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8 mars 2013

Accepter Jésus, rejeter Christ.

Notes à partir de "The Christ Centred Church", de A.W.Tozer.

Si quelqu'un nous demande ce qu'il faut faire pour devenir chrétien, nous nous empressons de répondre : "Rien ! Il suffit d'accepter Jésus dans ton coeur, et de recevoir le St Esprit" - enthousiastes que nous sommes de voir un converti, mais aussi parce que nous sommes évangéliques : au diable le salut par les oeuvres !

...et nous nous étonnons de l'apathie généralisée qui sclérose nos assemblées. Nous disons aux gens qu'être chrétien ne demande aucun effort et nous sommes surpris qu'ils n'en fassent aucun.

Le salut par la grâce est une vérité éternelle et bonne, ce n'est pas ce que je remets en cause. La Réforme a proposé un bon équilibre entre la partie passive de la sanctification (la liberté face au péché) et sa partie active (la mise à mort du péché en nous). Seulement, dans un certain évangélicalisme contemporain, on a perdu cet équilibre. Ces mots, "accepter", "recevoir", ont fait leur temps. Ils sont nés dans une société écrasée par le poids d'exigences imposées par les hommes plutôt que motivées par l'amour de Christ. Et nous avons oublié de mettre notre vocabulaire à jour (c'est-à-dire de réformer notre théologie).

Peut-être que, pour l'aspect actif, des mots comme Purger, Illuminer, Renoncer, s'Immoler, et Étudier, seraient plus adaptés. Purger notre âme, notre vie, notre caractère, notre assemblée, du péché. Illuminer notre entourage et notre assemblée par l'Esprit. Renoncer à nos privilèges, notre sécurité, notre confort, notre autonomie. S'Immoler comme un agneau offert sur l'autel, faire de sa vie un sacrifice vivant qui honore Dieu. Et Étudier la Parole de Dieu, régulièrement, en profondeur, jusqu'à y trouver toute satisfaction.

Parce qu'au final, voilà ce que ça veut dire, d'être disciple de Christ. Alors peut-être qu'il est temps de changer notre discours, et encore plus important, peut-être qu'il est temps de faire soi-même face à ces mots et de se demander quel genre de chrétien on est.

25 janvier 2013

La vérité sur... ceux qui n'ont jamais entendu parler de Jésus

"Si le seul moyen d'être sauvé de l'Enfer c'est Jésus, qu'arrivera-t-il à l'Africain innocent qui n'a jamais entendu parler de lui ?" Si on répond "Il va en Enfer", la soi-disant Bonne nouvelle biblique sonne plutôt comme une mauvaise nouvelle...

Pourtant, aucun débat possible : cet Africain sera sauvé, et il ira au Paradis.

Seulement, cet Africain, il n'existe pas. Pourquoi ? Parce que personne n'est innocent. Cette affirmation peut te sembler révoltante, mais si tu veux juger du message chrétien, juges-en selon ses propres termes, et non pas selon les tiens.

En réalité, ce n'est pas comme si on naissait "neutre", et qu'on pouvait aller au Paradis en devenant chrétien ou en Enfer si on rejette Jésus. Parce que sinon, Dieu ne pourrait pas être injuste au point de condamner à l'Enfer des innocents qui n'ont jamais entendu parler de Jésus. Ainsi, les chrétiens auraient intérêt, pour que les gens aillent au Paradis, à ne pas leur parler de Jésus.

Jésus lui-même déclare que tous les hommes sont nés dans un état de rébellion contre Dieu, c'est cet état qu'on appelle péché, et c'est de là que provient tout le mal. C'est cet état qui fait qu'on déshonore Dieu en déshonorant les autres et soi-même, parce que nous sommes créés à l'image de Dieu. Tout comme le porte-parole d'une société déshonorera la société toute entière s'il dit n'importe quoi, tout comme un ambassadeur déshonorera son pays s'il agit n'importe comment, l'humain déshonore Dieu en n'étant pas parfait tout le temps.

