Affichage des articles dont le libellé est Croyance etc.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Croyance etc.. Afficher tous les articles

12 avril 2013

Culture et religion

Je le disais dans mon dernière article, le culte fonde la culture. Je ne suis pas le premier à avancer cette idée : le philosophe et théologien allemand Paul Tillich disait que "La religion est l'essence de la culture, et la culture est la forme de la religion", et  le poète et dramaturge américain T.S. Eliot que la culture est "l'incarnation de la religion" d'un peuple, c'est sa religion vécue.

Ceci va à l'encontre de ce présupposé très répandu à notre époque qui est que les religions ne sont qu'une projection de l'esprit, une tentative de manipuler la réalité par la magie, où l'homme crée des dieux à son image. Ironiquement, c'est exactement ce que reprochent les prophètes de la Bible à ceux qui rendent un culte à des divinités païennes plutôt qu'au seul vrai Dieu. Autrement dit, ce que notre génération athée pense des religions, c'est ce que Dieu pense des fausses religions.

La religion ne peut pas être qu'un moyen d'expression culturelle comme un autre. Cela, parce que si l'homme est culturel par nature, et en partie le produit de sa culture, il contribue également à la créer, et en cela il la dépasse, or il ne peut pas dépasser sa foi de la même manière. La foi religieuse, celle qui relie l'homme à l'absolu, à l'éternel, au transcendant, constitue le fond; la culture et le culte manifeste en sont la forme. Et  l'influence de la culture sur la manifestation cultuelle ne revèle rien de leur hiérarchie (car corrélation n'est pas cause).

Sécularisation ? En Europe, depuis l'époque moderne, les fondements judéo-chrétiens s'estompent. En France particulièrement, cela passe par le biais de la laïcité - qui ne devrait être qu'une séparation entre l'Eglise et l'Etat, mais qui dans les faits vise à déconnecter la culture Française de la religion chrétienne. Et comme on ne peut déconnecter une culture de son culte sans la fonder sur un autre, à la place notre gouvernement choisit pour nous un fondement principalement matérialiste (mais qui peut basculer vers le panthéisme sans difficulté).

En effet, il n'y a pas de culture vraiment sécularisée, c'est-à-dire neutre du point de vue moral et religieux. L'être humain est moral et religieux, sa culture l'est donc nécessairement - même le Communisme et le Nazisme avaient leurs dieux et leurs diables, leur salut et leur péché, leurs prêtres et leurs liturgies, leur paradis et leur enfer.

On retrouve encore une fois cela dans la Bible, où la vraie religion est définie comme la relation spirituelle avec Dieu (positive ou négative). L'observance cultuelle n'est que manifestation externe de cette dernière. Ainsi la religion détermine la forme de la culture et celle du culte.

Regardons notre culture : quelle religion révèle-t-elle ? Une piste serait l'individuo-globalisme. A défaut d'un nom plus élégant, c'est en tous cas ainsi que le sociologue des religions Raphaël Liogier l'a baptisée, désignant la recherche d'un épanouissement personnel (culte du corps, de l'apparence physique et du bien-être) qui passe nécessairement par la prise de conscience d'enjeux planétaires : écologie, humanitaire, diversité inter-culturelle, Internet, développement durable...

L'individu côtoie la planète. Il n'y a plus d'intermédiaire - famille, culture, religion institutionnalisée, patrie, tout cela est arrondi à l'inférieur ou au supérieur. Va-t-on se retrouver comme Atlas à porter le poids du monde sur nos épaules ? Et tentera-t-on de s'en débarrasser de la même manière ? L'histoire nous enseigne que ça ne marchera pas... Qui viendra prendre notre place ?

29 mars 2013

L'oeuf ou la poule ?

La vie se résume à une question étrangement simple : Qu'est-ce qui était là en premier ? Et la réponse que l'on donne va orienter toute la perception que l'on aura de la réalité. Selon Hermann Bavinck, un philosophe et théologien hollandais du 20e siècle, il n'y a que trois réponses possibles.

1. L'OEUF - autrement dit, l'esprit. Selon cette vision des choses, au commencement tout n'était qu'esprit, et le monde est un produit de cet esprit. C'est ce qu'on appelle le panthéisme : tout est spirituel, et en ce sens, tout est divin. Mais il faut ensuite expliquer l'apparition de la matière (le monde tel qu'on le connaît), et pour ce faire, prolongeons la métaphore :
  • A la coque. Quand on fait un oeuf à la coque, on veut que le centre reste liquide et que la périphérie durcisse. De la même manière, on peut imaginer l'origine de l'univers ainsi : du centre spirituel aurait "émané" le monde, qui serait un durcissement, une matérialisation de l'esprit à la périphérie. C'est une vision "émanationniste" du panthéisme.
  • En omelette. L'omelette est probablement la transformation de l'oeuf qui s'éloigne de plus de son état de base. De la même manière, une seconde vision des choses, c'est celle d'un monde en devenir, un monde qui atteint progressivement l'état de divinité. Ainsi la matière n'est qu'un état transitoire de l'esprit qui se divinise. C'est une vison "évolutionniste" du panthéisme.
  • Le blanc et le jaune. Enfin, une troisième manière de voir les choses, c'est que l'esprit, au lieu d'être unifié, serait double : deux principes opposés qui seraient à l'origine du monde, et donc le monde lui aussi serait fondamentalement double : le ying et le yang, par exemple. C'est une vision dualiste du panthéisme.


2. LA POULE - autrement dit, la matière. Selon cette vision des choses, c'est la matière qui est à l'origine de tout. En fait, tout est matière ! Et donc, c'est un terme indéfinissable, (même si certains s'aventurent à dire que l'unité de base de la matière, c'est l'atome). C'est ce qu'on appelle le matérialisme - non pas l'amour du confort ou des choses matérielles, mais la vision du monde selon laquelle la matière précède et produit tout. Ainsi l'esprit (le spirituel, le "divin") n'est qu'une caractéristique de la matière, contenue dès le départ sous forme de potentiel, et qui finit par s'exprimer - tout comme la poule a la capacité de pondre un oeuf, la matière a la capacité de produire le spirituel.


Mais en fait, comme tu le sais certainement, la question de l'oeuf ou la poule est sans issue satisfaisante. Et c'est la même chose avec l'esprit et la matière. Le panthéisme veut expliquer la matière à partir de l'esprit, et le matérialisme veut expliquer l'esprit à partir de la matière. Autrement dit, ce ne sont pas des opposés mais les deux faces d'une même pièce. Chacun s'intéresse à la même transition, bien que dans deux directions différentes, et chacun est donc sujet aux mêmes objections. Car chacune de ces visions a mis de nombreux mots sur ces transitions, pour tenter de les expliquer - en vain.

En fait, ces deux systèmes n'ont cessé d'être formulés et reformulés, popularisés, puis abandonnés tout au long de l'histoire de l'humanité. S'ils offraient réellement une explication intellectuellement satisfaisante, ce ne serait pas le cas. Panthéisme et matérialisme ne sont pas le résultat d'une science exacte, mais de la philosophie, d'une vision du monde, d'un système de croyance. Ni l'un ni l'autre ne sont une "connaissance" au sens strict du terme - bien que le matérialisme aime à se faire passer pour une science exacte.

Et cela nous mène vers la troisième réponse...

3. AUCUN. La vision du monde proposée par la Bible, dite "théiste", c'est que Dieu a tout créé à partir de rien. Comment ? Mystère. Si ce raisonnement te semble un suicide intellectuel, alors prenons le principe de Sherlock Holmes : il faut éliminer toutes les impossibilités, et ce qui reste, aussi incroyable que cela paraisse, doit nécessairement être vrai.

