Comparons le récit de la Genèse biblique aux autres mythes de la création du monde de la même époque, et de la même région du monde.
Je vous propose d'abord un bref rappel du premier chapitre de la Genèse.
Mésopotamie (Babylone) : selon l'Enuma Elish, le dieu Mardouk assassine la déesse Tiamat et à partir de son cadavre crée l'univers. La mère de Marduk assassine un autre dieu, Kingu, et crée l'humanité à partir de son sang.
Points communs avec la Genèse : Séparation des eaux, voûte céleste, eaux supérieures.
Différence avec la Genèse : Violences primordiales, les eaux séparées sont "douces" et "salées" au lieu de "inférieures" et "supérieures".
Egypte (Hermopolis / Memphis) : plusieurs écrits, dont le Livre des Morts, le premier dieu crée tout ce qui existe par sa pensée et lui donne vie par la parole; ou bien se pose sur la terre qui émerge des eaux primordiales et engendre d'autres dieux. Selon les mythes, les humains sont créés soit en esclaves des dieux, soit par accident.
Points communs avec la Genèse : les eaux (Nun), l'esprit/vent (Amun), émergence de la lumière créée (en partie) par la parole, séparation du ciel et de la terre, repos du dieu créateur (Ptah) à la fin.
Différences avec la Genèse : l'humanité est créée par accident, ou uniquement pour servir d'esclave aux dieux.
En ce qui concerne la création de l'homme, de nombreux mythes prétendent que l'homme a été créé à partir de l'argile, ce qui au final n'est qu'un lieu commun dans la littérature contemporaine.
Néanmoins, il existe des différences choquantes - pour ces cultures à l'époque - entre tous les récits de la création du monde et le récit Biblique :
- La fondation du monothéisme,
- Le fait que la lune et le soleil, et les éléments naturels en général, soient des objets, pas des divinités (même mineures),
- Le rapport entre le monde et le divin : Dieu ne fait pas partie du monde (contrairement à ce que prétendent le panthéisme et le polythéisme).
31 janvier 2010
29 janvier 2010
Interpréter la Genèse (2)
Ceci est un compte-rendu d'une conférence donnée par le Réseau Scientifique Évangélique, et n'a pas encore fait l'objet d'une analyse plus approfondie de ma part.
La Terre a été créée en 7 jours, selon la Bible. Il y a 4 types d'approches pour interpréter cela :
L'approche concordiste : les jours représentent une longue durée.
Cependant, comme nous l'avons vu précédemment, ce n'est pas le propos du texte de décrire scientifiquement les choses. D'ailleurs la Terre et les plantes sont créées avant le soleil, or comment les plantes pourraient-elles survivre sans soleil ? Et surtout, il y a "un matin" et "un soir", ce qui semble indiquer une journée, pas une longue période.
Cette approche est abandonnée aujourd'hui.
L'approche restitutioniste : il y aurait une ellipse narrative entre le 1er et le 2e jour, une période chaotique qui contiendrait tout l'épisode des dinosaures.
Cependant, cette approche introduit quelque chose qui n'est pas dans la Bible. C'est une pure supposition. Ce sur quoi elle s'appuie, le fameux "tohu bohu" qui décrit la terre, généralement traduit comme "informe et vide", fait en fait référence, dans la littérature hébraïque, à un désert, et non pas à quoi que ce soit de chaotique.
Cette approche est abandonnée aujourd'hui.
L'approche littérale : les jours représentent des journées de 24h.
Mais comment peut-on calculer une journée de 24h le premier jour, quand le soleil n'était pas encore créé ? Et encore une fois, que penser de la voûte céleste, et de cette fameuse "étendue d'eaux supérieures" ?
Cette approche est très récente et encore relativement minoritaire.
L'approche littéraire : les jours sont une licence poétique.
Le texte est écrit en prose poétique, ce qui implique des formes littéraires figuratives qui cherchent à décrire de manière picturale sans chercher à expliquer de manière scientifique. C'est de l'anthropomorphisme, on ramène à quelque chose que l'on connait, ce qui est naturel quand on cherche à faire passer un message.
Cette approche est majoritaire parmi les scientifiques chrétiens.
La Terre a été créée en 7 jours, selon la Bible. Il y a 4 types d'approches pour interpréter cela :
L'approche concordiste : les jours représentent une longue durée.
Cependant, comme nous l'avons vu précédemment, ce n'est pas le propos du texte de décrire scientifiquement les choses. D'ailleurs la Terre et les plantes sont créées avant le soleil, or comment les plantes pourraient-elles survivre sans soleil ? Et surtout, il y a "un matin" et "un soir", ce qui semble indiquer une journée, pas une longue période.
Cette approche est abandonnée aujourd'hui.
L'approche restitutioniste : il y aurait une ellipse narrative entre le 1er et le 2e jour, une période chaotique qui contiendrait tout l'épisode des dinosaures.
Cependant, cette approche introduit quelque chose qui n'est pas dans la Bible. C'est une pure supposition. Ce sur quoi elle s'appuie, le fameux "tohu bohu" qui décrit la terre, généralement traduit comme "informe et vide", fait en fait référence, dans la littérature hébraïque, à un désert, et non pas à quoi que ce soit de chaotique.
Cette approche est abandonnée aujourd'hui.
L'approche littérale : les jours représentent des journées de 24h.
Mais comment peut-on calculer une journée de 24h le premier jour, quand le soleil n'était pas encore créé ? Et encore une fois, que penser de la voûte céleste, et de cette fameuse "étendue d'eaux supérieures" ?
Cette approche est très récente et encore relativement minoritaire.
L'approche littéraire : les jours sont une licence poétique.
