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14 juin 2013

Je ressusciterai, et toi aussi

Les chrétiens croient en la résurrection. De quoi s'agit-il ? En fait, même les chrétiens ne sont généralement pas au clair là-dessus, bien que la Bible soit sans équivoque à ce sujet. Mais avant de vous dire ce que c'est, voyons d'abord ce que ça n'est pas.

Il ne s'agit pas de réincarnation comme dans l'Hindouïsme, où l'âme change de forme corporelle au fur et à mesure de ses vies terrestres, et progresse sur l'échelle du karma jusqu'à sortir du cycle de réincarnation. Il ne s'agit pas non plus de renaissance comme dans le Bouddhisme - c'est un concept tellement complexe que même les bouddhistes ont du mal à l'expliquer, mais au fond l'idée est similaire : il faut chercher à sortir du cycle.

Dans ces deux religions, on associe le corps et les choses physiques au mal - c'est la source de toute souffrance. Comme dans la Grèce Antique, la mort est une délivrance qu'on attend avec impatience. Et l'ultime délivrance c'est de ne plus jamais avoir de corps, de n'être plus qu'un esprit. L'esprit est bon, supérieur, essentiel, le corps est mauvais, inférieur, dispensable.

Quelle différence avec le Christianisme ? Après tout, les chrétiens croient que quand ils meurent, leur esprit s'envole vers le paradis... non ?

Et bien, s'ils croient cela, ils ont tort. Ce n'est pas ce qu'enseigne Jésus, ni la Bible dans son ensemble. Ils croient cela, comme toi (si c'est le cas), parce qu'ils sont largement influencés par le Gnosticisme, cette pensée qui traverse toute l'histoire de l'humanité, selon laquelle l'esprit est bon et le corps mauvais.

Au contraire, selon la Bible, le corps est bon, et tout ce qui va avec : le sexe est bon, le travail physique est bon, et la nourriture physique aussi - le pain, le vin, les fruits, etc. Et l'exemple fondamental qu'on ait de la résurrection est celle de Jésus, qui a ressuscité corporellement - on pouvait le toucher, il buvait et mangeait, tout en démontrant des capacités extraordinaires qui montraient que son corps était différent du nôtre. Paul lie d'ailleurs très clairement la résurrection de Jésus à la nôtre.

En bref, d'après la Bible, à la fin des temps, tout le monde sera ressuscité dans un corps physique mais différent (restauré à son plein potentiel) pour ensuite être jugé. C'est dans ce corps que chacun passera l'éternité - auprès de Dieu dans la joie, ou loin de lui dans la souffrance (auquel cas un corps "restauré" rendrait probablement l'expérience d'autant plus douloureuse).

Et toi, que penses-tu de ton corps ?

5 mai 2013

Disciple de Jésus ?

"Monseigneur, je suis Chrétien, et sincèrement Chrétien, selon la doctrine de l'Évangile.
Je suis Chrétien, non comme un disciple des prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ."

Quel protestant ne dirait pas amen à cela ? On nous rebat les oreilles, dans nos églises, de la nécessité d'être disciple de Jésus, au point qu'on préfère dire ça plutôt que "chrétien" quand on se présente sur Facebook : cela suscite moins de préjugés. Mais voyons la suite de la citation :

"Mon Maître a peu subtilisé sur le dogme, et beaucoup insisté sur les devoirs ; il prescrivait moins d'articles de foi que de bonnes oeuvres ; il n'ordonnait de croire que ce qui était nécessaire pour être bon ; quand il résumait la Loi et les Prophètes, c'était bien plus dans des actes de vertu que dans des formules de croyance, (Mt.7:12) et il m'a dit par lui-même et par ses Apôtres, que celui qui aime son frère a accompli la Loi. (Gal.5:14)."

Tout à coup se dessinent clairement des motifs humanistes dans le discours, et on sait qu'on a à faire à un libéral, quelqu'un qui met au centre de ses préoccupations l'humain plutôt que Dieu. En l'occurrence, il s'agit ici de Jean-Jacque Rousseau.

Ventrebleu ! Qu'un libéral se prétende chrétien ne devrait pas nous choquer - après tout même les Mormons se prétendent chrétiens, or leur doctrine est carrément hérétique. Mais qu'il se prétende disciple de Jésus-Christ, voilà ce qui est étrange. Les protestants évangéliques, ceux qui se réclament d'une foi véritable et visible en Jésus par les Ecritures et le Saint-Esprit, n'ont-ils donc pas le monopole ? Pas plus que de l'adjectif "évangélique", apparemment...

Mais allons plus loin, et posons-nous seulement la question : sommes-nous appelés à être disciples de Jésus ? La question peut sembler choquante, et la réponse facile, mais regardons - en bons protestants - le texte. Où trouve-t-on le terme disciple dans le Nouveau Testament ? Presque exclusivement dans les évangiles, et, en tous cas, jamais dans les épîtres de Paul, Pierre, Jean, et les autres. La vie de l'Eglise primitive n'est pas du tout centrée sur le terme de disciple.

Pourquoi ? D'une part, parce qu'il y a une différence fondamentale entre les disciples de Jésus dans les évangiles et nous, la même différence qu'il y a entre Pierre dans les évangiles et Pierre dans les Actes : la communion à Jésus par le Saint Esprit. Il faut donc arrêter de nous identifier sans cesse aux disciples des évangiles : si les discours de Jésus s'adressent à eux comme à nous, nous ne sommes pas tout-à-fait comme eux.

D'autre part, parce qu'être disciple c'est un choix personnel, individuel. Les mouvements de Réveils dont nous sommes les héritiers se sont appropriés l'individualisme galopant de la modernité pour le canaliser vers Dieu mais ont difficilement su nous transmettre la dimension collective de l'Eglise des premiers disciples de Jésus-Christ.

Cependant, si le mot disciple n'apparaît pas, la notion est pourtant là, puisque les lettres aux églises sont remplies de commandements (or un disciple, c'est celui qui se discipline en apprenant à obéir), mais la formule qui revient le plus dans ces commandements, c'est "les uns ... les autres" (37 occurrences), dans les épîtres de Paul.

Membres d'un même corps. Nous sommes appelés à obéir, et cette obéissance concerne l'apprentissage d'une vie ensemble. Et si comme le relève Sartre, "l'enfer c'est les autres", vivre en communauté selon ces commandements d'humilité et d'amour nécessite est une véritable mort de notre ego, un sacrifice constant. Mais c'est un exercice collectif, et si nos frères et soeurs en Christ sont souvent pour nous une occasion de chute, ils sont aussi un encouragement sans lequel nous ne pouvons pas être disciples. Une personne seule peut très difficilement être disciple de Jésus.

Autrement dit, la famille (en Christ), on ne peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans... Alors plutôt que d'être un disciple, sois un des disciples, un disciple parmi d'autre, membre d'un groupe d'étude biblique, de prière, de louange, de partage, d'une assemblée, d'une communauté repentante, ou autre. Appelle-toi "membre du corps de Christ", qui obéit, comme tous les membres, à la tête, qu'est Christ.

15 mars 2013

L'Eglise centrée sur Christ

Notes à partir de 'The Christ Centred Church' de A.W.Tozer.

L'autorité des Ecritures. Dieu a formulé son autorité par sa Parole. Qu'aucun libéral n'ose se lever et dire "Nous allons l'expliquer à la lumière de ce que disent Platon ou Aristote". Que Platon et Aristote se tiennent tranquille. Qu'aucun pape n'ose se lever et dire "Nous allons l'expliquer à la lumière de ce que le Père untel a dit". Que le Père untel se tienne tranquille. Leur bouche sera bientôt remplie de poussière. Et que tout le monde se tienne tranquille pendant que parle le Seigneur Tout-Puissant.

L'identité morale du chrétien. On nous dit de ne pas croire que l'Eglise est un club de sainteté, et que, au contraire, nous chrétiens ne sommes pas différents des non-chrétiens, si ce n'est que nous avons un sauveur. Qu'en pensez-vous ? Si un homme sur un lit d'hôpital, agonisant, disait à son voisin de chambrée qu'il était tout aussi mourant que lui, mais que la différence c'est qu'il a un docteur, qu'en penseriez-vous ? Quel avantage cet homme a-t-il à avoir un docteur, s'il agonise sur un lit d'hôpital ? Quel avantage a-t-on à avoir un Sauveur, si nous ne vivons pas dans la sainteté ? Jésus n'est pas seulement notre Sauveur, c'est avant tout notre Seigneur. Il se réjouit, c'est certain, que nous soyons des croyants. Mais il préfère que nous soyons des disciples. La différence, c'est la discipline.