D'un côté le panthéisme nous propose l'idée, nébuleuse, d'un principe spirituel unique qui contient tous les potentiels et choisit librement de s'incarner, se diviser et se différencier. Tout s'explique donc ainsi : l'esprit a produit la matière parce qu'il l'a voulu - et on ne vous dira rien de plus, car ce serait trop se rapprocher du concept de Dieu chrétien.

D'un autre côté, dans ses formulations plus abouties le matérialisme nous parle de principes matériels multiples (les atomes) qui se voient affubler sans raison des caractéristiques divines qui vont au-delà de l'observable (on prétend que les atomes sont éternels, immuables, indivisibles et indestructibles). Et en fait, on est même incapable de vous dire ce qu'on entend par "matière", ni comment cette chose inerte a pu "se mouvoir" pour produire quoi que ce soit, et encore moins la conscience - à moins de faire du mouvement et de la conscience des états fondamentaux de la matière... autrement dit, d'en faire un Dieu.

Bref, on nage dans le mystère le plus complet, mais au lieu de le reconnaître, on prétend le définir et le comprendre... Quel avantage par rapport à la version biblique ! Ne serait-il pas plus honnête de reconnaître humblement, comme le théisme chrétien le propose depuis plus de 4000 ans, qu'on est désarmé devant ce mystère originel ?

22 mars 2013

Religion et spiritualité

Sentimentalisme. L'angle sous lequel la plupart des athées voyaient la religion il y a une ou deux décennies, c'est celui du réconfort. Réconfort d'une vie meilleure après la mort, réconfort de quelqu'un qui nous aime et nous écoute quand la vie est difficile, réconfort à avoir les réponses aux questions que tout le monde se pose et au sens de la vie, réconfort bien utile pour traverser la vie... sans jamais vraiment faire face à la dure réalité. En bref, réconfort pour les faibles. Mais après tout, on ne sait pas, et puis si ça aide les gens à vivre, tant qu'ils ne viennent pas nous embêter avec ça, pourquoi pas ?

La religion n'est-elle qu'une béquille psychologique ? Il est certain qu'elle sert d'appui, mais ce n'est là qu'une de ses fonctions, ça ne dit rien sur sa nature. Il me semble par contre qu'une religion qui n'est mise en pratique que lorsque les choses vont mal, autrement dit une religion qui est exclusivement utilisée comme béquille, a de fortes chances d'être une béquille par nature.

Aujourd'hui on préfère parler de spiritualité, le mot religion ne désigne plus qu'un grand mouvement spirituel plus ou moins traditionnel et/ou institutionalisé, mais au niveau individuel, nombreux sont ceux qui décrient la religion - à part peut-être les musulmans. Et on considère que la spiritualité est un domaine de la vie comme un autre. Chacun la sienne, cela ajoute à la diversité et la richesse des rencontres métropolitaines et saupoudre notre vie d'une dose de mysticisme qui réenchante notre quotidien. Mais comme pour le sel, point trop n'en faut.

Idôlatrie ? Du point de vue biblique, les "spiritualités" seraient qualifiées d'idôlatries. Le mot dérange, il fait vieux-jeu (comme "religion"), mais il faut voir ce que l'on entend par là. L'idôlatrie, c'est quand on fait dépendre son bonheur, son espoir ou son identité d'un élément créé plutôt que du Créateur, c'est quand on place sa confiance au mauvais endroit. D'ailleurs, en Hébreu, le mot "péché" est apparenté au verbe "rater", et on peut supposer que l'idée qui est à l'origine de ce concept, c'est le fait de rater sa cible. La religion, au contraire, c'est ce qui nous relie au Créateur et aux autres hommes.

L'idolâtrie, en termes contemporains, c'est comme si on découvrait pour la première fois l'aspirine et qu'on la trouve tellement merveilleuse et puissante qu'on se mette à lui dédier une statue à laquelle on parle et voue un culte, ou alors qu'on voue un culte à la chimie et à la médecine, au lieu d'être reconnaissant envers Felix Hoffman et de l'estimer pour son génie. Ou encore, c'est comme si on remerciait et estimait la table d'opération plutôt que l'équipe médicale qui nous a sauvé la vie, la bétonneuse plutôt que les ouvriers qui ont construit notre maison, le diplôme plutôt que le corps enseignant qui nous a permis de l'obtenir, etc.

C'est pour cette raison que la Genèse parle du fait que Dieu a créé la terre, le soleil, la lune, les étoiles, les animaux, et les humains : pour clairement indiquer au monde entier que ce sont des éléments créés, dépendants, et non l'être personnel à l'origine de l'univers, le seul Dieu, le Créateur.

Tu es spirituel ? Alors quand tu pratiques ta spiritualité, poses-toi la question : est-ce que j'atteins la bonne cible ? Ou bien est-ce que ma spiritualité est une idolâtrie ? Et surtout, ne dénigre pas la religion.

"La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde."

- Epître de Jacques, chapitre 1, verset 27.

1 février 2013

Toutes les religions ont-elles le même but ?

Il y a quelques temps, j'ai gravi une montagne avec deux amis, et nous avons passé la nuit dans un refuge à son sommet. Nous n'étions pas seuls, et au moment du repas j'ai eu brièvement l'occasion de discuter avec de parfaits inconnus. Apprenant que j'étais étudiant en théologie, ils m'ont demandé quelle(s) religion(s) j'étudiais, et je leur répondis que j'étudiais principalement la Bible, mais que l'un de nos cours portait sur les philosophies, idéologies et religions du monde. C'est alors que vint la question fatidique (formulée plus comme une affirmation, d'ailleurs) :

"Toutes les religions ont le même but, non ?"

Et bien sûr, impatient que j'étais de partager ma réflexion profonde à ce sujet, je n'ai pas réussi à donner une réponse simple, et la discussion s'est arrêtée là. Bien sûr, étant donné le cadre (il était tard, le refuge était surpeuplé et bruyant) et la forme de la question, la discussion n'était pas vraiment ouverte, et j'aurais mieux fait de poser des questions pour les amener à préciser leur question et le contexte à partir duquel ils posaient la question, afin de leur répondre de manière plus pertinente.

Trop tard. Mais ça m'a fait réfléchir, parce que le mot "but" a plusieurs sens, et manifestement ma réponse n'a pas vraiment aidé... Peut-être que la vraie question était : à quoi sont censées aboutir les différentes religions ? 

Parfois on n'a que 30 secondes pour donner une réponse, et dans ces cas-là, c'est bien de savoir exactement de quoi on parle. Comme me le répète souvent mon père en citant Boileau : "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément". Alors, sans chercher à offenser personne, voici ce que je comprends du but de plusieurs religions assez connues :

Islam : Aller au Paradis.

Hindouïsme : Sortir du cycle des réincarnations.

Bouddhisme : Disparaître dans le grand tout.

Mormonisme : Devenir un dieu.

Christianisme : Être ramené à une relation de paix éternelle avec Dieu et les hommes.

11 janvier 2013

Qu'est-ce qu'une religion ?

Cas d'étude. En 1979, aux USA, la Cour d'Appel a dû trancher au sujet d'un cours de Yoga dans une école publique. Le manuel de cours enseignait que "l'intelligence créative pure" était au centre de la vie humaine et que par la méditation transcendantale, les étudiants pouvaient atteindre leur plein potentiel. Les enseignants affirmaient qu'ils apprenaient simplement à leurs étudiants une forme de méditation utile, qui pouvait les détendre et être bénéfique pour leur santé physique et mentale, comme n'importe quel cours d'éducation physique.