Le texte est écrit en prose poétique, ce qui implique des formes littéraires figuratives qui cherchent à décrire de manière picturale sans chercher à expliquer de manière scientifique. C'est de l'anthropomorphisme, on ramène à quelque chose que l'on connait, ce qui est naturel quand on cherche à faire passer un message.
Cette approche est majoritaire parmi les scientifiques chrétiens.
27 janvier 2010
Interpréter la Genèse (1)
Ceci est un compte-rendu d'une conférence donnée par le Réseau Scientifique Évangélique, et n'a pas encore fait l'objet d'une analyse plus approfondie de ma part.
Que dit la Genèse sur l'histoire de la Terre?
Commençons par une méthode d'approche :
- faire abstraction des habitudes de lecture et de traduction, des attentes des lecteurs modernes, et de notre univers conceptuel;
- étudier les caractéristiques formelles du texte (figures de styles, structure, genre, problèmes de traduction);
- comparer ce texte aux textes de même genre littéraire de la même époque (similitudes, différences, rapport entre les deux).
Ainsi on voit que la Genèse est un texte en prose poétique. C'est un texte travaillé : il y a des parallélismes, des répétitions, des refrains, des jeux de mots (en hébreux), des effets "miroir", et des procédés numériques (les paragraphes sont équilibrés en termes de nombre de mots, plusieurs termes sont répétés 7 ou 10 fois, etc.).
Cela dénote une construction littéraire savante. La prose poétique hébraïque est caractérisée par toutes ces choses, et aussi par des figures de styles. Aussi nous pouvons établir une forte présomption de figures allégoriques. Cela indique que ce texte doit très probablement être interprété de manière littéraire, non littérale.
Une forte présomption ne suffisant pas, on peut tout de même s'intéresser à une interprétation littérale. Cependant cette dernière pose plusieurs problèmes. On parle par exemple de "voûte céleste". Doit-on comprendre que le ciel est littéralement composé d'une matière tangible et dure ? C'est comme quand on dit "le ciel est bleu", ou "le soleil se lève" : en fait c'est une manière de parler. D'autre part, il y a un matin et un soir avant que le soleil ne soit créé. De même, la terre et les plantes sont créées avant le soleil. Donc beaucoup de questions en suspens, qui ont sûrement des réponses du point de vue créationniste, mais je ne fais que présenter ce que j'ai appris. Je rechercherai plus tard ces réponses.
Aussi par la suite, pour ces articles, je suivrai plutôt l'approche littéraire de la Genèse.
Que dit la Genèse sur l'histoire de la Terre?
Commençons par une méthode d'approche :
- faire abstraction des habitudes de lecture et de traduction, des attentes des lecteurs modernes, et de notre univers conceptuel;
- étudier les caractéristiques formelles du texte (figures de styles, structure, genre, problèmes de traduction);
- comparer ce texte aux textes de même genre littéraire de la même époque (similitudes, différences, rapport entre les deux).
Ainsi on voit que la Genèse est un texte en prose poétique. C'est un texte travaillé : il y a des parallélismes, des répétitions, des refrains, des jeux de mots (en hébreux), des effets "miroir", et des procédés numériques (les paragraphes sont équilibrés en termes de nombre de mots, plusieurs termes sont répétés 7 ou 10 fois, etc.).
Cela dénote une construction littéraire savante. La prose poétique hébraïque est caractérisée par toutes ces choses, et aussi par des figures de styles. Aussi nous pouvons établir une forte présomption de figures allégoriques. Cela indique que ce texte doit très probablement être interprété de manière littéraire, non littérale.
Une forte présomption ne suffisant pas, on peut tout de même s'intéresser à une interprétation littérale. Cependant cette dernière pose plusieurs problèmes. On parle par exemple de "voûte céleste". Doit-on comprendre que le ciel est littéralement composé d'une matière tangible et dure ? C'est comme quand on dit "le ciel est bleu", ou "le soleil se lève" : en fait c'est une manière de parler. D'autre part, il y a un matin et un soir avant que le soleil ne soit créé. De même, la terre et les plantes sont créées avant le soleil. Donc beaucoup de questions en suspens, qui ont sûrement des réponses du point de vue créationniste, mais je ne fais que présenter ce que j'ai appris. Je rechercherai plus tard ces réponses.
Aussi par la suite, pour ces articles, je suivrai plutôt l'approche littéraire de la Genèse.
22 janvier 2010
C'est Biblique !
On entend souvent cette expression, dans les cercles chrétiens comme ailleurs... mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Biblique, ça ne veut pas simplement dire que c'est présent dans la Bible.
Biblique, ça veut dire que la Bible - ou Dieu - en fait l'apologie.
Exemple : le meurtre, le viol, l'esclavage, le génocide, le mensonge, et autres... c'est présent dans la Bible, mais c'est pas Biblique. Alors, parfois il n'y aura pas de commentaire en bien ou en mal sur ces sujets particuliers, mais c'est tout simplement parce que pour de nombreux passages, il s'agit plus de décrire les choses telles qu'elles étaient plutôt que de les critiquer. Il était clair que ces choses étaient mauvaises, pourquoi le répéter à chaque ligne ?
Biblique, ça ne veut pas simplement dire que c'est présent dans la Bible.
Biblique, ça veut dire que la Bible - ou Dieu - en fait l'apologie.
Exemple : le meurtre, le viol, l'esclavage, le génocide, le mensonge, et autres... c'est présent dans la Bible, mais c'est pas Biblique. Alors, parfois il n'y aura pas de commentaire en bien ou en mal sur ces sujets particuliers, mais c'est tout simplement parce que pour de nombreux passages, il s'agit plus de décrire les choses telles qu'elles étaient plutôt que de les critiquer. Il était clair que ces choses étaient mauvaises, pourquoi le répéter à chaque ligne ?
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