16 janvier 2010

Signes... ?

"Dieu m'a envoyé un signe."

Mais comment savoir que les signes existent ? Quels sont-ils ? Et surtout, comment savoir qu'on les interprète correctement ?

Admettons que Dieu existe, et qu'il envoie effectivement des signes. Il nous connaît suffisament bien pour savoir quels signes nous allons reconnaître, et comment nous allons les interpréter. La vision biblique ajoute à cela que l'émetteur des signes, Dieu, est aussi le récepteur, présent en chaque chrétien, par le Saint Esprit. Ainsi, Dieu nous aide à reconnaître les signes qu'il envoie, et à les interpréter comme il faut.

Le Saint-Esprit étant présent en chaque chrétien, il se peut que lorsqu'un chrétien parle à un autre, Dieu utilise l'occasion pour exprimer un message particulier. De cette manière, Dieu transmet son message par des paroles claires et directes plutôt que par une intuition donnée au chrétien, par exemple, ou une situation qu'il lui fait traverser ou à laquelle il lui fait assister. Les moyens sont innombrables, et Dieu est très créatif. D'ailleurs, Dieu envoie souvent plusieurs signes, afin de confirmer son message, et de son côté le chrétien peut toujours prier pour obtenir une confirmation de Dieu.

Donc, assez peu de confusion possible.

10 janvier 2010

Construction sociale

C - Je crois en Dieu.

A - Qui te dit que ce n'est pas une construction sociale ? Je peux te montrer comment ça a pu se construire et s'nstitutionaliser par A + B, à partir de la tradition, de l'environnement, de procédés psychologiques, etc... Autant à l'époque de la Bible que dans ton expérience personnelle. Après tout, tu recherchais Dieu, et tu as simplement trouvé quelque chose qui te correspondait.

C - Quand j'ai soif, je cherche de l'eau. Si j'en trouve, est-ce une construction sociale ? Bien sûr, tu peux me démontrer par A + B comment j'ai appris à percevoir de l'eau, que j'ai appris à en chercher au robinet ou dans le frigo, mais au final, je bois et ça me désaltère. Et quiconque boit est désaltéré. Déconstruire un phénomène ne veut pas dire qu'il ne soit pas vrai ou universel, d'une part, et d'autre part, à force de tout déconstruire, tu déconstruit le principe de la construction elle-même. On ne peut plus rien faire, ni expliquer.

A - Comment ça ?

C - Par exemple, puisque tu utilises la déconstruction, c'est que tu crois que c'est une méthode valide, mais qu'est-ce qui te dit que cette conviction n'est pas une construction sociale ?

8 janvier 2010

Comment le "bon" Dieu peut-il tuer des gens ?

Il faut bien comprendre que quand on pose cette question, on présuppose, dans le cadre théorique de la question tout du moins, que Dieu, au sens Biblique, existe. Donc, il a créé l'univers et est infiniment supérieur à nous. Ce qu'on remet en cause, c'est l'apparente incohérence entre la bonté de Dieu et ses actions, mais on ne peut pas, au milieu de la réponse, remettre en question l'existence de Dieu - puisque sinon la question n'a plus de sens.

Alors, si Dieu existe, la vie sur terre n'est pas tout ce qu'il y a en termes d'existence. Autrement dit, la mort n'est pas la fin de tout. Cela dédramatise largement les choses, puisqu'ainsi si Dieu tue des gens, ils n'extermine pas leur existence, mais il met simplement fin à une partie de leur existence, la partie terrestre.

Ensuite, si Dieu existe, c'est lui qui a créé le monde. Il sait donc mieux que quiconque comment le monde est censé fonctionner, et tout comme un ingénieur qui voit son moteur encrassé et entreprend de le nettoyer, Dieu a toute authorité pour intervenir et corriger ce qui ne va pas.

Maintenant, passons à l'autre présupposé théorique : ce que la Bible raconte est vrai. Car comment saurait-on que Dieu a effectivement tué, ou commandité la mort de gens en dehors de la Bible ? Ainsi on ne peut pas poser la question et ensuite remettre en cause la fiabilité de la Bible - c'est une toute autre discussion.

Alors, si la Bible dit vrai, les gens qui meurent par l'action directe ou indirecte de Dieu ne sont pas des gens innocents. Par exemple, les Cananéens avaient pour pratique rituelle d’immoler par le feu des nouveau-nés encore vivants. Il y a des indices qui montrent qu’ils réalisaient une sorte de rituel religieux en attachant ensemble les jambes d’une femme enceinte jusqu’à ce qu’elle meure. Dans ces cultures, on empalait après la guerre les vaincus d’âges adulte, et on célébrait la victoire en fracassant la tête des enfants des vaincus sur des rochers. Dieu punit les gens qui transgressent la morale, pas par vengeance mais par justice.

De même, si la Bible dit vrai, tout cela est arrivé avant la venue de Dieu sur terre, en la personne de Jésus. Donc c'était une époque où Dieu punissait ou récompensait les gens en fonction de la loi qu'il leur avait transmise. Aujourd'hui, cette loi est toujours valide, mais Jésus a subi toutes les punitions pour toutes les fois où le monde a transgressé la loi. Il n'est pas venu pour condamner les gens mais pour les sauver. Ainsi les actions terrestres de Dieu ne reflètent pas nécessairement ses actions spirituelles, tuer quelqu'un à l'époque ne veut pas dire que cette personne aura été condamnée à l'Enfer, puisque par l'action de Jésus, tout le monde à la possibilité d'échapper à la condamnation.