Le Saint-Esprit et le prédicateur. De nos jours, les gens ne savent pas, ils ont plusieurs théories au sujet du Saint-Esprit - nos facultés de théologies même nous enseignent les 4 théories les plus répandues, et c'est à nous de faire notre choix. Et nous, nous sommes trop charitables et faisons preuve de trop de largesse pour nous fixer sur une seule en définitive. Mais que ce soit clair : celui qui n'est pas assez convaincu de l'action du Saint-Esprit pour n'avoir qu'une seule théorie ferait mieux d'aller labourer les champs. S'il ne peut prétendre enseigner avec une certitude prophétique la Parole de Dieu, il n'a pas sa place sur la chaire.

L'attitude envers le monde. Nous nous félicitons parce que nous vivons aussi sainement que les gens cultivés qui vont à l'opéra, nous vivons aussi décemment que l'athée ou le scientifique déiste. La vérité, c'est que nous nous sommes vendus. Nous avons adopté le monde, nous nous y sommes conformés et identifiés - à l'exception, peut-être, des pires choses comme le viol et les crimes contre l'humanité, mais après tout le pécheur moyen ne commet pas non plus ces crimes-là. Jésus disait aux pharisiens qu'ils étaient la semence d'Abraham mais pas ses enfants. Et bien, nous sommes la semence des apôtres, mais nous ne sommes pas leurs enfants.

Nombre d'entre nous sont encore des bébés dans la foi. Les bébés, ce sont des êtres égocentriques, à la merci de la moindre émotion, et avec un régime très limité, des êtres sans vie intérieure, sans but, qui passent leur temps à jouer avec des choses anodines, des êtres qui ne cherchent jamais en eux-mêmes la cause de leur malheur. Voilà la marque des bébés, oui, voilà la marque des chrétiens immatures à qui Paul se plaint de devoir répéter les fondements de la vie en Christ après tant d'années. 


L'esprit des pharisiens. Les pharisiens avaient fait des années d'études dans les meilleures écoles, ils étaient orthodoxes, ils enseignaient la Loi, ils pouvaient même la citer ! Il ne s'agissait pas de gourous sectaires, de fanatiques, de fous chaotiques et rebelles, c'était des dirigeants religieux respectés. Mais ils avaient le coeur dur et ils étaient arrogants. Se pourrait-il qu'encore aujourd'hui, quelqu'un soit orthodoxe (évangélique ?), partisan d'un crédo conforme aux Ecritures, fidèle à sa dénomination, loyal envers l'église de ses pères, et reste pourtant aveugle, cruel, bigot et méchant ?

Jésus aimait les pharisiens, il ne les condamnait pas, au contraire - il serait mort pour eux. Mais il n'aurait jamais fait de compromis avec eux. Ils pensaient que le péché risquait de les infecter, mais Jésus savait que le coeur pur n'a rien à craindre du péché. Au contraire, si la pureté vient de Dieu, c'est pour purifier les coeurs de ceux qui sont dans le péché. Voilà l'ennemi - le religionisme. Le fait d'être religieux pour être sauvé, et non pour glorifier Dieu. Car les pharisiens trouvaient un moyen d'interpréter la Loi pour sauver leur âne en détresse le jour du Sabbat, mais pas pour sauver une âme en détresse même en dehors du Sabbat, pas pour aider un semblable dans le besoin : leur coeur n'arrivait pas à croire qu'on pouvait sauver des pécheurs.

1 mars 2013

Un jeu de mots

Notes à partir de "The Christ Centred Church", de A.W.Tozer.

Les pharisiens croyaient en la vérité de l'Ecriture et l'acceptaient comme fait, ils ne la niaient pas mais la prônaient et la mettaient en pratique, et ils auraient jetté dehors un rabbin qui ne la prêchait pas. Seulement, ce n'était des croyants que de nom parce que l'Evangile de leur religion n'était qu'un jeu de mots.

Jeu et enjeu. Un jeu, c'est une chose à laquelle on joue en créant un problème pour ensuite le résoudre en s'amusant. Le football a été inventé comme ça : un homme s'est dit qu'on allait délimiter une zone precise à protéger pour chacune de deux équipes, et qu'ensuite on leur donnerait un ballon à amener dans la zone défendue de l'équipe adverse. Et puis, on a imaginé tout un tas de règle pour intensifier le suspens, multiplier les possibilités de retournements de situation, et protéger les joueurs, le tout afin d'accroître l'amusement. C'est comme ça que fonctionnent les jeux. Ils contiennent un problème, mais le problème n'existait pas avant. Le cancer, la guerre et la famine existaient déjà, mais les hommes ont inventé d'autres problèmes et payent des millions d'euros pour que les personnes en bonne santé jouent à les résoudre.

Mais dans un jeu, il n'y a pas de réel enjeu. Que l'on gagne ou que l'on perde, on rentre chez soi après, et notre vie ne change pas. Si notre femme ne nous aimait pas, elle ne nous aimera pas plus parce qu'on a gagné, si on avait des dettes, on les a toujours, et si on était malade, on l'est toujours. Quoi qu'il arrive, on n'est pas plus ni moins avancé après avoir joué à un jeu. Par contre, quand les Alliés combattaient contre Hitler, il y avait un enjeu. L'issue de la guerre était ce qui séparait la liberté de l'esclavage. C'est la différence entre un jeu et un combat.

Le relijeu. En matière de religion, voilà la tentation : en faire un jeu de mots. Au lieu de taper dans un ballon, on envoie des mots en l'air. On écrit des livres et des magazines, on les achète, on les lit, on les cite. On chante des chansons, on dit des prières, on écoute des sermons. Et personne ne change. Quand le jeu est terminé, chacun rentre chez soi, et chacun reste le même. Mais le jeu est amusant ! On s'habille bien, on va à l'église, on prend un air digne, on sourit. On se lève, on prend un texte, on inspire fort par les narines, et on commence à prêcher. Et les gens disent "N'était-ce pas un sermon excellent ?!". Ils serrent la main du prédicateur et disent "J'ai été béni par vos paroles", et ils s'en vont, et le lendemain matin, rien n'a changé. Ils s'amusent simplement à jouer avec des mots.

Je ne veux rien avoir à faire avec ce jeu de mots religieux. Je ne veux pas qu'on me trompe avec des choses irréelles. Je ne veux pas qu'on vienne me prêcher la parole de Dieu si on ne le fait pas pour de vrai. Je ne veux pas qu'on me mente au nom de la bienséance, ou qu'on me demande de l'argent pour soutenir une chose en laquelle je ne crois pas. Je ne veux pas qu'on me demande de croire à une religion que je doive accepter par l'autorité d'un autre. Si Jésus Christ ne peut pas me changer, si mon Christianisme n'est pas réel, si le problème auquel je fais face n'est pas un vrai problème, si l'enjeu n'est pas le paradis ou l'enfer, la vie ou la mort, alors je ne veux pas gâcher mon temps avec. Je préfèrerais encore aller me promener et écouter les oiseaux chanter, plutôt que d'écouter le sermon d'un homme qui essaye de m'amadouer ou qui me met face à un problème qui n'existe pas, pour jouer avec. Et ce genre de choses arrive tous les jours.

Jésus n'est pas venu pour jouer, et je ne suis pas devenu son disciple pour m'amuser.

23 novembre 2012

Comment savoir si Dieu existe ?

On peut savoir s'il y a du lait dans le frigo en allant simplement regarder. On peut savoir si fumer accroît les risques de cancer en faisant des tests. Si on est en désaccord sur ces points, on peut se mettre d'accord assez facilement en vérifiant les faits, mais ce n'est possible que parce qu'au fond, on s'accorde sur des choses plus élémentaires : la fiabilité de nos sens, l'uniformité des phénomènes naturels, la fiabilité des données recueillies, l'honnêteté des chercheurs, etc. C'est ce qu'on appelle des présupposés.

Savoir si Dieu existe est problématique non pas parce qu'il y a un désaccords sur les faits, mais sur les présupposés. On gagne donc à aller plus au fond du débat, pour éviter de batailler en surface et en vain. Seulement, à ce niveau, les faits observables ne constituent plus des éléments décisifs. En effet, les mêmes présupposés qui déterminent ce qu'une personne va accepter ou non comme faits déterminent également comment ces faits seront interprétés.

Par exemple, le naturalisme et le surnaturalisme portent deux regards différents sur le monde et la connaissance que l'homme en a :
  • Le naturalisme affirme qu'il n'y a rien au-delà de la Nature, et donc rien en dehors de la Nature qui puisse expliquer l'ensemble de l'expérience humaine.
     
