
B - Mais bien sûr que oui ! C'est bien le but de notre vie ici. Il faut grandir et se préparer pour la vie après la naissance.
A - Tu es fou ? C'est complètement absurde ça, une vie après la naissance.

A - Et ça se passerait comment là-bas ?
B - Je ne sais pas trop moi. Mais de toute façon plus lumineux qu'ici. Et peut-être que nous allons être capables de marcher et de manger par la bouche, et tout le reste.
A - Ouah... quelles histoires ! Marcher, ça ne marche pas du tout ! Et manger avec la bouche, bizarre, comme idée! Nous avons le cordon ombilical qui nous nourrit. Déjà ce cordon est trop court pour se promener avec !
B - Évidemment, il y a aura des différences. C'est difficile à concevoir.

A - Autant qu'on sache, personne n'en est jamais revenu ! Personne ! Donc, avec la naissance, la vie se termine. D'ailleurs, je trouve cette vie déjà suffisamment sombre et limitée...
B - Même si je ne sais pas trop comment cela se passera après la naissance, de toute manière on va finalement voir notre mère !
A - Notre mère? Tu y crois toi ? Elle est où notre mère?
B - Ben ici. Partout, autour de nous ! Sans elle on ne pourrait même pas vivre !
A - Bah ! Je ne sais pas où tu la vois, toi, la "mère". Elle n'existe pas !
B - Mais si. De temps en temps quand nous sommes bien tranquilles j'entends comme une voix qui vient de dehors, mais en même temps très proche de nous.

A - Et qu'est-ce qu'elle te raconte, la "mère" ?
B - Elle me dit qu'elle nous aime, qu'elle va nous donner tout ce dont on aura besoin jusqu'à la naissance, et qu'il faut qu'on lui fasse confiance.
A - Faire confiance à une voix ! A quelqu'un qu'on n'a jamais vu !
B - Je pense qu'on la verra un jour. Comme il me tarde ! En attendant, je l'écoute, je lui parle, et je lui fais confiance.
A - Tu es complètement fou... enfin, si ça peut t'aider à mieux vivre, de te bercer de douces illusions.