6 janvier 2010

Le chemin vers la foi à l'époque Postmoderne

Compte-rendu du séminaire "Post-Modern Path to Faith", par Don Everts. Pour en savoir plus, lire "I Once Was Lost" compilation de témoignages de nouveaux chrétiens, par Don Everts & Doug Schaupp.

Quelques points préliminaires :

- En venir à avoir la foi est un processus mystérieux. Ceci n'est pas un guide pratique de la conversion à appliquer pas par pas, et il n'est pas universel.

- Ceci dit, tous les nouveaux chrétiens qui ont témoigné pour l'étude ont distingué 5 étapes par lesquelles ils sont passés, des thèmes qui apparaissent et se développement dans le même ordre. C'est un processus "organique".

- Ces deux afirmations sont bibliques (voir la parabole de la graine, Mc 4:26-29).

Pour chaque étape, quelques commentaires généraux et quelques conseils, trouvés par les nouveaux chrétiens eux-mêmes, sur les choses à faire ou à ne pas faire pour aider les gens dans leurs cheminement vers la foi.

Les 5 étapes :

1) Faire confiance à un chrétien. Parfois les gens viennent vous voir comme représentant de tout ce que les chrétiens ont fait depuis le début de l'humanité. Ils déchargent tous le venin qu'ils ont contre les chrétiens sur vous. Ne cherchez pas à les contredire, en général ils ont de bonnes raisons de détester les chrétiens. N'hésitez pas à alimenter leur feu, après tout vous n'êtes pas là pour défendre les chrétiens, ou peindre une image parfaite de la chrétienté.
Cherchez à construire cette confiance : ne vous défendez pas, ne rentrez pas dans le débat, ne le prenez pas personnellement. Priez pour eux, accueillez-les, apprenez d'eux, liez-vous avec eux, affirmez-les (tout le monde a quelque chose qu'on peut affirmer).

2) Se poser des questions sur Jésus. Les gens ont tout un tas d'idées sur le Christianisme, en général ils n'ont pas même lu un seul évangile. Proposez-leur d'en apprendre plus sur Jésus.
Suscitez la curiosité chez les gens : n'hésitez pas à faire et témoigner des choses qui illustrent votre foi. Concentrez-vous sur Jésus, pas le Christianisme, pas les chrétiens. Parlez clairement (un bon exercice : le tabou chrétien. Cherchez à répondre aux questions habituelles sans utiliser les barbarismes habituels, comme "sanctification", "jugement dernier", etc.) et de manière provocante.

3) S'ouvrir au changement. Les gens sont généralement satisfaits d'eux-mêmes et de leur vie. Ou en tous cas ils en ont l'impression. Mais vivre sans la joy et le pardon du Christ n'est pas facile, et plus vous en témoignerez dans votre vie, plus les gens voudront ces choses. C'est un temps très intense spirituellement.
Priez, soyez patients, défiez les gens comme Jésus le faisait (faites remarquer les contradictions dans la vie des gens, etc.).

4) Chercher Dieu. Cherchez Dieu vous-même (Bible, Eglise, Prière) de manière ostensible. Créez un environnement tranquille pour que les gens puissent chercher Dieu (rendez-vous régulier pour une étude Biblique, etc.). Attention, certaines personnes ne cherchent pas réellement, elles ne font que poser des questions, mais se préoccupent en fait peu de la réponse. Ce sont des "chercheurs fantômes".

5) Entrer dans le Royaume. C'est la dernière ligne droite. Il faut prendre une décision. Un certain sens de l'urgence est, à ce moment-là, une aide pour la personne. Il y a une "date d'expiration". Si l'indécision dure trop longtemps, ça finira par retomber, et s'estomper. Soyez clairs mais ne simplifiez pas à l'extrême. On peut utiliser le système des 4 cercles de James Choung (voir post à venir).

Quelques remarques :

N'hésitez pas à indiquer ces étapes aux non-chrétiens. Ceci n'est pas un manuel de conversion par la manipulation, et tout le monde est libre de le lire. En fait, ça peut aider les non-chrétiens à savoir où ils en sont.

Vous vous demanderez peut-être ce qu'il y a de postmoderne là-dedans ? Et vous aurez raison, c'est c'est une "formule" intemporelle. Les époques changent l'emphase accordée à l'une ou l'autre étape du processus. A l'époque moderne, j'imagine que la deuxième étape était plus importante. A notre époque, les étapes un et quatre sont les plus importantes, parce qu'elles concernent la relation personnelle, la confiance, que les gens recherchent désespéremment.

Enfin, encore une fois, ceci n'est pas une formule magique à suivre mot pour mot. Personnellement, je suis passé de l'étape un à l'étape quatre, et je connais quelqu'un qui a fait le contraire... c'est juste pour vous aider à vous repérer, et à éviter d'être frustré quand quelqu'un semble s'intéresser à Jésus et que vous êtes tout excité, mais qu'en fait il est loin d'être prêt à se convertir.

Un dernier conseil : si l'autre vous dit quelque chose de très surprenant, ou de complètement stupide, ne réagissez pas. Même si c'est hilarant tellement c'est drôle.