Verdict ? Le juge de la Cour d'Appel, Arlin Adams, a mené une réflexion sur les éléments constitutifs d'une religion. Il s'est donc intéressé à l'Histoire et aux cas de jurisprudence qui proposaient une définition ou interprétation de ce terme présent dans la Constitution. Il est finalement arrivé à trois facteurs de base à considérer pour identifier une religion. Selon lui, aucun des trois n'est suffisant en soi, ni indispensable, mais ils permettent de se poser les bonnes questions. C'est ainsi qu'il a pu décider que le Yoga tel qu'enseigné dans cette école constituait un exercice religieux, tandis que sur la même base, en 2002 une cour de justice en Californie a jugé que le Végétalisme Éthique n'était pas une religion.

Trois facteurs. Alors comment propose Adams d'identifier une religion ? D'abord, une religion répond à des questions fondamentales et ultimes - par exemple, le sens de la vie et de la mort, le rôle de l'homme dans l'Univers, et la morale du bien et du mal. Ensuite, une religion est englobante par nature, elle ne se limite pas à une question ou un sujet - c'est une sorte de théorie exhaustive. Enfin, les religions ont tendance à avoir des signes extérieurs formels, comme des dirigeants, ou des rituels.

Puzzle incomplet... On s'accordera pourtant, je pense, sur le fait que la Théorie de l’Évolution n'est pas une religion au sens traditionnel, et pourtant elle démontre les facteurs ci-dessus :

- D'abord, elle apporte une réponse aux questions fondamentales. Le hasard est un principe directeur : il n'y a pas de sens à la vie ou à la mort, pas de rôle de l'homme, pas de bien ni de mal, juste une utilité ou un obstacle à la transmission des gènes. On remplace le sens par l'utilité, et le sens devient l'utilité : la mort joue un rôle primordial dans le mécanisme de sélection, elle est donc nécessaire et bonne dans la mesure où elle contribue au progrès évolutionnaire.
 
- Ensuite, c'est par nature une théorie englobante. Elle repose à la fois sur des principes biologiques et démographiques, ce qui justifie son extension aux sciences sociales, si bien que les principes évolutionnistes ont été étendus à la linguistique, à la politique, à la pédagogie, à la psychologie, à la médecine, aux idées, à l'histoire, etc.
 
- Enfin, de nombreux signes formels l'ont accompagné, principalement des leaders qui ont élaboré, défendu et appliqué ces principes, depuis la Grèce Antique jusqu'à sa formulation et reformulation scientifiques dans les 3 derniers siècles (et oui, Darwin, bien qu'il joua un rôle décisif par ses apports d'observations empiriques, ne fut ni le seul ni le principal à proposer cette théorie).

Voir plus loin. Mais si la Théorie de l’Évolution est, par nature, religieuse, elle ne constitue pas pour autant une religion, ou tout du moins pas une religion comme le Christianisme ou l'Islam. Alors qu'est-ce qui fait une religion ? Un facteur supplémentaire à considérer, subjectif cette fois, est proposé par Paul Tillich, théologien protestant : il s'agit de la place que cela occupe dans la vie des gens. Si quelque chose est tellement primordial dans notre vie que cela mériterait de lui sacrifier tout le reste, c'est de cela qu'on fait dépendre toute sa satisfaction, alors c'est un objet d'adoration, alors, c'est notre Dieu. Et ce n'est pas forcément un mal, mais cela doit nous inviter à prendre du recul avant de critiquer les autres : il peut y avoir des athées plus religieux que des chrétiens ou des musulmans.

Alors, es-tu religieux ?

4 janvier 2013

La vérité sur l'Islam

Plutôt que de commencer par les précautions d'usage quand on aborde ce sujet polémique, d'une part je vais supposer que j'ai à faire à un lectorat capable de lire ce que j'écris plutôt que ce qu'on s'attend à lire, et d'autre part je compte rédiger un article qui ne nécessitera pas de formule de politesse en introduction - simplement parce qu'il sera tout ce qu'on peut attendre d'un tel article, sans qu'il soit besoin de le préciser.

Une vision de l'Islam pas très catholique. Commençons par le public, majoritairement protestant évangélique, ou influencé par un discours protestant évangélique, qui lit mes articles. Vous avez probablement une vision protestante évangélique de l'Islam. Et par là, je ne veux pas dire que vous considérez que l'Islam est l'ennemi public n°1 (une idée malheureusement répandue), mais que vous pensez probablement que l'Islam est fondé sur le Coran de la même manière que le Christianisme est fondé sur la Bible. Il faut, pour avoir une idée fidèle de l'Islam, adopter une vision plus catholique romaine de la religion, et redonner leurs places aux textes qui existent en parallèle des Écritures, et à la tradition.

L’Islam est-il fondé sur le Coran ? Une telle considération ne donnerait qu'une vision très limitée de l'Islam. Si, dans l'Islam, la réception du Coran est l'événement le plus important, en fait, il y a trois œuvres fondatrices pour la doctrine et la pratique de l'Islam : les Haddiths, la Sira, et le Coran. Les Haddiths sont des anecdotes diverses de la vie de Muhammad rapportées par plusieurs auteurs postérieurs (il y a beaucoup de Haddiths, mais tous ne sont pas authentiques, je ne considère dans cet article que ceux qui sont jugés historiquement fiables par la tradition orthodoxe). La Sira est une biographie de la vie de Muhammad. Le Coran est, selon l'Islam, la parole révélée d'Allah.

Ces trois œuvres représentent respectivement 60%, 26% et 14% du total des textes. Bien sûr, il ne suffit pas de mesurer la quantité de mots de chacune de ces œuvres, mais leur importance également. En l'occurrence, une telle étude confirme la prévalence manifeste des autres textes par rapport au texte coranique. On trouve en fait dans ces deux autres textes de nombreux éléments essentiels de l'Islam qui pourtant n'apparaissent pas dans le Coran.

Par exemple, les 5 piliers de l'Islam (la confession de foi, la prière, l'aumône, le ramadan et le pèlerinage) n'apparaissent pas dans le Coran, mais dans les Haddiths (le n°3 et celui de Omar Ibn Al Khattab), et ressemblent beaucoup dans leur forme à des pratiques judéo-chrétiennes de l'époque. Mais ce n'est pas tout. La Sunna, équivalent de la tradition dans l'Islam, est fondée sur la Sira. Et la Charia, la loi islamique, est fondée sur les Haddiths.

Voilà la vérité sur l'Islam. Et c'est en partie pour cela qu'il y a un tel décalage entre la réalité et les représentations médiatiques de l'Islam, faites à partir du Coran, et ignorant la Sira et les Haddiths.

N.B. (merci prof!): Je n'aborde ici que la confession islamique la plus répandue, c'est-à-dire le Sunnisme. L'Islam chiite et soufi accordent beaucoup plus d'importance au Coran qu'aux autres écrits (ou même les rejettent), et c'est d'ailleurs ce qui explique certaines différences entre ces confessions. L'Islam n'est pas moins divers que le Christianisme, le Bouddhisme, ou l'Hindouïsme, mais les caractéristiques générales du courant le plus répandu sont un bon point de départ.