  • Le surnaturalisme affirme qu'il y a quelque chose au-delà de la Nature, qui peut expliquer l'ensemble de l'expérience humaine. Par exemple, Dieu, qui a créé la Nature et intervient en son sein à chaque instant, pour la maintenir ou la modifier et ainsi y opérer des miracles.
Il ne suffit dès lors plus d'avoir de bonnes preuves qu'un phénomène miraculeux est arrivé pour convaincre un naturaliste, puisque ce dernier supposera que cet événement n'est pas réellement arrivé, ou qu'il est simplement inexpliqué et non inexplicable. De la même manière, aucun fait, aucune preuve tangible ne pourra jamais convaincre un Hindou qu'il se trompe en croyant que toute l'expérience humaine est une illusion.

L'ensemble de nos présupposés constituent une certaine vision du monde – des convictions fondamentales sur le bien, le mal, le sens de la vie. Nous ne tirons pas entièrement ces présupposés de notre expérience humaine, et ils ne peuvent pas être vérifiés ou réfutés par la science naturelle.

La plupart des gens ignorent qu'ils ont des présupposés, et une vision du monde conditionnée par ces présupposés. Ils n'y réfléchissent donc pas de manière explicite, ce qui peut rendre tout débat difficile, voire inutile, du moins avant d'avoir éclairci ces questions. Nous verrons la semaine prochaine comment nous y prendre.

14 septembre 2012

La fac de théo, c'est biblique ?

Si les Églises enseignaient correctement les paroissiens, y aurait-il besoin de facultés de théologie ?

Les apôtres n'étaient, pour la plupart, pas des hommes instruits. Jésus leur avait enseigné de manière simple, et le Saint-Esprit leur permettait de transmettre cet enseignement fidèlement. Chaque assemblée chrétienne devrait continuer à en faire autant, et il n'y aurait alors pas besoin de faculté de théologie.

C'est un discours que je rencontre parfois. Je ne vois pas les choses de cette manière, cependant. Et si, comme de nombreux jeunes chrétiens, j'aimerais être plus et mieux enseigné dans la foi à l'église, ce n'est pas pour ça que je fais des études de théologie.

Les apôtres n'étaient peut-être pas des hommes très instruits, mais ils ont tout de même été instruits par Jésus pendant 3 ans - l'équivalent d'une licence. Cela souligne l'importance de mettre un temps à part pour la formation selon la parole de Dieu.

Pour en revenir aux auteurs du Nouveau Testament, Paul et Luc, qui en ont écrit chacun un tiers, étaient des hommes très instruits. Deux autres évangélistes, Marc et Matthieu, ont écrit selon l'enseignement de ces apôtres peu instruits qui justement ne savaient pas écrire. Moïse et Daniel, parmi les grands auteurs de l'Ancien Testament, ont eux aussi été éduqués par des cours royales (celle de Pharaon et de Nabuchodonosor). Il est donc clair que l'instruction joue un rôle central dans la transmission de la doctrine, si ce n'est dans son articulation (pour ce qui est des épîtres de Paul). Une personne plus instruite se rend plus disponible pour ce travail de Dieu.

On peut ajouter à ça le problème de l'éloignement temporel et spatial : 2000 ans, ou plus, nous séparent des écrivains bibliques. Il n'a jamais été nécessaire pour les premiers chrétiens de faire beaucoup d'efforts pour comprendre les écrits originels, mais pour nous, c'est donc nécessaire :

Les langues d'origine. Si pour le message central, les traductions disponibles aujourd'hui sont limpides et s'accordent, une certaine connaissance du Grec et de l’Hébreu bibliques est nécessaire pour éviter les écueils d'interprétation (plusieurs contradictions apparentes dans la Bible sont résolues par une étude linguistique plus approfondie - des problèmes inhérents à toute traduction).

La culture de l'époque. Les langues représentent une culture, et si on ne l'étudie pas, on ne peut pas comprendre ne serait-ce que les expressions idiomatiques, les tournures de phrases, les références...

La culture contemporaine. Il ne suffit pas d'être né dedans pour la comprendre dans toute sa diversité. Notre époque est extrêmement riche en visions du monde de tous horizons. Plus que jamais il est important de les connaître, de les étudier, d'en démêler les fondements, les articulations et les implications, pour comprendre les gens à qui on s'adresse et leur adresser un message pertinent.

L'éthique. Les questions auxquelles nous faisons face aujourd'hui requièrent un autre niveau de compréhension qu'à l'époque. La FIV, l'euthanasie, l'avortement, etc. sont des problèmes techniques plus complexes que la consommation des viandes sacrifiées aux idoles, ou l'immoralité sexuelle.

L'histoire de l’Église. Dans tous ces domaines, il existe 2000 ans, ou plus, de réflexion, de débats, de vies de chrétiens, qui essayent de formuler le message Biblique fidèlement tout en l'adaptant à leur époque - et nous n'aurions rien à apprendre de ça ? Ne doit-on pas être curieux de ce que Dieu a inspiré à nos frères et sœurs du passé, et de la manière dont les chrétiens ont occasionnellement été mal guidés par les hommes ?

Voilà ce qu'il est bon d'étudier lorsqu'on veut être théologien, et ça prend du temps, des ressources documentaires et des enseignants. Grâce à toutes ces choses, on peut servir ses frères et ses sœurs dans l’Église tout comme notre génération en général. Si on combine tout ça, on obtient une faculté de théologie.

Ce n'est pas un institut de théologie, qui lui sert avant tout à former des pasteurs, de manière très pratique. Il s'agit d'une faculté, qui instruit les chrétiens pour qu'ils servent l'église selon les dons que Dieu leur a donnés, qu'ils deviennent enseignants, pasteurs, docteurs, évangélistes, prophètes, ou simplement des chrétiens dont la foi est solidement fondée en Christ. Ce n'est pas le seul moyen, mais c'est un très bon moyen.

24 août 2012

Les tubes Catholiques

Dernièrement, des groupes catholiques ont organisé la production et la diffusion sur Internet de plusieurs émissions courtes à destination des jeunes, dans le but de... et bien, c'est là qu'est toute la question.

Mais d'abord, un coup d’œil aux vidéos

- Bref, je suis Catho, 3 épisodes réalisés par la Frassateam à l'occasion de la période de Carême en 2012. On y suit le retour progressif d'un jeune à la spiritualité catholique. Le développement du personnage principal y est bien mené, il y fait face à la réalité telle qu'on la connaît. Chaque visionneur de la série découvre le catholicisme en pratique et en interne, et est ainsi tacitement invité à suivre ce parcours du fils prodigue (version moderne).



- Very Bad Carême, 3 épisodes sur le jeûne, la prière et l'aumône, par la Pastorale des Jeunes de Lyon à l'occasion, encore une fois et comme son nom l'indique, des 40 jours de Carême de cette année. Le format s'inspire de Very Bad Blagues. L'auto-dérision touchera probablement un large public, mais une partie des références humoristiques requièrent tout de même une certaine connaissance des différents courants de spiritualité au sein du catholicisme (ou du monde chrétien en général). C'est divertissant, et sans doute un bon point de départ pour une discussion plus poussée.



- Le Cathologue, présenté depuis le 26 avril 2012 par l'1visible (mensuel catholique), et produit par Saje Prod et KTO . C'est une entreprise de plus grande ampleur, avec un épisode chaque semaine pour une durée indéterminée. L'aspect est très tendance : les clips sont classés en épisodes et en saisons comme une série télé, les tee-shirts du présentateur sont remarquables par leur esthétique et leurs slogans, le tout est filmé dans une sorte de local moderne meublé par ikea et avec des posters de Star Wars, du Le Seigneur des Anneaux, et des reproductions cartonnées grandeur nature de R2-D2, C3PO et la Vierge Marie. On regrettera cependant le traitement un peu léger des sujets polémiques, le message pertinent restant souvent implicite, ou étant subrepticement glissé en une réplique du caméraman. Divertir est-elle une fin en soi ? Néanmoins cela reste un ensemble d'épisodes accrocheurs qui peuvent servir de support pour aborder les sujets de manière plus sérieuse.



Le discours et l'effet

Il faut toujours se demander, non seulement quel est le discours, mais quel est l'effet de l’œuvre à laquelle on est exposé. Le discours, c'est ce que l’œuvre dit qu'elle fait. L'effet, c'est ce qu'elle fait réellement.

