29 mai 2010

Raison n°2 de ne pas croire à la résurrection

Jésus aurait dû apparaître à ses ennemis, pas simplement à quelques-uns de ses amis, en privé. Peut-être que ça aurait été bien, mais c’est à peine un argument qui remet les données historiques en cause.

Notre perception moderne de ce que Jésus aurait dû faire ne change pas ce qu’il a fait au final. De plus, une résurrection n’aurait pas fait changer d’avis Caiaphas et Annas (qui, au contraire de Paul, avaient un biais Saducéen à l’encontre de la chose). Après tout, ils voulaient tuer Jésus et Lazare après sa résurrection (Jn 11:49-50; 12:10; ref. Lc 16:31).

Même si on veut réduire cette histoire à une pieuse fiction, on peut difficilement nier le fait que le pouvoir de Jésus était attribué à Belzébuth (Mt 12:24; Mc 3:22; Lc 11:15). Alors que les détails de l’histoire peuvent changer, le fait sous-jacent reste : plus Jésus démontrait son pouvoir, plus il devenait une menace et plus les chefs juifs voulaient se débarrasser de lui. Et en toute honnêteté envers Jésus, il avait bien promis une apparition post-mortem aux chefs juifs, mais dans des circonstances moins amicales (Mt 26:64).

Par Mark E.Moore, professeur de Nouveau Testament et d'Herméneutique à l'université chrétienne de Ozark, au Missouri(site web).

26 mai 2010

Raison n°1 de ne pas croire à la résurrection

On dit que les récits des Évangiles sont inconsistants et irréconciliables. Ceci, cependant, est une exagération qui est presque une mauvaise représentation manifeste des faits.

Personne ne niera que les récits sont difficiles à harmoniser, ce qui est précisément ce que l’on peut attendre d’une série d’événements qui ont changé la vie de ceux qui l’ont vécu. Mais les différences dans les récits ne sont pas ce que l’on appellerait mutuellement exclusifs ou irréconciliables. On débat toujours sur des propositions d’explications plausibles pour chacune des incohérences.

Qui plus est, si ces histoires ne sont que de simples fictions rédigées, pourquoi tant d’incohérences ? Les auteurs n’auraient-ils pas, se copiant les uns les autres, été plus adroits ? On peut aussi bien dire que ces incohérences, en fait, sont un argument en faveur de l’authenticité historique, et non pas le contraire.

Par Mark E.Moore, professeur de Nouveau Testament et d'Herméneutique à l'université chrétienne de Ozark, au Missouri(site web).

23 mai 2010

Mythe n° 5 : Des visions devenues légendes

Les apparitions originales étaient des visions qui furent seulement plus tard prises pour des événements physiques. Ceci est la théorie naturaliste actuellement en vogue mais c’est simplement une élaboration plus sophistiquée de la théorie des hallucinations.

Tandis qu’elle se retrouve sous une étonnante variété de formes, les caractéristiques principales de cette théorie sont fondées sur trois suppositions qui vont être considérées l’une après l’autre.

D’abord, ce dont les disciples firent l’expérience serait une vision, illumination, ou illusion.

Pour éviter des longueurs explicatives, nous nous contenterons de rappeler au lecteur que toute théorie dans laquelle les disciples ont pensé avoir vu Jésus, mais ne l’ont pas vraiment vu, ne répond pas correctement à la question de la tombe vide, ni au fait qu’une telle expérience était au-delà de la portée de toute philosophie du monde Méditerranéen et donc au-delà des attentes des disciples. Nous ne devons pas oublier les deux handicaps flagrants de cette théorie.

Deuxièmement, la théorie de vision suppose un développement tardif.

Les érudits qui affirment cela suggèrent que cela a pris quatre à cinq décennies pour que le mythe soit complètement développé. Or la foi de Pâques ne ressemble pas à un projet en développement. Le récit le plus ancien de la résurrection est celui de la première lettre aux Corinthiens, verset 15 (écrite aux alentours de 54 après J-C). Nous trouvons ici une théologie complètement développée de la résurrection de Jésus. Elle n’est pas naissante, elle n’est pas en pleine évolution, elle est là avec toutes ses implications.