14 décembre 2012

Un monde sans religion

Chassez le spirituel, il revient au galop. La Révolution Française a jeté à bas l'institution religieuse chrétienne, pour la remplacer immédiatement par le culte de la déesse Raison. Hegel, qui avait admiré en son temps cette Révolution, affirmait que le point culminant du progrès intrinsèque de l'Histoire serait le Weltgeist (“l'Esprit du monde”) – ou l'Esprit Absolu : Il prêtait à l'Histoire une volonté, un but conscient de liberté vers lequel elle tendait inexorablement.

Feuerbach quant à lui partit dans la direction opposée avec l'idée que l'Histoire est le développement de la matière, et non de l'esprit (ou de l'idée). Selon lui, la religion est simplement “le rêve de l'esprit humain”.

Karl Marx, influencé par Feuerbach, prôna un socialisme radical qui bannissait l'idée de Dieu. La religion n'était pour lui que “l'opium des masses”. De telles illusions devaient être éradiquées en faveur d'un monde rationnel où les hommes résolvent leurs problèmes sans intervention “extérieure”.

Une telle hostilité à la foi religieuse a pris forme physique en Russie après la Révolution de 1917. Le pays sera le cobaye du socialisme scientifique. Un ultime culte religieux fut célébré dans les murs du Kremlin en octobre 1917, et officiellement il n'y en aura plus jusqu'en 1990. A cette date, Mikhail Gorbatchev, alors chef d’État, déclarait que la Russie était en grave déclin spirituel.

En parallèle à un revirement politique récent vers le socialisme, on assiste aujourd'hui en France à un retour similaire au spirituel – si Dieu est mort, il est ressuscité. On peut, par la loi, imposer un cadre athée aux nations, mais on ne peut pas le vivre : les hommes ont toujours cherché Dieu aussi ardemment qu'ils l'ont fui.

30 novembre 2012

L'impossible contraire

Selon Cornelius Van Til, il y a un moyen simple d'évaluer une vision du monde (c'est-à-dire un système de présupposés), et c'est d'en examiner deux choses :

- La cohérence entre des éléments qui la constituent,
- La correspondance de ces éléments à la réalité.

Pour la cohérence interne, on regarde s'il n'y a pas de contradiction inhérente au système, de faux raisonnement, etc. Par exemple, si la vision du monde d'une personne l'amène à rejeter l'idée de libre-arbitre (c'est-à-dire que tous nos choix seraient déterminés par des facteurs extérieurs) mais qu'au niveau politique cette même personne milite pour qu'on reconnaisse à chacun le droit de faire ses propres choix, c'est incohérent, et la vision du monde de cette personne est à revoir.

Pour la correspondance à la réalité, on regarde si la vision du monde permet de comprendre l'expérience humaine, de manière logique, scientifique, et au niveau éthique. Par exemple, une vision du monde qui présuppose l'absence d'ordre et de stabilité du monde empêche de donner un quelconque sens à la vie, ou le développement d'une quelconque science.

Le christianisme affirme que toutes les visions du monde qui ne sont pas bibliques sont fondamentalement incohérentes ou qu'elles ne correspondent pas à la réalité. Seule la vision chrétienne comporterait les présupposés pour expliquer l'intelligibilité du monde, les postulats nécessaire au raisonnement humain, à son expérience, à sa dignité. Si c'est le cas, on peut s'assurer de la vérité de la vision du monde chrétienne en réfutant toutes les autres visions du monde.

D'autres théologiens ont vulgarisé et actualisé l'approche de Van Til, notamment  Francis Schaeffer et Greg Bahnsen. N'hésitez pas à explorer leurs écrits !

23 novembre 2012

Comment savoir si Dieu existe ?

On peut savoir s'il y a du lait dans le frigo en allant simplement regarder. On peut savoir si fumer accroît les risques de cancer en faisant des tests. Si on est en désaccord sur ces points, on peut se mettre d'accord assez facilement en vérifiant les faits, mais ce n'est possible que parce qu'au fond, on s'accorde sur des choses plus élémentaires : la fiabilité de nos sens, l'uniformité des phénomènes naturels, la fiabilité des données recueillies, l'honnêteté des chercheurs, etc. C'est ce qu'on appelle des présupposés.

Savoir si Dieu existe est problématique non pas parce qu'il y a un désaccords sur les faits, mais sur les présupposés. On gagne donc à aller plus au fond du débat, pour éviter de batailler en surface et en vain. Seulement, à ce niveau, les faits observables ne constituent plus des éléments décisifs. En effet, les mêmes présupposés qui déterminent ce qu'une personne va accepter ou non comme faits déterminent également comment ces faits seront interprétés.

Par exemple, le naturalisme et le surnaturalisme portent deux regards différents sur le monde et la connaissance que l'homme en a :
  • Le naturalisme affirme qu'il n'y a rien au-delà de la Nature, et donc rien en dehors de la Nature qui puisse expliquer l'ensemble de l'expérience humaine.
     
  • Le surnaturalisme affirme qu'il y a quelque chose au-delà de la Nature, qui peut expliquer l'ensemble de l'expérience humaine. Par exemple, Dieu, qui a créé la Nature et intervient en son sein à chaque instant, pour la maintenir ou la modifier et ainsi y opérer des miracles.
Il ne suffit dès lors plus d'avoir de bonnes preuves qu'un phénomène miraculeux est arrivé pour convaincre un naturaliste, puisque ce dernier supposera que cet événement n'est pas réellement arrivé, ou qu'il est simplement inexpliqué et non inexplicable. De la même manière, aucun fait, aucune preuve tangible ne pourra jamais convaincre un Hindou qu'il se trompe en croyant que toute l'expérience humaine est une illusion.

L'ensemble de nos présupposés constituent une certaine vision du monde – des convictions fondamentales sur le bien, le mal, le sens de la vie. Nous ne tirons pas entièrement ces présupposés de notre expérience humaine, et ils ne peuvent pas être vérifiés ou réfutés par la science naturelle.

La plupart des gens ignorent qu'ils ont des présupposés, et une vision du monde conditionnée par ces présupposés. Ils n'y réfléchissent donc pas de manière explicite, ce qui peut rendre tout débat difficile, voire inutile, du moins avant d'avoir éclairci ces questions. Nous verrons la semaine prochaine comment nous y prendre.

16 novembre 2012

La différence entre toi et moi

Tu diras probablement que je suis un “croyant” et que tu es un “non-croyant”. Et de nombreux chrétiens seraient d'accord avec ces labels - après tout, ils sont bibliques. On peut dire que ce qui sépare les chrétiens et les athées, c'est la foi.

C'est une question de croyance...
Les Chrétiens croient certaines choses que les athées ne croient pas. Les premiers croient que les affirmations de Jésus-Christ et que les enseignements de la Bible sont vrais, les seconds ne le croient pas. Les premiers ont foi en Jésus et ont confiance en ses promesses, pas les seconds. Devenir chrétien implique de croire.

...mais pas seulement.
La différence ne s'arrête pas à la croyance, et c'est important à comprendre si on veut en parler en évitant les idées reçues. La croyance en la fiabilité de la Bible et la foi en Jésus sont des éléments qui ressortent le plus dans notre religion, mais le chrétien affirme plus que simplement une croyance en la vérité des affirmations de Jésus.

Le chrétien affirme qu'il “sait” que ces affirmations sont vraies. Au-delà de l'espoir ou de l'engagement de notre volonté, qui font partie de la foi, il y a le savoir.

Qu'est-ce que ça veut dire ?
Comment le savoir dépasse-t-il la croyance ? Le savoir implique d'avoir une justification, ou des bonnes raisons pour soutenir ce que l'on croit. Si on me demande quelle taille fait ma ville, que je réponde au hasard, et que je tombe juste, pourrait-on dire que je savais ? Non, parce que je n'avais aucune justification pour ma réponse. 