Ici, le discours, c'est globalement "Je suis catholique, j'en parle sans honte, et voilà comment je vis ça". En soi, c'est un témoignage travaillé pour qu'il ait le plus d'impact possible.

L'effet, par contre, est plus profond. L'idée qu'on a des catholiques est transformée, ils peuvent être jeunes et funs... comme les gens auxquels ils s'adressent. La majeure partie de cette campagne médiatique sert en partie à redorer le blason de l’Église Catholique, mais ce n'est pas tout. On n'y apprend finalement pas grand-chose sur Dieu, sur la Bible, sur Jésus - tout est centré sur les catholiques eux-mêmes, leur expérience, leurs pratiques, leur personnalité, dans le but de de convaincre les gens que l'écart entre les cathos et les autres n'est pas si grand. Et si l'écart n'est pas si grand, un pas est possible.

C'est presque une invitation à "Vis ma vie". Et c'est peut-être là la force de cette campagne, elle crée un lien direct : le spectateur est pris d'affection pour les protagonistes (des personnages charmants; tangibles, et avec leurs difficultés), et s'identifie à eux. D'ailleurs ces personnages sont loin d'être des catholiques "exemplaires", des saints-n'y-touchent ou autres bigots.

Pour faire connaître Dieu, on peut parler de son œuvre, ou on peut exposer à son œuvre : inviter quelqu'un à fréquenter des chrétiens, c'est l'inviter à être témoin direct de la vie d'un groupe de gens qui laissent Dieu les transformer, et parmi lesquels il agit. La médiatisation délibérée sur Internet de la vie des catholiques, c'est l'exportation ce témoignage, intelligemment adapté, jusqu'à leur ordinateur portable.

En conclusion

Si les catholiques ne sont pas les seuls à prendre des initiatives médiatiques, ils sont décidément les plus aptes à s'adresser au monde extérieur. Par contraste, on se rappellera du message de la jeunesse évangélique au futur président, message certes travaillé, courageux et partant d'une bonne intention, mais au final en mauvais français, avec un discours assez peu spécifique, répétitif, et une association images/musique/discours qui laisse à désirer - sans parler de la presque imposture de ce groupe qui se fait implicitement porte-parole de tous les jeunes évangéliques de France. Pour le reste, les évangéliques se font connaître dans les media principalement par des reportages de France 2, dont les journalistes auront bientôt tous enfin réussi à faire la différence entre évangéliques et évangélistes.

Il faut admettre qu'ils ont plus de moyens, qu'ils sont mieux organisés, et surtout que les porte-parole médiatiques officiels (comme le Pape) et non-officiels (comme le Allain Maillard de la Morandais et Frigide Barjot, par exemple) ont généralement un discours beaucoup plus clair sur les sujets polémiques (relations sexuelles, avortement, homosexualité & mariage homosexuel, adoption, etc.). Et ça rassure les gens. La nébuleuse évangélique peu sembler un véritable brouillard pour les non-initiés, autant dans les groupements que dans les pratiques, et, malheureusement, des croyances.

Alors, où sont les jeunes évangéliques qui produisent des media pertinent et de qualité pour inviter les gens à connaître Jésus-Christ ? Je pense à Question Suivante, et à la Rébellution, quant à moi j'espère être de ceux-là. Mais si blog est un bon format pour aborder les choses en profondeur, ultimement, si on veut que le monde lève les yeux vers des questions éternelles, il faut un moyen qui va les chercher dans leur quotidien, qui soit quasiment immédiat, et qui travaille sur plusieurs canaux de communication... en un mot, la vidéo.

Cet appel est lancé à tous les jeunes chrétiens qui ont l'envie et les moyens de faire des vidéos d'évangélisation : Allez, et proclamez l’Évangile à votre génération !

13 juillet 2012

Jésus guimauve et bizounours

Jésus n'est pas venu seulement annoncer l'amour éternel de Dieu pour l'humanité. Jésus est envoyé à un peuple de rebelles incapables d'aimer, pour les appeler à la repentance. Et il prévient clairement qu'en cas de refus, le jugement de Dieu suivra.

Trop souvent on veut réécrire l'histoire, faire de Jésus un sage mystique, un baba-cool antique, ou un humaniste éclairé, mais la vérité c'est que Jésus ne nous laisse pas ces possibilités. Un sage mystique n'aurait pas volontairement provoqué les autorités juives et romaines pour être crucifié, un baba-cool n'aurait pas autant parlé de l'Enfer, un humaniste n'aurait pas tant insisté sur l'incapacité de l'homme à s'améliorer par lui-même, et son besoin de Dieu.

On ne peut penser ça que si on n'a jamais lu aucune page de la Bible, et si on l'a lue, alors on est obligé de conclure que soit Jésus était fou, soit il était ce qu'il prétendait être : Dieu.

Car dans l'histoire de l'humanité, il y a 4 types de personnages marquants : les fous qui se prenaient pour des hommes, les fous qui se prenaient pour des dieux, les sages qui se prenaient pour des hommes, et le sage qui se prenait pour Dieu. La dernière catégorie est au singulier parce qu'il n'y a que Jésus qui l'ait fait. Mais bref, étant donné que Jésus se prenait pour Dieu, soit il était fou, et donc pas Dieu, soit il était sage, et donc Dieu.

Or peu de gens dans l'Histoire ont imaginé que Jésus pourrait avoir été un simple illuminé, un dérangé qui aurait par mégarde fait une telle impression sur les hommes qu'il aurait renouvelé à lui seul une religion aussi vieille que le judaïsme et qui perdure encore deux mille ans plus tard. Et effectivement, c'est très peu probable.

La réalité, c'est que Jésus n'est pas dérangé, mais il dérange. Et c'est pour ça qu'on veut réécrire l'histoire sans la connaître - on veut le cataloguer pour se rassurer. On n'a surement pas envie d'entendre que, peut-être, on se trompe. On craint son discours révélateur, qui jette une lumière peu flatteuse sur la nature humaine - sur nous, sur toi. Croire qu'il est qui il prétendait être, et qu'il peut nous sauver de notre condition humaine demande un grand sacrifice pour notre égo.

Et pour accepter de prendre ce risque, il faut être désespéré par ce monde et par soi-même. Mais heureusement, nous n'en sommes pas tous là. Et puis si on déprime un peu parfois, il suffit de regarder des séries exaltantes à la télévision, ou de se plonger dans le boulot, ou les relations amoureuses - ça occupe l'esprit et ça évite de trop réfléchir.

25 mai 2012

Le christianisme est-il une secte ?

Quand je me suis converti au christianisme, mes proches ont eu peur que je ne sois tombé dans une secte. Pourquoi ? Parce que quelqu'un comme moi ne pouvait tout simplement pas être assez bête pour devenir religieux. Or on sait que si la religion est l'opium du peuple, la béquille mentale des faibles d'esprit, les sectes quant à elles peuvent embrigader même des gens d'intelligence normale.

Mais depuis ce temps, je suis toujours chrétien, et si l'avis de mes proches a changé au sujet du christianisme, c'est plutôt en bien qu'en mal il me semble. Mais eux ne sont pas des faibles d'esprits, alors comment peuvent-ils sympathiser ? Le christianisme serait-il une secte dans laquelle je les embrigaderais inconsciemment ? Mais prenons les questions dans l'ordre...

Qu'est-ce qu'une secte ?

Question aussi fondamentale que polémique, la définition de la secte fluctue. Aussi je me contenterai de relever cinq points : trois caractéristiques structurelles, et deux caractéristiques doctrinales, sachant que pour chacune, c'est la multiplication des facteurs qui dénotera une réelle dérive sectaire.


1. Une aliénation progressive de l'individu, généralement facilitée par l'isolation de la société et de la famille, l'appropriation des biens des membres, l'endoctrinement (renforcement des croyances et normes de la secte avec représentation caricaturale des visions divergentes), l'affaiblissement physique et mental des membres (sous couvert de pratiques ascétiques de purification par exemple), la manipulation émotionnelle et psychologique (de manière imperceptible d'abord, puis par la coercition explicite), ou la reconstruction cognitive insidieuse (“lavage de cerveau”).


2. Une opposition extrême au reste du monde, par un enseignement salvateur qui se veut nouveau et unique, dont la secte est la source exclusive, et dont on ne peut bénéficier qu'en vivant en son sein, en rupture avec le reste du monde, souvent est représenté comme persécuteur.

3. Un ou des dirigeants très charismatiques, aux affirmations invérifiables ou non vérifiées, et qui se substituent à une figure d'autorité salutaire pour les membres (père, enseignant, guérisseur, etc.).