Qu'on ait entendu parler de Jésus ou pas, on mérite de subir la colère et la condamnation d'un Dieu parfaitement bon, parfaitement juste, et parfaitement pur. Puisqu'il ne peut tolérer aucune impureté, il nous sépare définitivement de lui, qui est source de vie. Autrement dit, on mérite la mort.

Problème. Seulement, nous vivons. Pourquoi ? Parce que Dieu ne veut pas que nous mourrions, et il a un plan. D'ici-là, il nous donne du temps, et il nous permet de vivre malgré tout. Le péché est là, et le seul moyen de s'en débarrasser, c'est la mort. Mais puisqu'il veut nous sauver, Dieu s'incarne en Jésus, et nous montre à quoi ressemble un humain qui assume d'être l'image de Dieu, un humain qui est parfait tout le temps.

Lui, le seul innocent, va être condamné à mort. Comment Dieu peut-il permettre ça ? C'est là le truc : Jésus va prendre sur lui tout le péché de ceux qui lui font confiance pour se substituer à eux, donc mériter la mort, et subir la juste colère de Dieu. En d'autres termes, il paye pour nous. Ainsi, il meurt, et nous vivons. Mais comme il est Dieu, parfaitement innocent et tout-puissant, il arrive à vaincre la mort et il est ressuscité. Si nous choisissons de lui faire confiance et de le suivre, nous nous unissons à lui, et nous redevenons l'image de Dieu que nous étions censés être.

En attendant, si nous mettons notre foi en lui, il nous donne un avant-goût de la vie avec Dieu : le Saint Esprit, qui est Dieu lui aussi. C'est un Esprit qui va vivre en nous et nous libérer du péché : on sera enfin libre de faire ce qui plaît à Dieu, de l'honorer et trouver tout notre plaisir et notre contentement en lui, puisque c'est pour ça qu'on a été créés. Nous sommes déjà ressuscités spirituellement, et un jour nous serons ressuscités physiquement.

Voilà la bonne nouvelle. Et la vraie question, du coup, c'est plutôt "Comment est-ce qu'un Dieu si parfait et si bon peut seulement tolérer de nous laisser vivre si longtemps dans le péché, nous qui refusons de reconnaître qu'il existe, et qui recherchons notre propre honneur plutôt que le sien ?"

18 janvier 2013

Répondre aux Témoins de Jéhovah

Ding dong. Vous avez peut-être déjà trouvé à votre porte deux personnes qui vous ont semblé un peu étranges, avec un livre à la main, et qui voulaient vous parler de Dieu. Chrétien ou non, la tentation est forte de décliner leur offre plus ou moins poliment. Néanmoins, si vous êtes d'humeur folâtre, pourquoi ne pas les inviter à prendre un thé tout en discutant de leurs interprétations erronées de la Bible ?

Vous êtes... ? Avant toute choses, un petit rappel : comment différencier les Témoins de Jéhovah des Mormons ? C'est parfois difficile, ils se déplacent toujours en binôme, ils sont habillés de manière assez similaire, et les deux peuvent sonner à votre porte... 

Si vous hésitez, voici 3 signes distinctifs des Mormons :


1. Le livre de Mormon.
2. Le badge avec marqué "Elder + Nom de famille" (les Mormons n'ont pas de prénom, apparemment).
3. Le sac-à-dos.

Sinon, ce sont des Témoins de Jéhovah (TdJ). 

Poutrage en règle. L'idée que les TdJ ont de Jésus n'est tout simplement pas biblique, et en attirant leur attention sur ce fait, vous aurez un bon fondement pour remettre en question leurs croyances. Après tout, ils vous demandent de vous intéresser à la Bible, mais eux-mêmes l'ont-ils lue correctement, ou bien se sont-ils contentés de croire ce qu'on leur a dit ?

Round 1. Les TdJ affirment que Jésus est en fait l'Archange Michaël, première création de Dieu, au-dessus de toute autre créature. Mais demandons-leur d'ouvrir la Bible :

- Livre de Daniel, chapitre 10, verset 13 : Le chef du royaume de Perse m'a résisté vingt et un jours; mais voici, Michaël, l'un des principaux chefs, est venu à mon secours, et je suis demeuré là auprès des rois de Perse. Si Michaël est l'un des principaux chefs, il n'est pas le seul, ni le premier.
 