Quand on affirme savoir que quelque chose est vrai, on affirme avoir des indices sérieux, des faits, ou de bonnes raisons pour appuyer notre avis.

La vraie différence
Je crois quelque chose que tu ne crois pas, mais ça ne suffit pas de dire ça, car on peut avoir des croyances sans fondement, hasardeuses, ou futiles. J'affirme qu'il y a de bonnes raisons de croire ce que je crois, et tu affirmes qu'il n'y a pas de bonnes raisons de croire ce que je crois, voire qu'il y a de bonnes raisons de ne pas croire ce que je crois.
Les discussions sur la foi chrétienne devraient être une étude de cette question, ainsi qu'un débat à ce sujet, et ça implique de donner des arguments, de justifier des points de vue, de réfuter des positions erronées et de répondre aux objections. C'est ce que j'essaye de faire dans la vie, et sur ce blog, ayant constaté que l'écrit permet de considérer les idées souvent plus calmement, et de les diffuser plus largement.

9 novembre 2012

Fait, indice et preuve

On entend souvent parler de “preuve”, notamment pour l'existence de Dieu. Mais qu'est-ce qu'une preuve ? Une preuve permet de savoir, d'être sûr à 100%, qu'une affirmation est vraie... Mais existe-t-il jamais une telle preuve ?

Dans une enquête policière, on constate une situation, qu'on cherche à expliquer. Pour cela, on cherche et on trouve des faits, des traces laissées par les événements (marques, empreintes, etc.). En analysant ces faits, on cherche ce qu'ils indiquent, et cela donne des indices – c'est le premier niveau d'interprétation.

Ensuite on essaye de trouver une explication qui intègre ces indices de manière cohérente, et on détermine les indices indispensables pour soutenir cette explication. C'est le deuxième niveau d'interprétation.

On présente ces derniers comme pièces à conviction, et elles ne deviennent des preuves qu'une fois que le jugement est rendu, autrement dit une fois que l'ensemble des faits analysés, sélectionnés et organisés de manière cohérente sont reconnus suffisants pour valider l'explication minimale des faits.

Alors existe-t-il des preuves de l'existence de Dieu ? D'après cette définition des choses, non. Il existe des faits, sur lesquels tout le monde s'accorde, il y a quelques débats sur ce qu'ils indiquent, et de nombreux débats sur ceux que l'on peut sélectionner et la manière de les organiser pour arriver à une explication.

Pourtant, la question est largement débattue, notamment dans le  monde anglo-saxon, où elle est formulée ainsi :Is there evidence for God's existence ?”. Le mot “evidence” recouvre aujourd'hui l'ensemble des notions de trace, indice, pièce à conviction, et preuve, notamment dans ce débat. Certains reprennent le terme anglais, et parlent d'évidence – à mon sens c'est une erreur doublée d'un barbarisme de langage, car comment s'attendre à être compris en parlant de l'évidence de l'existence de Dieu quand justement, ce n'est pas évident pour les autres ?

Je préfère personnellement parler de traces, pour trois raisons :
  • D'abord parce qu'il y a une notion de recherche et d'interrogation, on suit des traces, alors que les “preuves” nous forcent la main (ce qui est problématique dès lors qu'elles sont illégitimes, et elles le sont souvent a priori);

  • Ensuite parce que les traces évoquent une réalité entre les faits et les indices : elles présupposent que les faits indiquent quelque chose, mais se situent encore au moment de l'interprétation, pas après. Ainsi on invite ceux qui nous écoutent à réfléchir avec nous, et à participer à cette recherche.

  • Enfin, parce qu'il ne s'agit pas seulement de l'existence de Dieu, mais de son action. Dieu n'est pas, du point de vue chrétien, juste une cause première, ou un Grand Horloger qui observe sans intervenir – il vit, agit, et intervient dans l'histoire du monde et de l'humanité ainsi que dans nos vies, et ça laisse des traces.
Il ne faut pas tomber dans une polémique où, faute de définir les termes, on s'embourbe et chacun campe sur ses positions. Il y a dans notre monde les traces d'un autre monde, d'une autre réalité. Nous sommes dans le sillage de Jésus – sa vie, son œuvre ont définitivement révolutionné le monde entier comme jamais rien ni personne auparavant, et rien ni personne depuis. La moindre des choses est de ne pas se précipiter dans le débat sans définir les termes ou une certaine méthodologie.

28 septembre 2012

La vérité sur les pédés

En mai 68, un philosophe allemand devient la figure emblématique du mouvement de libération sexuelle. Ce philosophe, Wilhelm Reich, prétend que tout le malheur du monde depuis l'aube de l'humanité provient d'une frustration sexuelle. N'est-il pas évident qu'un être sexuellement épanoui est nécessairement paisible et même bienveillant ? Toute violence et toute déviance chez l'humain provient donc d'une oppression sexuelle due à une moralité rétrograde. Il prône donc la libération sexuelle totale : que chacun vive sa sexualité sans tabou, librement, dès l'enfance.

Se développe alors en France une certaine bienveillance négligente envers la pédophilie, et qui durera une quinzaine d'années, sous le regard approbateur des médias. Mais au milieu des années 80, la déviance inhérente à la pédophilie transparaît de plus en plus clairement, on assiste à une radicalisation de la sexualité dans les œuvres pédophiles, vers plus de bestialité, voire un caractère carrément morbide. La critique réprouve, et dès les années 90 s'ensuit un retournement total de la situation : c'est la psychose anti-pédophile, une véritable chasse aux sorcières motivée par le traumatisme d'une série de scandales liés à la pédophilie (dont la tristement célèbre affaire Dutroux).

Comment est-on passé d'un extrême à l'autre en si peu de temps ? Et surtout, comment peut-on l'avoir oublié, pour ne se rappeler que d'un mai 68 libérateur ? Mais vous allez voir qu'on a oublié bien plus - ou plutôt, qu'on ne cherche pas à savoir, car on préfère de loin nos idées romantiques du passé à la réalité.

_____

Le pédé est l'adepte de la pédérastie, pratique de la Rome Antique qui s'apparenterait aujourd'hui à de la pédophilie éducative (comparable à celle des thèses de Reich). Pourtant on appelle "pédé" les homosexuels, et on attribue à l'Empire Romain une morale sexuelle libérée, tolérante envers l'homosexualité, deux aspects que le christianisme se serait employé à réprimer jusqu'à nos jours... Ne confondons pas tout.

Au début de notre ère, la sexualité dans le monde hellénistique était paralysée par les interdits (il fallait faire l'amour dans le noir, jamais nu, et avec peu de caresses), et pourtant largement tolérante envers les hommes au sujet de l'infidélité conjugale car les épouses étaient un bien : elles servaient à tenir la maison, faire des enfants, et arrondir son patrimoine. D'ailleurs les époux avaient des droits sur leurs épouses, mais ce n'était pas réciproque.

Cette vision de la sexualité dans son ensemble, pédérastie comprise, est fondée sur une volonté misogyne de virilité totale – la sexualité de l'homme adulte est active, non passive. Dans les faits, les cas d'homosexualité étaient tout de même nombreux, ce qui dénote une évidente tolérance (et non pas une acceptation) à cet égard. Mais, d'abord, cela ne concerne que les hommes et non les femmes : la condamnation morale était lourde pour l'homosexualité chez ces dames, ou pour toute pratique sexuelle qui abaisserait l'homme par rapport à la femme (le cunnilungus par exemple). 