4. Le salut par les œuvres. C'est de là que découlent les caractéristiques structurelles des sectes : il faut faire quelque chose pour accéder à une vie meilleure (dans ce monde-ci ou un hypothétique "après").

5. Le témoignage intérieur. Les sectes cherchent à susciter une expérience personnelle agréable à l'individu, et la mettent en avant comme témoignage intérieur de la vérité du système. Autrement dit, on convaincra de la doctrine par l'expérience personnelle et on répondra aux incohérences et aux contradictions doctrinales de la secte par un appel à l'humilité devant cette vérité supérieure, qui elle est confirmée par le ressenti (parfois mystique).

Pourquoi les sectes sont-elles dangereuses ?

La secte détruit :

- La personne (violence et aliénation psychologique),
- La famille (séparation radicale du milieu d'origine),
- La société (rupture d'avec la vie sociale et atteinte à la famille).

Mais tant qu'elle n'enfreint pas de loi ou ne porte pas atteinte à la santé ou l'ordre public, il est difficilement justifiable pour un gouvernement d'intervenir. D'ailleurs à l'inverse, les mouvements radicaux ou dissidents ne sont pas nécessairement des sectes.

Que dire du christianisme ?

Si on reprend les 5 premiers points, il est clair que plusieurs mouvements qui se réclament du christianisme manifestent des dérives sectaires (Témoins de Jéhovah, Mormons, Moon, certains ordres Catholiques, certaines églises protestantes, etc.). Cependant on pourra remarquer que tous ces mouvements ajoutent au fondement du christianisme (à savoir, la Bible) ou le modifient.

En effet, le message de Jésus selon la Bible est un message de libération, ou comme j'aime le paraphraser : un retour vers la vie, la vraie. Autrement dit, pas d'aliénation, pas de coercition. Bien qu'en opposition au monde, Jésus invite ses disciples à ne pas vivre en rupture, en groupe élitiste : son royaume n'est pas de ce monde, mais il est dans ce monde.
Son dirigeant, Jésus-Christ démontrait ses affirmations par des miracles, et non pas des miracles de prestidigitateur (comme ce gourou indien qui fait apparaître des œufs ou de la "cendre sacrée") mais des guérisons, des prodiges physiques, et surtout, sa résurrection. Il propose aux hommes d'être sauvés gratuitement, et il ne promet pas la paix dans la vie, mais la paix dans les souffrances (souffrances qu'il promet également) - pas de doucereuse sensation de guimauve intérieure. Aujourd'hui nous disposons de la Bible, un document enraciné dans l'histoire, témoignage extérieur à notre subjectivité, pour vérifier la vérité du message.

Enfin, le message de Jésus n'a pas détruit la société, la famille ou l'individu, mais il l'a construit. La majorité des avancées sociales sont d'inspiration chrétienne : premiers droits de la femme, création des hôpitaux, des orphelinats, des droits des enfants, premiers soins envers les handicapés mentaux, suppression de la traite des noirs et abolition de l'esclavage, soutien et expansion de l'instruction et de l'éducation...

Alors, le christianisme est-il une secte ? A toi de voir, mais pour ma part, je ne crois pas.

25 décembre 2011

Joyeux Noël !

Joyeux Noël ! Mais ça veut dire quoi ? Ceux qui ont bien lu mon premier article sur le sujet se rappelleront que ça veut dire "joyeuse naissance". Naissance de qui ? De Jésus. Ah, forcément, ça se fête, une naissance. Mais la naissance de Jésus est un événement à célébrer particulièrement parce que c'est le début de l'accomplissement de toutes les promesses de Dieu. Vraiment ?


Tout les écrits bibliques qui rendent compte de l'activité de Dieu au sein de l'histoire humaine témoignent de sa promesse : il a un plan pour nous faire retrouver notre Paradis perdu. Et ce plan, c'est quelqu'un qui souffrira à notre place pour nous sauver. Ce quelqu'un, c'est Jésus. Noël, c'est la fête de sa naissance parce que ça veut dire qu'il y aura une fin heureuse pour ceux qui voudront faire partie de ce plan. Alors c'est pour ça qu'on dit "Joyeux Noël".

Mais est-ce que toi, tu peux le dire ? Est-ce que tu veux faire partie du plan de Dieu ?

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Annexe : les prophéties.


Retour sur notre histoire de Noël... les mages, guidés par "l'étoile" jusqu'à Jérusalem, demandent de l'aide au gouverneur Hérode pour trouver leur chemin. Hérode consulte les scribes, qui lui disent que l'enfant tant attendu, le Roi des Juifs, doit naître à Bethléem... et comment le savent-ils ?

Tout simplement parce que comme dans toute bonne histoire, il y a une prophétie :

"De [Bethléem] sortira pour moi 
Celui qui dominera sur Israël, 
Et dont l’origine remonte aux temps anciens, 
Aux jours de l’éternité.
(...) Il se présentera, et il gouvernera avec la force du Seigneur, Avec la majesté du nom du Seigneur, son Dieu : 
Et [les membres de son peuple] auront une demeure assurée, 
Car il sera honoré jusqu’aux extrémités de la terre. 
C’est lui qui ramènera la paix."

- Livre du prophète Michée, chapitre 5, versets 3 à 5.

Mais ce n'est pas tout. Il y en a d'autres, dont voici les 3 principales :


"Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. 
Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, 
Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né.
En ce jour-là, le deuil sera grand à Jérusalem (...)
En ce jour-là, une source sera ouverte 
Pour la maison du roi David et les habitants de Jérusalem, 
Pour le péché et pour l’impureté.
(...) Et si on lui demande : D’où viennent ces blessures que tu as aux mains ? 
Il répondra : C’est dans la maison 
De ceux qui m’aimaient que je les ai reçues.
Épée, lève-toi sur mon pasteur et sur l’homme 
Qui est mon compagnon ! Dit le Seigneur. 
Frappe le pasteur, et que les brebis se dispersent ! 
Et je tendrai ma main vers les faibles."


- Livre du prophète Zacharie, chapitre 12, versets 10 à chapitre 13, verset 7.

" Voici, mon serviteur prospérera ; 
Il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut.
De même qu’il a été pour plusieurs un sujet d’effroi, 
Tant son visage était défiguré, 
Tant son aspect différait de celui des fils de l’homme,
De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ; 
(...) Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? 
Qui a reconnu le bras du Seigneur ?
(...) Méprisé et abandonné des hommes, 
Homme de douleur et habitué à la souffrance, 
Semblable à celui dont on détourne le visage, 
Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.
Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, 
C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; 
Et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié.
Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos injustices ; 
Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, 
Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; 
Et le Seigneur a fait retomber sur lui notre injustice à tous.
(...) Et parmi ceux de sa génération, 
Qui a cru qu’il était retiré du pays des vivants 
Et frappé pour les péchés de mon peuple ?
On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche, 
Quoiqu’il n’eût point commis de violence 
Et qu’il n’y eût point de fraude dans sa bouche. 
Il a plu au Seigneur de le briser par la souffrance…  
Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, 
Il verra une postérité et prolongera ses jours ; 
Et l’œuvre du Seigneur prospérera entre ses mains. 
A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards;
Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, 
Et il se chargera de leurs fautes."

- Livre du prophète Esaïe, chapitre 52, verset 13 à chapitre 53, verset 11.

"Mon Dieu ! mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? (...)
Et moi, je suis un ver et non un homme, 
L’opprobre des hommes et le méprisé du peuple.
Tous ceux qui me voient se moquent de moi, 
lls ouvrent la bouche, secouent la tête:
"Recommande-toi au Seigneur ! Le Seigneur le sauvera, 
Il le délivrera, puisqu’il l’aime !"
(...)  Je suis comme de l’eau qui s’écoule, et tous mes os se séparent ; 
Mon cœur est comme de la cire, il se fond dans mes entrailles.
Ma force se dessèche comme l’argile, et ma langue s’attache à mon palais ; 
Tu me réduis à la poussière de la mort.
Car des chiens m’environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, 
Ils ont percé mes mains et mes pieds.
Je pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent ;
Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique."

- 22e psaume du roi David.

25 novembre 2011

Face à Dieu

C'est l'histoire d'un homme qui veut hériter de son père, alors il cherche à le tuer.

Mais son père s'en rend compte, et il fait intervenir la police. Son fils est arrêté, jugé coupable, emprisonné.

En prison, il est abusé, verbalement, mentalement, physiquement. Il commence à avoir des troubles psychologiques et cherche à s'en sortir en devenant comme ses tortionnaires.