Round 2. Les chrétiens, contrairement aux TdJ, affirment que Jésus est Dieu. Trois passages du Nouveau Testament (au moins) ne permettent aucune autre interprétation :

- 1ère épître de Jean, chapitre 5, verset 20 : Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Un fils d'homme est homme, un fils de Dieu est Dieu lui-même, en conséquence ici Jésus est en plus appelé "le Dieu véritable".

- Évangile de Jean, chapitre 1, verset 1 : Au commencement était la Parole ; et la Parole était avec Dieu ; et la Parole était Dieu. Les TdJ vous rétorqueront qu'il n'y a, dans la langue originelle (le grec) pas d'article devant la deuxième occurrence du mot "Dieu", et que donc on ferait mieux de traduire "et la Parole était divine". Mais il n'y a en fait pas de distinction ferme ni de nuance entre "dieu" avec ou sans article, que ce soit dans la version grecque de l'Ancien Testament ou dans la littérature grecque de l'époque (comme le montre bien d'ailleurs le verset 18, où il n'y a pas d'article non plus alors qu'on parle clairement de Dieu le Père). Mais même en cas de doute, on peut se fier à la structure en parallèle, typique de la poésie juive de l'époque, et qui implique un sens parallèle également.
- Évangile de Jean, chapitre 20, verset 28 : Thomas dit à Jésus Mon Seigneur et mon Dieu”. Ici les TdJ vont de nouveau jouer les malins en vous parlant de grammaire grecque : en grec il n'y a pas d'article devant le mot "Dieu" et donc il s'agit d'un nom indéterminé, on ferait mieux de traduire "mon Seigneur et mon dieu", avec une minuscule, car Jésus ne serait reconnu qu'en tant que parole de Dieu, divine, créée par Dieu. Seulement la  règle de Sharp explique qu'il n'y a pas besoin de deux articles, les deux mots sont déterminés par le premier article, et donc la traduction est correcte. 

Ainsi, Thomas adore comme Dieu un être humain, Jésus, et ce dernier ne l'en empêche pas - alors que partout ailleurs dans la Bible, les hommes qui se font adorer comme des dieux sont condamnés et les serviteurs de Dieu les plus élevés que nous connaissions, les anges, refusent que les gens se prosternent devant eux...

Voilà de quoi faire réfléchir un peu les gens qui se seraient laissés endoctriner sans s'en rendre forcément compte - et pourvu que ce soit fait avec amour et respect, il y a des chances que ça les remette en question au point qu'ils reprennent leur liberté de penser. Allez, bonne chance et n'oubliez pas de faire une pause thé au logis !

28 décembre 2012

15 principes apologétiques selon G. Bahnsen

Greg Bahnsen (1948-1995)était un philosophe calviniste américain, et c'est probablement lui qui aura le plus vulgarisé les écrits de Cornelius Van Til, l'apologète réformé par excellence, en reprenant notamment son travail sur les présupposés, les faux raisonnements, et la démarche apologétique.

1. Défendre la foi chrétienne est une nécessité morale pour chaque croyant, nous devons être "toujours prêts" à rendre compte de notre espérance  (1Pi.3:15).

2. Pour éviter de faire fausse route, voilà ce que ça n'implique pas:

(a) d'être agressif,
(b) d'avoir comme objectif de persuader,
(c) de se fonder sur une autorité autre que la théologie.

3. Pour le chrétien, la raison devrait être un outil, et non l'autorité ultime de sa pensée. 

4. Notre affirmation devant le monde est que le croyant sait que la Bible est vraie - nous pouvons justifier notre acceptation de sa fiabilité par de bonnes raisons.

5. Le conflit entre croyant et non-croyant est ultimement un conflit de visions du monde différentes, c'est-à-dire différents ensembles de présupposés qui guident la réflexion et d'après lesquels toute expérience est interprétée

6. En conséquence, nous devons argumenter "l'impossibilité du contraire", c'est-à-dire montrer que seul le Christianisme contient les préconditions d'intelligibilité de toute expérience humaine et de tout raisonnement humain. Si le Christianisme n'était pas vrai, personne ne pourrait rien prouver, ni rien comprendre.