Ensuite, cela ne concerne pas les hommes adultes : les éphèbes grecs et les mignons romains étaient presque toujours pré-pubères. L'homosexualité adulte entre deux hommes, telle qu'on l'appelle aujourd'hui, était tout autant réprouvée. Enfin, Platon lui-même écrit que la copulation entre mâles ou entre femelles est contre-nature, et il s'inquiète sérieusement de la pédérastie...

Alors, la vérité sur les pédés, c'est que souvent, on ne sait pas de quoi on parle, et qu'on ferait mieux de se renseigner. A bon entendeur...

3 août 2012

Le scientifique : un croyant comme un autre ?

Le discours scientifique se veut objectif et neutre, et se positionne ainsi au-dessus de tous les autres discours, prétendant servir de référence pour les évaluer - et notamment pour qualifier le discours théologique d'irrationnel. Cependant, tout discours procède d'engagements et de croyances qui sont religieux par nature. Aucun discours "scientifique" (science naturelle ou science sociale) ne peut simplement exposer les faits réels auxquels la théologie doit se soumettre; en fait, tout discours est, d'une certaine manière, religieux.

Qu'on soit naturaliste, athée, bouddhiste ou chrétien, on voit le monde à travers une grille d'interprétation, et la structure cette grille d'interprétation est religieuse par nature, même si elle n'est pas liée à une institution religieuse particulière. La vision du monde de chaque personne ou groupe de personnes, de chaque discipline, est donc toujours religieuse, même celle de la science moderne.

Peut-on en douter ? Quand elle doit se légitimer auprès des masses, la science moderne ne peut faire autrement que d'en appeler non pas à la science elle-même (par des faits et des propositions), mais à un récit épique - car quoi de plus épique que l'Origine des Espèces, la Théorie du Big Bang, ou la Lutte des Classes ? Toute vision du monde s'établit à partir d'une épopée, que ce soit le récit biblique, marxiste, ou scientifique.

Ce retour au mythe fondateur est inévitable. Et alors même que les scientifiques dénigrent les "fables" religieuses, ils sont pourtant les premiers à tenter de médiatiser une épopée historique de l'univers et de l'humain. Les belles images des reconstitutions télévisées en témoignent, et c'est cela qui gagne l'assentiment les masses bien plus que la probité de la science moderne (que je ne remets pas en question), parce que c'est en s'inscrivant dans ces récits qu'on comprend notre expérience et le monde qui nous entoure - ils nous communiquent une identité, des valeurs, un sens.

Un scientifique n'est pas purement un savant; un scientifique, comme tout être humain, est un croyant.

20 juillet 2012

Pour une pensée logique, mais pas trop

Il y a trois éléments à considérer quand on réfléchit :

1. Notre manière de penser.
2. Sur quoi repose notre manière de penser.
3. Sur quoi repose notre point de départ.

Ces éléments font appel à trois principes : la logique, l'autorité, et la vérité.

Prenons l'exemple du raisonnement logique le plus connu, exprimé de la manière la plus brute :

Tous les hommes sont mortels.
Socrate est un homme.
Socrate est mortel.

Ce qu'on lit généralement, c'est :

Tous les hommes sont mortels,
Or Socrate est un homme, 
Donc Socrate est mortel.

Mais c'est aller trop vite. Car si tous les hommes ne sont pas mortels, alors on ne peut plus en déduire que Socrate est forcément mortel. Autrement dit, si la première proposition est fausse, ou la deuxième d'ailleurs, le raisonnement reste valide en théorie, mais il n'est plus bon. On devrait donc lire :

Si tous les hommes sont mortels
Et que Socrate est un homme,
Alors Socrate est mortel.

Est-ce que je ne suis pas en train de couper les cheveux en quatre ? Et où est-ce que je veux en venir avec tout ça ? Tout simplement à ce que j'ai dit au début : au-delà du principe de logique (la manière  de penser, la forme du raisonnement), il faut s'intéresser aux principes d'autorité et de vérité pour prétendre suivre un bon raisonnement.

La vérité : c'est ce qui fonde tout bon raisonnement. Il ne suffit pas de vouloir penser de manière logique, parce que la logique ne se justifie pas elle-même. La logique est un moyen parmi d'autres pour arriver à la connaissance, et pour la communiquer. Mais elle n'est que ça, un moyen, un outil, une machine sans âme ni humeur, qui ne produit ce qu'on attend d'elle que si on y injecte ce dont elle a besoin. Et elle a besoin de vérité pour donner de la vérité. Mais où trouver ce carburant nécessaire à la machine logique ?

L'autorité : c'est la source de vérité. Ce qu'elle dit fait autorité - ce n'est pas le fait que nous croyons que c'est une source de vérité qui fait autorité, mais nous croyons tous que ce que nous reconnaissons comme source de vérité fait autorité (la nuance est importante). Que l'on soit d'accord avec ou non (et il ne s'agit pas de goûts personnels ou de préférences), nous sommes contraints de nous y soumettre. Que chacun évalue la sienne, mais que l'on ne s'y trompe pas : la logique, la raison, la science, etc., sont des outils, et non des sources ! Ils ne peuvent pas faire autorité, ils ne font que confirmer ou infirmer l'autorité d'une supposée vérité.

Ainsi la question à se poser quand on prétend raisonner de manière logique, ce n'est pas seulement de savoir si son raisonnement est valide, mais s'il est vrai, et d'où vient cette vérité.

6 juillet 2012

Le Boson de Higgs : avant d'en parler...

Les ignorants parlent aux ignorants.

Il n'y a qu'une demi-poignée de gens parmi tous ceux que je connais qui seraient probablement à même de m'expliquer, même simplement, ce qu'est le Boson de Higgs, et quelles sont les implications de la découverte récente du CERN. Autrement dit, c'est une nouvelle peu accessible, et encore assez obscure.

Et pourtant, les journalistes nous en rebattent les oreilles, et les publics de tous poils s'empressent de donner leur avis sur cette découverte qu'ils ne comprennent réellement ni les uns ni les autres. Et voici l'homme moderne moyen qui nous dit qu'on maîtrise enfin la théorie du Big Bang, donc plus besoin des religions; et voilà le post-moderne moyen qui lui rétorque que même si Dieu n'existe pas, c'est peut-être mieux de ne pas le savoir...

La légèreté dont on fait preuve dans nos discussions, tant les uns que les autres, révèle bien une angoisse profonde qui nous pousse à vouloir donner notre avis, exprimer nos espoirs, se justifier, défendre un point de vue, avoir raison.

Encore récemment je discutais avec deux amis, on se demandait s'il était bon de dire les vérités qui dérangent à ses amis, quitte à se brouiller avec eux. Et bien que nous soyons partis d'une discussion générale et relativement objective, nous avions tous en tête une situation précise de notre vie passée ou présente qui nous poussait à argumenter dans un sens ou dans l'autre. Et chacun cherchait à se justifier en prenant comme exemple cette situation qu'il avait à l'esprit.  L'exemple type d'un dialogue de sourd, même si ça n'en avait pas forcément l'air.

Je me suis rendu compte de ça vers la fin de la discussion. Je n'ai rien dit (j'aurais dû), mais intérieurement, je me suis décidé à agir : il y avait un ami avec qui il fallait que j'aborde un point délicat, quitte à me brouiller avec lui. Si j'avais passé presque une heure à argumenter devant mes amis que "dire la vérité qui dérange" à un ami n'était pas si simple, c'est en fait parce que j'avais peur de le faire.