Son père lui envoie des lettres régulièrement, parce qu'il l'aime malgré tout. Parfois le fils y répond, et parfois non. Son père lui dit qu'il va le faire sortir bientôt, que même si son fils mérite d'être puni pour sa tentative de meurtre, il est son fils et il veut que son fils vive.

La seule condition, c'est que son fils reconnaisse son crime, regrette ses actes, et veuille changer de vie: alors son père l'accueillera de nouveau comme son fils, et lui mettra à disposition tous les moyens disponibles pour qu'il puisse effectivement changer de vie.

Envoyé par le père, son frère aîné, qui est avocat, vient dans la prison, et ils commencent à travailler sur son dossier judiciaire. Ils se voient régulièrement, pour passer bientôt devant un juge.

Le jour du jugement, au tribunal, le frère aîné dit au fils qu'il doit plaider coupable. Le fils est surpris : il devait sortir de prison, et on lui demande d'en remettre une couche ! Et si tout ça n'avait été qu'une manœuvre pour le faire rester en prison encore plus longtemps ? Mais il choisit de faire confiance à son frère, et à son père.

Alors il plaide coupable. Et là, il se rend compte que le juge, c'est son père. Mais ce qui l'étonne le plus, c'est ce qui se passe après. Son père lui dit : "Tu es coupable, et tu mérites ta punition". A ce moment-là, son frère prend la parole, invoquant l'échange gratuit, un article très particulier de la loi du père : "Alors je prendrai sa place, et il sera libéré, parce qu'il m'a fait confiance". Le père accepte.

Trois ans plus tard, le fils aîné est libéré pour bonne conduite, et il rejoint le domaine familial.

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C'est l'histoire d'un homme... et cet homme, c'est toi, et cet homme, c'est moi.

Voilà, le message de Jésus, c'est ça. On a commis un crime, on a essayé de se débarrasser de Dieu, et il nous a condamné pour ce crime. Notre crime, c'est ce qu'on appelle le pêché. Les conséquences, c'est qu'on vit comme dans une sorte de prison: on n'arrive plus à s'empêcher de faire du mal. On souffre, mais on fait aussi souffrir les autres, et on est bien démunis devant ce problème. C'en est devenu une maladie dont on ne peut plus se débarrasser.

Et Jésus, c'est notre avocat. Il vient nous chercher dans notre prison, et il propose de payer pour nos fautes, nous demandant juste de lui faire confiance, et de plaider coupable, parce qu'au jour du jugement, si on ne s'en est pas remis à lui, alors on restera définitivement bloqué en prison, coupable et malade - pour toujours.

21 octobre 2011

Les évangéliques et George Bush

Le courant évangélique vient-il des États-Unis ? C'est ce que semblent indiquer les media, lorsqu'ils font passer l'ensemble des communautés évangéliques implantées en France pour des mouvements fondés sur des pasteurs charismatiques, des cultes aux airs de one-man-show, et des méthodes "à l'américaine".

Il est vrai que la France est considérée comme une terre de mission par les églises nord-américaines, et que de nombreux chrétiens viennent en France pour évangéliser, notamment depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Bien sûr, la vision du christianisme qu'ils importent est très liée à leur culture, et cela tranche avec la culture française. Mais considérer les évangéliques comme un mouvement américain relève d'un manque de connaissance historique.

En fait, les premières assemblées évangéliques sont apparues au 16e siècle en Suisse, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, et en Angleterre avant même la naissance des États-Unis. C'est ensuite que, frustrés par le manque de liberté religieuse en Europe, de nombreux évangéliques ont émigré outre-atlantique, contribuant largement à la création des USA.

Et Georges Bush junior, là-dedans ? C'est au moment de son élection que le terme américain "evangelical", mouvement dont il se réclame, est brusquement devenu très médiatisé. Bien que les communautés évangéliques de France, plutôt radicales pacifiques, aient été en désaccord avec sa vision des choses et aient marqué leur distance, la confusion est souvent restée dans l'esprit des Français.

14 octobre 2011

Qu'est-ce qu'un protestant évangélique ?

Un évangélique est d'abord un chrétien, puis un protestant, et enfin, un évangélique.

Un chrétien, c'est donc quelqu'un qui croit en Dieu tel que la Bible le révèle, et qui place ce dernier au centre de sa vie.

Un protestant, c'est un chrétien qui croit que Dieu offre gratuitement aux hommes, qui se sont rebellés contre lui, de se réconcilier avec lui. Cette offre est l’œuvre de Dieu, incarné en Jésus Christ, c'est une alliance avec les hommes : il est mort pour nos fautes, il nous adopte, et nous pouvons vivre en communion avec lui.

Un protestant croit au salut, gratuit, par Jésus, point barre. Rien de plus, rien de moins.

Rien de plus, parce que beaucoup de gens cherchent à ajouter à Jésus en prétendant que l'homme a son propre rôle à jouer dans la réconciliation, qu'il doit faire des bonnes actions, des pèlerinages, etc. pour "mériter" l'amour de Dieu. Les "bonnes actions" sont la conséquence de l'amour de Dieu, pas la cause.

Rien de moins, parce que certains cherchent à connaître Dieu - et c'est là l'élan religieux de l'homme - sans passer par Jésus. Ils refusent la gratuité scandaleuse de l'offre de Jésus, prisonniers de leur méritocratie élitiste ou de leur universalisme tiède.

Enfin un évangélique croit que la Bible ne contient pas d'erreur, que Jésus est né d'une femme vierge, qu'il a subi la condamnation que nous aurions dû subir, qu'il est Dieu, et qu'il est ressuscité. Un évangélique se différencie du libéral, qui place l'autorité de sa propre raison au-dessus de celle de la Bible, et du sectaire pour qui la révélation biblique doit être complétée par une autre révélation.

Les protestants évangéliques se différencient également des protestants historiques, en cela qu'ils tiennent fermement à l'indépendance des églises, et à des systèmes hiérarchiques locaux simplifiés, voire inexistants.

En outre, l'évangélique s'attache généralement à 3 aspects de la foi : le changement de vie qu'occasionne sa conversion, la prédominance de la Bible dans sa vie, et la défense militante des raisons qui fondent sa foi.

2 septembre 2011

Peur de l'Enfer ?

Il parait que la foi chrétienne est fondée sur la peur de l'Enfer. Ben oui, parce que si on n'est pas chrétien, on va en Enfer, donc les gens croient en Dieu pour éviter le barbecue. Logique... non ? Voyons ça.

Jésus est le personnage de la Bible qui parle le plus de l'Enfer. C'est selon lui un lieu de tourments éternels, Jésus lui-même l'appelle "les ténèbres du dehors", "la fournaise", où il y aura "des pleurs et des grincements de dents". Alors, effectivement, c'est le genre d'endroit qu'on devrait fuir comme la peste, de peur de s'y retrouver coincé.

Mais est-ce mal d'avoir peur de l'Enfer, s'il existe ? Cela dépend du type de peur. Il est sain d'avoir peur de la souffrance dans la mesure où ça nous aide à rester en vie. Et il est sain de redouter la souffrance éternelle pour lui préférer la vie éternelle.

Et pourtant, les chrétiens n'ont pas peur de l'Enfer. Et même, je ne connais aucun chrétien qui se soit converti par peur de l'Enfer. Pourquoi ?

Les gens ne croient généralement à l'Enfer qu'une foi qu'ils se sont convertis, parce qu'ils acceptent de croire Jésus quand il en parle; or à ce moment-là, ils ont déjà reçu la promesse de la vie éternelle. Donc l'Enfer ne leur fait plus peur avant même qu'ils y croient. Et s'ils cherchent à faire le bien, ce n'est plus par crainte du mal, ou de la condamnation, mais par amour du bien.

La peur est le ressort de la superstition, pas de la foi.

Ne brises pas un miroir ou alors 7 ans de malheur s'abattront sur toi !, ça c'est de la superstition. Aucune raison n'est donnée, on ne comprend pas la logique qui relie les deux choses, et surtout, on ne sait pas d'où vient cette règle arbitraire. Fais ou ne fais pas telle chose, et telle chose bonne ou mauvaise t'arrivera... Autrement dit, passe ta vie à respecter une liste de choses absurdes pour avoir la conscience tranquille. Quelle angoisse !