Ce qui est plus frappant est que Paul cite ce qui est probablement un pacte Christologique encore plus ancien au verset 3b-5. Donc en 54 après J-C, Paul cite un hymne que quelqu’un d’autre a écrit depuis et suffisamment disséminé pour que l’église de Corinthe la connaisse.

Enfin, cela ne prend absolument pas en compte le fait que, 15 à 20 ans après les faits, les gens qui étaient vivants à l'époque étaient encore là, or la société Juive du 1er siècle était très stricte quant aux "hérésies". D'ailleurs, que faisait l'Église juive officielle ? Et pourquoi ne corrigeait-elle pas ces "agitateurs de foule" ?

Troisièmement, les récits évangéliques seraient des développements littéraires issus de mythes païens de la résurrection.

Jésus n’est pas réellement revenu d’entre les morts comme le prétendent les Évangiles, mais ça a été écrit de cette manière pour correspondre aux histoires issues de la littérature Juive et mythologique. Est-ce possible ? Eh bien, oui, beaucoup de choses sont possibles. Mais si les Évangiles ne sont que des produits littéraires, ils ont été écrits par des fous qui ont complètement ignoré les objections Hellénistiques qui auraient été faites :

- Marie-Madeleine est mentionnée (toujours en premier) dans cinq des six apparitions du ressuscité à une époque où les femmes n’était pas même acceptées comme témoins au tribunal.

- Il n’y a aucun récit de la résurrection elle-même.

- Jésus n’apparaît jamais à ses ennemis (outre Paul).

- Ils ont sabotés les détails du récit à tel point qu’il est impossible d’harmoniser les événements.

- Enfin l’erreur la plus risible de toutes est que les auteurs sont partis d’une vision désincarnée Platonique (acceptable pour les Hellènes) pour la transformer inexplicablement en une résurrection physique qui serait raillée de tous.

Par Mark E.Moore, professeur de Nouveau Testament et d'Herméneutique à l'université chrétienne de Ozark, au Missouri(site web).

20 mai 2010

Mythe n°4 : La résurrection de Jésus était une hallucination

Les hallucinations sont provoquées soit par des drogues, par maladie mentale, ou attentes traumatiques, rien de ce qui semble pouvoir s’appliquer aux disciples. Même si un ou deux d’entre eux ont fait une dépression ou, peut-être, consommé un “vinaigre” particulièrement fort, il n’est tout simplement pas possible que l’ensemble du groupe ait fait l’expérience du même phénomène psychologique.

Les deux sur la route d’Emmaus (Lc 24 :13), le groupe des femmes devant la tombe (Lc 24 :13), les sept dans le bateau de pêche (Mc 16:1), le groupe apostolique dans la pièce élevée (Jn 20:19-28) et la rencontre sur la montagne de Matthieu (Mt 28 :16-18) : chaque épisode nécessiterait des hallucinations simultanées sur un long intervalle de temps et pour un large panel de types de personnalités, dont aucun ne s’attendait à ce que genre de chose arrive. Tous ces facteurs sont rédhibitoires à la probabilité d'une hallucination collective.

Même si on affirme que ces histoires ont été rédigées pour des besoins théologiques, le fil historique reste néanmoins – Jésus est apparu à des groupes de gens, pas simplement à des individus isolés. Les histoires d’apparitions devant des individus isolés (Marie Madeleine, Jn 20:11-18; Pierre, Lc 24:34; et Paul, Actes 9:1-6), sont moins nombreuses et moins proéminentes que celles des apparitions devant des groupes.

Qui plus est, si Jésus était apparu seulement à des individus isolés, le groupe des disciples n’aurait jamais été convaincu. Après tout, si dix apôtres n’ont pas pu convaincre Thomas, quelle chance auraient, mettons, Pierre, le "gros lâche", de convaincre les dix autres apôtres ?

Le plus gros du problème reste devant nous : cette théorie laisse Jésus dans la tombe. Or si la tombe avait été occupée et que les disciples avaient ce genre de visions, ils auraient eu dans leur héritage juif une réponse : l’ange de Jésus serait revenu pour communiquer par-delà la tombe (réf. Actes 12 :14-15). Mais cela n’aurait jamais été vu comme une résurrection.

Par Mark E.Moore, professeur de Nouveau Testament et d'Herméneutique à l'université chrétienne de Ozark, au Missouri(site web).