7. Les non-croyants se trompent eux-mêmes : ils connaissent la vérité au sujet de Dieu, mais ils la répriment en rationalisant les indices clairs présents en eux et tout autour d'eux. 

8. Celui qui se défend intellectuellement et moralement, en réalité, ce n'est donc pas Dieu, mais le non-croyant. 

9. Il y a une large gamme d'attaques du Christianisme, et on ne peut pas correctement y répondre en appuyant sa défense sur : 

(a) le subjectivisme (la connaissance ne relève pas de l'objet mais du sujet qui connaît),
(b) le relativisme (le sens et la valeur des croyances humaines n'ont pas de fondement absolu transcendantal),
(c) l'éclectisme (piocher à droite à gauche ce qui nous semble intéressant dans différentes philosophies).

10. Les apologètes doivent argumenter. Une argumentation qui honore Dieu n'est pas querelleuse, mais guidée par les exemples bibliques.

11. Un argument affirme la vérité d'une proposition en se fondant sur d'autres propositions vraies.

12.Une argumentation rationnelle ne se limite pas à la simple utilisation d'un raisonnement déductif par syllogisme.

13. Dieu souhaite que nous maîtrisions les outils de la rationalité pour défendre la foi chrétienne. C'est notre devoir de réfuter les attaques des non-croyants et de proposer une critique interne de la position philosophique dont l'attaque est issue.

14. Les deux péchés intellectuels que les gens commettent le plus sont : 


(a) l'incohérence,
(b) le jugement arbitraire.

15. Face à un non-croyant, le chrétien devrait être prompt à signaler les erreurs de pensée :  

(a) les conjectures préjudicielles,
(b) les partis pris philosophique non-justifiés,
(c) les présupposés qui sont incohérents entre eux,
(d) les faux raisonnements,
(e) les comportements qui vont à l'encontre des croyances proclamées.

9 novembre 2012

Fait, indice et preuve

On entend souvent parler de “preuve”, notamment pour l'existence de Dieu. Mais qu'est-ce qu'une preuve ? Une preuve permet de savoir, d'être sûr à 100%, qu'une affirmation est vraie... Mais existe-t-il jamais une telle preuve ?

Dans une enquête policière, on constate une situation, qu'on cherche à expliquer. Pour cela, on cherche et on trouve des faits, des traces laissées par les événements (marques, empreintes, etc.). En analysant ces faits, on cherche ce qu'ils indiquent, et cela donne des indices – c'est le premier niveau d'interprétation.

Ensuite on essaye de trouver une explication qui intègre ces indices de manière cohérente, et on détermine les indices indispensables pour soutenir cette explication. C'est le deuxième niveau d'interprétation.

On présente ces derniers comme pièces à conviction, et elles ne deviennent des preuves qu'une fois que le jugement est rendu, autrement dit une fois que l'ensemble des faits analysés, sélectionnés et organisés de manière cohérente sont reconnus suffisants pour valider l'explication minimale des faits.

Alors existe-t-il des preuves de l'existence de Dieu ? D'après cette définition des choses, non. Il existe des faits, sur lesquels tout le monde s'accorde, il y a quelques débats sur ce qu'ils indiquent, et de nombreux débats sur ceux que l'on peut sélectionner et la manière de les organiser pour arriver à une explication.

Pourtant, la question est largement débattue, notamment dans le  monde anglo-saxon, où elle est formulée ainsi :Is there evidence for God's existence ?”. Le mot “evidence” recouvre aujourd'hui l'ensemble des notions de trace, indice, pièce à conviction, et preuve, notamment dans ce débat. Certains reprennent le terme anglais, et parlent d'évidence – à mon sens c'est une erreur doublée d'un barbarisme de langage, car comment s'attendre à être compris en parlant de l'évidence de l'existence de Dieu quand justement, ce n'est pas évident pour les autres ?