La foi chrétienne est étrangère à tout ça. Elle est fondée sur des faits historiques, sur la raison, sur l'expérience personnelle et commune de gens de tous horizons, sur la révélation d'un Dieu qu'on peut connaître et avec lequel on peut dialoguer. Il ne s'agit pas d'un concept abstrait ou d'une force qui flotte mollement dans l'univers, d'une cause primaire qui a cessé d'influencer le monde depuis, d'un être en retrait de sa création, qui nous aurait laissé une liste de règles obscures à suivre bêtement. Il s'agit d'un dieu créateur, d'un dieu personnel, impliqué dans l'histoire de l'humanité, et qui meurt d'amour pour nous.

Il ne s'agit pas de peur, mais d'amour.

27 décembre 2010

Pardon et Bonnes Actions

Dans le jargon chrétien, deux concepts fondamentaux sont liés au pardon et aux bonnes actions. Ce sont la grâce et la sanctification. Ils sont fondamentaux parce qu'il n'y a que dans le Christianisme que la grâce vient avant la sanctification.

La Grâce, c'est le fait que Dieu propose de gracier les hommes de leurs crimes, comme le Président pouvait gracier un condamné à mort quand cette peine était encore en vigueur. La Grâce, c'est le pardon.

La Sanctification, c'est le programme de réinsertion que l'on suit une fois que l'on a été gracié : Dieu nous transforme, nous réoriente, et nous devons participer à ces efforts. Littéralement, Dieu fait progressivement de nous des "saints".

Sauf que du point de vue de Dieu, on n'est pas un prisonnier en cours de réhabilitation, mais il nous déclare citoyen modèle, avec un casier judiciaire vierge !

De nombreuses personnes accentuent le principe de la Grâce pour en oublier complètement la Sanctification. Autrement dit, de nombreuses personnes considèrent Dieu comme une machine à pardonner, parce que Dieu est amour.

Mais Dieu est aussi Justice et Vérité, et ça implique de devoir être cohérent. Être pardonné ne suffit pas. Un condamné n'est pas sorti de prison pour être lâché dans la nature, avec un programme de réinsertion optionnel : c'est obligatoire !

Alors, on peut avoir des difficultés, on peut avoir des hauts et des bas, mais dans l'ensemble, quand on est chrétien, on est en réinsertion toute sa vie. Mais alors, quand est-ce qu'on est vraiment libre ? Après la mort et la résurrection. Cela dit, on est tout de même sur le chemin de la liberté, on est en "conditionnelle", c'est loin d'être une vie horrible.

Tout ça pour dire qu'on ne peut pas prétendre profiter de la Grâce de Dieu sans être sanctifié par la mise en pratique de ses enseignements et par une relation continuelle avec Dieu. En somme, il ne suffit pas de dire "Je crois en Dieu", il faut le vivre.

25 décembre 2010

Une relation avec Dieu ?

La Bible le dit : Dieu est invisible (Col 1:15, Héb 11:27). Alors comment avoir une relation avec un Dieu invisible ?

D'abord, il y a Jésus. Jésus a dit lui-même que celui qui l'avait vu avait vu Dieu.

Mais Jésus est mort il y a plus de 2000 ans, alors comment on fait pour le voir ?

Il suffit de lire la Bible : elle contient 4 biographies de Jésus, qui sont de véritables portraits peints par des gens qui l'ont connu, et qui se complètent.

Oui, mais apprendre des choses sur Jésus, ce n'est pas comme d'avoir une relation avec Jésus.

Effectivement. Pour avoir une relation avec quelqu'un, il faut lui parler et l'écouter. Et c'est à ça que servent la Bible, la prière et l'Église.

La Bible est la Parole de Dieu, donc si on veut écouter ce que dit Dieu, on peut lire la Bible, la replacer dans son contexte pour en comprendre le message, et en tirer des applications pour sa vie. Non seulement c'est un bon manuel de vie, mais c'est aussi - et surtout - l'historique des relations entre les hommes et Dieu. La prière permet à la fois de parler à Dieu et de l'écouter, tout aussi directement.

Il faut utiliser la prière et la Bible ensemble, parce que si Dieu est cohérent, alors la Bible ne dira rien de contraire à ce que nous recevrons par la prière, et réciproquement. C'est en partie comme ça qu'on sait que ce qu'on voit ou qu'on entend par la prière vient bien de Dieu et pas de Satan, ou de notre imagination.

Enfin, l'Église - c'est-à-dire l'ensemble des chrétiens, car nous ne sommes pas appelés à être des chrétiens individualistes et égoïstes, nous sommes un peuple, liés par un sang qui n'est pas le nôtre, celui de Jésus.

Tout comme on peut vérifier la Bible par la prière et la prière par la Bible, on vérifie ces deux choses avec l'Église, et réciproquement, car encore une fois si Dieu est cohérent, il ne se contredira pas dans ce qu'il dira à deux chrétiens par la prière, et le message de la Bible pourra être rendu plus objectif par la confrontation des différents points de vue (eux-mêmes individuellement et collectivement vérifiés par la prière).

Malgré tout, il y a souvent des divergences sur certains points pratiques (mais pas centraux), parce que personne n'est en communication parfaite avec Dieu, et que de toutes façons ce n'est pas un dictateur autoritaire mais un bon berger : il nous guide tout en nous laissant découvrir et réfléchir par nous-mêmes, donc nous pouvons nous tromper. Et c'est pour cela que nous avons besoin de ce système de vérifications multiples, afin de rester humbles dans notre recherche de la volonté de Dieu, pour ne pas finir en extrémistes auto-justifiés.

C'est comme ça qu'on peut avoir une relation avec Dieu : la Bible, la prière, et l'Église.

27 août 2010

C'est quoi le Salut ?

Toutes les religions prétendent offrir le « Salut ». Mais ça veut dire quoi ? Il y a une notion assez claire d'être sauvé, mais de quoi, pourquoi, et comment ?

La notion de Salut est liée à l'une des questions fondamentales des humains : Pourquoi le mal / la souffrance ? Le monde est plein de souffrance, et nous voulons savoir comment y échapper – ou tout du moins pourquoi nous devrions le supporter.

Alors, cela nous informe déjà sur une chose : pour une raison inconnue, l'homme dans la souffrance se sent comme un poisson hors de l'eau. Outre les considérations évolutionnistes, qui proposent d'expliquer comment la souffrance fonctionne voire comment elle est apparue, rien n'explique pourquoi la souffrance existe.

Pourquoi ce qui est mauvais pour nous fait-il nécessairement appel à une sensation désagréable ? La souffrance ne pourrait-elle pas être simplement une information dont nous aurions la sagesse de tenir compte ? Nous sommes « configurés » ainsi, et le monde aussi, mais nous ne savons pas pourquoi.

Quoi qu'il en soit, nous cherchons à résoudre cette situation, et nous espérons arriver à sortir de cette configuration, de cette condition. Et c'est précisément ça, le Salut : sortir de notre condition d'imperfection.

Dans la Bible, le mot pour « sauver » est le même que « guérir ». Ainsi le Salut, selon la Bible, est une guérison, une guérison de nos blessures et du mal qui s'est insinué en nous, et dont nous n'arrivons pas à nous soigner.

17 août 2010

L'origine du mal

La Bible ne dit pas d'où vient le mal, ce que faisait ce maudit serpent dans le jardin d'Éden, ni pourquoi. C'est une des grandes questions auquel Dieu n'apporte pas de réponse. C'est un mystère.

Pourtant la Bible dit bien que Dieu nous a créé bons, pas mauvais ni même neutres, mais bons, à son image. Puis il nous a donné le libre-arbitre, et nous avons pêché, nous avons décidé de nous séparer de lui.

Alors la vision très en vogue aujourd'hui, c'est celle qui existait déjà dans la conception dualiste grecque et qui est aussi largement répandue dans les religions orientales, c'est celles de la coexistence du bien de du mal. Autrement dit, l'un ne peut pas exister sans l'autre.

Un peu comme dans Star Wars : la force a un bon côté, mais aussi un côté obscur. Mais nous devons rejeter cette vision des choses, parce qu'elle est incohérente avec le caractère de Dieu : car comment se fier à un Dieu qui est bon et mauvais ? Et d'ailleurs, se dire que le mal existera toujours, et même que le bien ne pourra pas exister sans le mal est une vision des choses sans espoir.

Une manière de connaître la vérité, c'est d'évaluer les alternatives.

Le mal est une illusion. Cela non plus ne marche pas, parce que sinon cela veut dire que les injustices sociales, la guerre, les viols ne sont qu'une illusion, et qu'on ne peut pas les prendre au sérieux.

Le mal ne peut être vaincu. Encore une fois, c'est une vision contraire à celle de la Bible, car Jésus prétend avoir commencé à vaincre le mal et qu'il finira un jour.