Voilà pourquoi, il y a un mois à peu près, quelqu'un que je venais de rencontrer me déclarait qu'il ne voulait pas parler de religion, parce que ça ne servait à rien : son expérience lui avait "prouvé" que les gens ne font que se renforcer dans leurs convictions, à moins d'un traumatisme les oblige à changer complètement de système de pensée. Était-il convaincu, pour commencer, que les discussions ne mènent jamais nulle part, ou était-ce un mécanisme de défense face à un étudiant en théologie tel que moi ? Peu importe, au final.

J'étais à ce moment-là moins angoissé, et j'ai pu creuser sereinement la question avec lui, si bien qu'au bout de deux heures, nous nous sommes quittés d'accord sur le fait que la discussion est utile et même profitable, et qu'on peut changer d'avis plus ou moins perceptiblement, à condition d'avoir une discussion saine.

Tout ça pour dire que la communication la plus simple nécessite un apprentissage - bien sûr méthodique, mais avant tout personnel et identitaire. Tant que l'on agira par angoisse, on ne fera rien d'autre que de combattre ses propres démons, et on ne tombera d'accord qu'avec ceux qui sont prisonniers des mêmes luttes.

Des gens comme R. Dawkins et M. Onfray en sont de bons exemples : ils s'emploient à tenter de démontrer que Dieu n'existe (très probablement) pas par des arguments qui n'ont rien à voir avec l'existence de Dieu, tout simplement parce qu'ils cherchent à exorciser leur propre mauvaise expérience de la religion, et leur talent respectif entraine dans leur sillage tout un tas de disciples qui partagent leur angoisse.

C'est d'ailleurs assez ironique, car c'est justement en Dieu qu'on peut se libérer de cette angoisse...

1 juin 2012

Bouddha dans la Bible

On entend parfois dire que Jésus est reconnu comme un sage dans le Bouddhisme, mais sait-on que Bouddha était mentionné dans la Bible ?

Cependant, avant toute chose, une précision : en disant "Bouddha", je ne veux pas parler du fondateur du Bouddhisme, le prince Siddharta Gautama. Celui-là n'est clairement pas mentionné dans la Bible.

Le Bouddha, selon la doctrine bouddhiste, c'est celui qui est parvenu à l'état d'éveil, celui qui a tout compris de la condition humaine et de l'univers dans lequel nous vivons - c'est-à-dire que la souffrance résulte de nos propres fautes (notamment notre ignorance qui nous pousse à nous prendre pour des êtres individuels et personnels), et qu'elle s'articule selon le système du karma. Or il y a une personne qui prêche de message dans la Bible : Éliphaz.

Qui était Éliphaz ? C'était un ami du tristement célèbre Job, cet homme innocent sur qui tous les malheurs du monde s'abattent. Pourquoi ? Revenons au début de l'histoire. Job a foi en Dieu, il est heureux, il est riche et a une grande famille. Mais Satan accuse Job devant Dieu d'être un croyant "intéressé" : il serait un "bon" croyant uniquement parce qu'il est béni de Dieu. Alors Dieu montre à Satan que Job a foi en Dieu indépendamment de ses bénédictions : Job perd ses biens, sa famille, et sa santé, du jour au lendemain, et il continue d'avoir foi en Dieu malgré ses souffrances.

Ayant vu le sort atroce de son ami, Éliphaz vient pleurer avec lui, et cherche à le consoler. Mais Job est inconsolable. Il veut savoir : Pourquoi souffre-t-il ? Quel crime a-t-il commis ? Et là, Éliphaz entreprend de lui expliquer : il y a une chose qui s'appelle la rétribution, un système automatique et inévitable, qui rend le mal pour le mal et le bien pour le bien. Donc si Job souffre, c'est qu'il a dû le mériter, et rien ne peut soulager ses souffrances. Il n'a qu'à l'accepter.

Le fondateur du Bouddhisme, le prince Siddhartha Gautama, a tenu un discours similaire. Voici une anecdote qui le montre bien : son cousin Devadatta, par jalousie, cherche à le tuer, puis provoque un schisme parmi la première communauté bouddhiste, mais au final il regrette ses actes et cherche le pardon et la réconciliation avec Siddhartha. Ce dernier refuse : Devadatta a beau s'être repenti, il doit payer pour ses crimes. Siddhartha déclare ne rien pouvoir pour lui, et que même mille bouddha ne pourraient rien pour lui.

Pourtant dans la Bible, Dieu condamne le discours d'Éliphaz. Cet homme a cherché à expliquer, à justifier systématiquement la souffrance - alors qu'on ne peut pas le faire. Il a fait du principe de rétribution quelque chose d'absolu, d'implacable, d'impersonnel, alors que Dieu est personnel, relationnel, compatissant, et prêt à pardonner. Par comparaison, Jésus ira lui-même chercher Pierre, qui l'a abandonné et renié trois fois, et Paul, qui persécutait avec zèle les premiers chrétiens, pour leur pardonner et les établir comme disciples.

Là où mille bouddha auraient échoué, Jésus réussit. 

Contrairement à Bouddha, Jésus te cherche et t'invite, quel que soit ton parcours, il te pardonnera tes fautes si tu veux le suivre. Es-tu seulement prêt à le faire ?

4 mai 2012

J'ai la vérité, et toi ?

Pilate entre dans le prétoire et appelle Jésus.

Pilate - Es-tu le roi des Juifs ?
Jésus - Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?
Pilate - Moi, suis-je Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi : qu’as-tu fait ?
Jésus - Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici-bas.
Pilate - Tu es donc roi ?
Jésus - Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.
Pilate - Qu’est-ce que la vérité ?

Pilate sort du prétoire.

- Évangile de Jean, chapitre 18, verset 33-38.
___

Les choses semblent en être au même point depuis plus de deux mille ans. Combien de gens refusent d'entendre le message de Jésus en objectant que la vérité est un concept flou ou intangible, et qui reprochent leur arrogance aux chrétiens qui prétendent "avoir la vérité" ? Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Globalement, il y a deux manières de la concevoir :

- La première est dite réaliste : la vérité, c'est ce qui est conforme au réel.
- La seconde est existentialiste : la vérité c'est ce qui est conforme à notre expérience du réel.

La distinction se faisant ici : peut-on, ou non, connaître le réel, et dans quelle mesure ?.

Pour éviter de tomber dans un débat philosophique presque intemporel, je te propose d'adopter un autre angle d'approche. Au sens biblique, la vérité, c'est ce qui correspond à tous les sens modernes du mot "sûreté" : quelque chose de fiable, sur lequel on peut s'appuyer, et c'est aussi une certaine norme de la parole et de la pensée.

Ainsi, la question devient : qu'est-ce qui est sûr ? qu'est-ce qui est normatif ?

Jésus prétend ici que son royaume est sûr et normatif. Il dit être un roi digne de confiance, témoin d'une réalité normative - la vie telle qu'elle devrait être, ou "la vie, la vraie", comme je dis souvent - et il invite tous ceux qui recherchent cette vraie vie à devenir les citoyens de son royaume. On ne l'établira pas ici et maintenant - ce royaume idéal n'est pas de ce monde - mais on peut d'ors et déjà se comporter selon ses lois, parce qu'elles sont bonnes, et pour témoigner de cet autre monde à venir. Tout cela, en faisant des concessions bien sûr, parce que nous sommes imparfaits et ce monde aussi. C'est ça, "avoir la vérité", pour un chrétien.