Dieu aime le mal. C'est lui qui l'a créé. Il s'est dit « tiens, je vais faire ça, c'est une bonne idée ». Mais comme la Bible définit le bien comme la volonté de Dieu, ça n'a aucun sens.

Alors, le mal est apparu à un moment donné, car les alternatives sont pires et incohérentes. Mais au-delà de ça, c'est un mystère. Cela dit, si Dieu existe et qu'il a révélé sa parole en inspirant la Bible, alors il a jugé que nous n'avions pas besoin de connaître l'origine du mal.

Je connais Dieu, je sais qu'il est bon et juste, alors là où il s'est gardé de donner des précisions, je me garderai d'en chercher. De toutes façons, à quoi bon connaître l'origine du mal ? Nous sommes là pour rendre gloire à Dieu, c'est lui-même qui s'occupe de combattre le mal.

7 août 2010

Le don de prophétie

Lorsqu'on devient chrétien, on reçoit l'Esprit Saint de Dieu (ou Saint-Esprit, pour les intimes). Qu'est-ce que ça veut dire ? Que Dieu va être présent en nous, et va nous transformer de l'intérieur. Une partie de cette transformation concerne nos choix, nos habitudes, notre raisonnement, etc. Une autre partie de cette transformation, selon certains, va se faire sous forme de « dons spirituels ».

La question est polémique au sein des milieux chrétiens, au point que dans trois églises qui partagent 99% des mêmes croyances en ce qui concerne ces dons, on peut se retrouver avec trois visions des choses différentes à ce sujet, et donc trois manières relativement différentes de vivre leur foi, et leur culte à Dieu.

L'un des dons spirituels décrits dans la Bible est celui de prophétie. Tous les prophètes de la Bible prophétisaient car ils étaient « remplis du Saint-Esprit ».

Mais tout d'abord, clarifions le terme. Si vous pensez prophétie = prédictions, alors vous n'y êtes pas. C'est bien plus que ça. Les prophètes sont ceux qui annoncent la volonté de Dieu : ils condamne les pratiques immorales et injustes, appèlent la population et le gouvernement à changer, et ils prévenaient de ce qui arriverait si les changements se faisaient et s'ils ne se faisaient pas.

Alors, la question est : est-ce que le don de prophétie, tel qu'il est décrit dans la Bible, est toujours d'actualité ? Si c'est le cas, étant donné l'autorité accordée aux prophéties de l'Ancien et du Nouveau Testament, nous devrions rajouter au corpus Biblique chaque jour. Mais la Bible elle-même nous interdit de modifier ou ajouter quoi que ce soit aux textes.

Ainsi on peut imaginer que le don de prophétie, s'il existe aujourd'hui, est différent. Il ne serait pas du même ordre que les prophéties bibliques, mais serait plutôt un compte-rendu humain (et donc imparfait) d'une inspiration divine. Autrement dit, Dieu nous met quelque chose à l'esprit, une chose à laquelle nous n'aurions pas pensé tous seuls, et nous entreprenons de rendre compte de cela, de l'exprimer : un encouragement, une invitation à la prière, un avertissement, une consolation, etc.

Et cela ne se limite pas à ce que l'on dit, mais peu aussi concerner la manière dont on le dit – dans la mesure où on invite Dieu à nous inspirer. Le fait de prendre un exemple au hasard pour illustrer un argument peut se révéler être un exemple très réel dans la vie d'une personne qui vous écoute, et Dieu vous aura inspiré cet exemple justement pour parler à cette personne. Cela ne veut pas dire que l'on n'a pas besoin de travailler sur un sermon, sur un articles, ou autre : l'inspiration divine ne remplace pas la réflexion, mais elle la complémente.

Alors que faire ? D'abord se rappeler que l'Église n'est pas dirigée par des prophètes, mais par des Anciens, qui les gouvernent, parce que les prophètes ont tendance à faire des choses un peu folles. Paul dans ses épîtres cherchait à mettre un peu d'ordre dans l'usage du don de prophétie, tout en encourageant son utilisation. Il recommande aussi d'évaluer l'inspiration des prophéties, et cela parce que les prophètes ne parlent pas avec autorité comme les apôtres. Il ne s'agit pas ici de vrais prophètes et de faux prophètes, simplement l'humain est faillible, aussi discernez dans chaque prophétie ce qui est inspiré et ce qui ne l'est pas et agissez en conséquence. Le Saint-Esprit et la Bible peuvent confirmer ce qui est inspiré.

Comment faire ? Demandez un don de prophétie à Dieu régulièrement, soyez humble dans votre manière d'en faire pare autour de vous parce que vous êtes faillible, et soyez audacieux parce que ça peut être la volonté de Dieu, mais surtout, surtout laissez l'amour vous guider dans vos prophéties.

Quelques textes de référence : Actes 2:17; 1 Corinthiens 12:28, 13:8-12, 14:1-4, 14:29, 14:37-38; 1 Thessaloniciens 5:20; Ephésiens 2:20 et 3:5.

Ce message est inspiré d'un sermon de John Piper.

29 juillet 2010

C'est quoi un évangélique ?

Tout d'abord, un évangélique c'est un type de croyant, et ce n'est pas la même chose qu'être évangéliste, qui est une profession.

Ensuite, un évangélique, c'est un Protestant. Autrement dit, un hérétique, un libre-penseur, qui refuse de se conformer aux dogmes et à la tradition de l'Église Catholique, cherchant à être fidèle uniquement au message originel de Jésus.

Pourquoi évangélique plutôt que protestant ? D'abord, parce que protestant a une mauvaise connotation (protester contre), et que le but n'est pas de casser du sucre sur le dos de l'Eglise Catholique. Ensuite, parce que les évangéliques sont un courant particulier du protestantisme (parmi tant d'autres, mais forcément quand on est libre de ne pas être d'accord, il y a des divisions). Les évangéliques sont connus pour mettre l'accent sur l'expression de leur foi en publique, et leur tendance à parler de Dieu autour d'eux. Ils sont aussi en général plutôt conservateurs (bibliquement, pas politiquement).

Mais attention, de plus en plus de personnes se disent « évangéliques » sans correspondre à ce que je vais énoncer ici. Dans le passé de nombreuses personnes se sont dites chrétiennes sans même croire en Dieu ou avoir compris le message de Jésus, les menant parfois à des extrémités désastreuses comme les Croisades et l'Inquisition. Malheureusement l'amalgame est toujours d'actualité – alors réservez votre jugement sur les évangéliques jusqu'à ce que vous en ayez réellement rencontré un.

Pour définir les choses historiquement mais simplement, je vais reprendre quelques points de la doctrine protestante : Sola Fe, Sola Gracia, Sola Scriptura, et Solo Cristo.

Sola Fe – la Foi et rien d'autre.

Si Dieu existe tel que la Bible le décrit, c'est lui qui a créé le monde. C'est donc Dieu qui donne son sens au monde et à la vie, et il est important de connaître Dieu pour connaître ce sens. La raison ne suffit pas. L'expérience ne suffit pas. Cela se fait par la foi.

Sola Gracia – la Grâce et rien d'autre.

La religion impose de faire des actes et efforts particuliers afin de gagner les bonnes grâces de Dieu, dans un processus pour se rapprocher de lui et être quelqu'un de bien. Mais les évangéliques ne sont pas religieux. Ils croient que Dieu a déjà fait tout ce qui était possible et nécessaire pour rapprocher les hommes de Dieu. On ne peut pas mériter l'amour de Dieu, ou son pardon, ce sont des dons gratuits – c'est la Grâce.

Sola Scriptura – Les Écritures et rien d'autre.

Comment sait-on ce en quoi on croit ? En d'autres termes, quelles sont les autorités qui peuvent nous renseigner sur Dieu de manière fiable ? Certainement pas les institutions, ou la tradition. Nous croyons que seule la Bible, inspirée par Dieu, est un document fiable. C'est pour ça que pour les évangéliques, la lecture personnelle de la Bible est si importante : on ne peut pas se contenter de faire confiance à ce qu'un curé ou un pape va nous dire. Il faut s'informer, étudier et réfléchir par soi-même.

Solo Cristo – Jésus et personne d'autre.

Jésus est le seule chemin vers Dieu, le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Pas besoin de pape, de saints, ou de hiérarchie. Mais aussi, pas d'autre foi qui vaille : Jésus est Dieu, il est la vérité, et aucun autre « dieu » ou « saint » des religions n'est compatible avec ça. C'est ce que dit la Bible, et donc c'est ce que nous croyons.