Et toi, de quelle vérité témoigne ta vie ?

2 mars 2012

L'autorité morale

Chacun est libre de choisir ses croyances. D'accord. Mais ça ne veut pas dire que tout se vaut.

D'ailleurs, nos croyances définissent nos valeurs, qui à leur tour conditionnent notre morale. Bien sûr, la réflexion, l'expérience, l'exemple des autres, etc. vont contribuer à notre réflexion éthique, et ces choses peuvent nous amener à reconsidérer nos croyances, et nos choix. Mais cela ne garantit pas qu'au final notre morale vaille quoi que ce soit.

Par exemple, quelqu'un décide de croire qu'il y a un Dieu créateur, que l'homme a été créé avant la femme, et en conclue que l'homme est supérieur à la femme, qu'elle doit lui être soumise, et comme Dieu l'a créé plus musclé qu'elle, il se met à battre sa femme quand elle lui désobéit.

Quelqu'un d'autre décide de croire la même chose, mais, fondant ses croyances sur le texte biblique, il en déduit nécessairement l'égalité de l'homme et de la femme, et comme Dieu l'a créé plus musclé qu'elle, il se fait un devoir de traiter sa femme avec toute la douceur et l'amour dont il peut faire preuve, et de la protéger.

Est-ce que ces deux morales ont la même valeur ? 
Et si oui, alors qui peut condamner l'un et approuver l'autre ?

Enfin ! Dirait-on qu'un médecin a autant d'autorité pour parler de médecine qu'un plombier? Bien sûr que non ! Et dirait-on encore qu'un Nietzsche aurait autant d'autorité pour parler de morale qu'un Jésus ? Jamais de la vie !

Ne nous reste-t-il aucun sens commun ? Ce n'est pas parce qu'on a le droit de croire en ce qu'on veut que tout le monde a nécessairement autant d'autorité morale. Il ne s'agit pas de cette idée surfaite de "tolérance" molle et lobotomisée, mais d'affirmer clairement qu'il existe une différence entre le bien et le mal, et de se battre pour le bien - c'est-à-dire de se battre avec les armes du bien.

Jusqu'ici, a priori, on est tous d'accord. Seulement, le problème survient quand je dis que Dieu existe, qu'il est tel que révélé dans la Bible, et que c'est lui qui décide de la morale, parce qu'il est l'origine du bien. C'est lui qui a toute autorité morale. Et donc, ça remet probablement en question ta morale.

Mais es-tu prêt à rendre compte des croyances qui fondent ta morale ?

24 février 2012

L'éducation : la fin de la violence ?

Selon Hesna Cailliau, auteur de L'esprit des religions – Connaître les religions pour mieux comprendre les hommes” (2006), l'ignorance est à l'origine de la peur et du mépris, et c'est elle qui cause des conflits de civilisation, plus que les cultures ou l'histoire elles-mêmes.

Ainsi, en connaissant mieux les cultures et l'histoire, on peut établir un dialogue sur de bonnes bases et favoriser la paix. Or les religions sont intimement liées à ces deux domaines, et en plein essor, d'où l'urgence d'une “éducation spirituelle”.

La thèse de l'auteur est très largement acceptée par nos contemporains. D'ailleurs on voit bien que les mouvements autocratiques et sectaires interdisent l'éducation de la plus grande partie de la population, et veulent la contrôler entièrement. Mais les gens éduqués, eux, ne feraient jamais ça, ils vivraient dans la paix et l'harmonie...

Sérieusement ? Pourtant l'éducation est souvent  une propagande. Même dans notre beau pays, le pays des droits de l'homme, on nous enseigne jusqu'à l'université, jusqu'en master de développement humanitaire, qu'on a le droit de manipuler les honnêtes gens pour leur soutirer de l'argent, sous prétexte que nous, on est "les gentils". On nous vend des concepts de liberté qui ne font qu'encourager la consommation et l'addiction. Nous, les gens éduqués, manquons cruellement de sagesse, et utilisons notre éducation pour asservir les autres et assouvir nos désirs.

D'ailleurs, à défaut de nous rendre intéressés et pleins de compassion pour les gens d'autres horizons, on nous inonde d'un concept de tolérance - autrement dit on interdit le dialogue, puisqu'on ne peut plus affirmer que l'autre a tort - afin d'éviter tout conflit (et surtout de nous empêcher de réfléchir de manière critique).

Mais c'est ridicule. Quand il y a une situation injuste ou dangereuse, il faut faire quelque chose, même si cela implique de déclencher un conflit d'idées.  La tolérance, le respect, l'amour... interviennent dans la manière dont on va vivre et résoudre ce conflit, et rétablir la justice ou la paix. Cela concerne les personnes, non les idées.

Je crois que Jésus est Dieu, et donc forcément, je crois aussi que toute vision du monde qui n'affirme pas la même chose est dans l'erreur. Suis-je intolérant ? Oui, puisque je ne tolère pas l'injustice, ou le mensonge. Et toi, es-tu intolérant ?

20 janvier 2012

Croire en Dieu, c'est arrêter de penser.

Il suffit de demander au premier de vos proches qui se dit chrétien : la plupart du temps, pour eux, Dieu est un concept flou et irrationnel, un ami imaginaire à qui on peut parler quand on va mal.

Mais on ne peut pas juger d'une croyance en regardant simplement comment certains prétendent la mettre en pratique. Ce serait comme condamner l'athéisme à cause des dictatures Nazi et Communistes.

Alors voyons ce qu'en disent les premiers chrétiens, qui ont vécu avec Jésus :

[Soyez] toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.” - 1ère lettre de Pierre, chapitre 13, verset 15.

Examinez toutes choses; retenez ce qui est bon.” - 1ère lettre aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 21.

Mes chers amis, ne croyez pas aveuglément; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.” - 1ère lettre de Jean, chapitre 4, verset 1.

D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si la religion qui donne le plus lieu au débat rationnel, c'est le christianisme. Plusieurs choses y contribuent :

- D'abord la connaissance de Dieu se fonde sur un texte, la Bible, dont la méthode de transmission est la plus fiable parmi des écrits historiques anciens attestés comme La Guerre des Gaules.

- Ensuite le texte de référence du christianisme est un récit ancré dans l'Histoire, et qui offre donc des possibilités de vérification archéologique.

- Et puis c'est une collection de plus d'une soixantaine d'ouvrages écrits sur plus de mille cinq-cents ans par une quarantaine d'auteurs différents - on peut vérifier la cohérence et la continuité de l'ensemble dans son discours sur Dieu, et à propos de la condition humaine.

Prenons, par comparaison, le Coran : c'est d'abord un ensemble de phrases dispersées et rassemblées tardivement, et la fiabilité de la méthode repose plus sur la foi du croyant que sur une démarche scientifiquement valable. C'est aussi et surtout un discours philosophique et religieux (contrairement à la Bible qui est d'abord un récit de faits historiques), on ne peut donc quasiment pas en attester l'historicité. Puis, selon la tradition, il a été transmis par un seul homme - statistiquement, c'est beaucoup plus facile d'être cohérent.

Mais ce n'est pas particulier à l'Islam - les "textes sacrés" des grandes religions ne font pas le poids face à la Bible en matière de rationalité - ni dans la transmission, ni dans l'historicité, et encore mois dans la cohérence.

Alors, si croire en Dieu, c'est arrêter de penser - peut-être, mais normalement pas pour un chrétien. Plus que tout autre croyant, il est encouragé à réfléchir, et il a les moyens d'examiner rationnellement divers aspects des fondements de sa foi.