Je préfère personnellement parler de traces, pour trois raisons :
  • D'abord parce qu'il y a une notion de recherche et d'interrogation, on suit des traces, alors que les “preuves” nous forcent la main (ce qui est problématique dès lors qu'elles sont illégitimes, et elles le sont souvent a priori);

  • Ensuite parce que les traces évoquent une réalité entre les faits et les indices : elles présupposent que les faits indiquent quelque chose, mais se situent encore au moment de l'interprétation, pas après. Ainsi on invite ceux qui nous écoutent à réfléchir avec nous, et à participer à cette recherche.

  • Enfin, parce qu'il ne s'agit pas seulement de l'existence de Dieu, mais de son action. Dieu n'est pas, du point de vue chrétien, juste une cause première, ou un Grand Horloger qui observe sans intervenir – il vit, agit, et intervient dans l'histoire du monde et de l'humanité ainsi que dans nos vies, et ça laisse des traces.
Il ne faut pas tomber dans une polémique où, faute de définir les termes, on s'embourbe et chacun campe sur ses positions. Il y a dans notre monde les traces d'un autre monde, d'une autre réalité. Nous sommes dans le sillage de Jésus – sa vie, son œuvre ont définitivement révolutionné le monde entier comme jamais rien ni personne auparavant, et rien ni personne depuis. La moindre des choses est de ne pas se précipiter dans le débat sans définir les termes ou une certaine méthodologie.

2 novembre 2012

Dieu est amour

Dieu est amour, c'est vrai, mais Dieu n'est-il qu'amour pour autant ?

Ma maman que j'aime...

Ma mère est-elle une bosseuse ? Oui. Elle se donne a fond pour son boulot et pendant mon enfance, elle rentrait généralement tard le soir. Mais n'est-elle qu'une bosseuse ? Non, elle a aussi un sens de la famille, et c'est pour ça que même si elle rentrait tard, elle insistait pour qu'on mange tous ensemble, en famille.

Si je vous dis que ma mère est travailleuse sans équilibrer son portrait en mentionnant ses autres qualités, vous aurez une idée faussée d'elle – peut-être même que vous vous direz que c'est une mauvaise mère, qui s'intéresse plus à son travail qu'à ses enfants. Et pourtant, si vous saviez !  Elle a toujours fait passer ses enfants avant tout le reste.

Inversement, si je vous dis qu'elle fait toujours passer ses enfants avant elle-même, vous pourriez imaginer une femme épuisée à force de privations, vous ne sauriez rien de ses autres qualités : sa persévérance, sa diplomatie, sa jovialité, son attention aux détails, sa perspicacité, son humour, sa capacité à prendre sur elle et à pardonner, et mille autres choses qui font la richesse de son humanité.

Mon Dieu que j'aime...

De la même manière, si on dit que Dieu est amour, et qu'on en reste là, on aura une image faussée de Dieu. En rester là, c'est dire que Dieu n'est qu'amour, et donc que l'amour, c'est Dieu. Bien sûr, on pourrait définir les termes du débat, et voir que l'amour tel qu'on l'imagine et tel qu'on le vit entre humains n'a rien à voir avec ce que la Bible définit comme amour, mais ça n'est que moyennement satisfaisant, car dès lors qu'on embraye sur la Bible, ça réintroduit un Dieu qui est plus que juste amour.

Alors, oui, Dieu est amour, mais Dieu est aussi juste. Et c'est ce qui nous intéresse en particulier, puisque c'est à cela que s'oppose l'idée d'un Dieu qui ne serait qu'amour, un Dieu qui ne nous dirait pas ce qui est juste, et ce qui ne l'est pas, bref, un Dieu qui ne serait pas un juge du bien et du mal.

Dieu est amour et c'est justement ça qui motive et équilibre sa justice. Dieu est amour donc il nous dit qu'on devrait changer, arrêter de pratiquer le mal dont on est l'auteur – le mensonge et l'hypocrisie pour commencer. Dieu est amour donc Dieu est juge. Il est bien placé, il est l'auteur de tout ce qui existe, nous compris. Mais mieux encore, Dieu est amour donc il nous aide à changer – il ne se contente pas de nous dire “arrête de mentir”, il nous accompagne, est patient avec nous, nous apprend à dire la vérité, nous en donne envie, et même nous apprend à la valoriser et la défendre.

Bref, Dieu est amour, et donc il est aussi juste, sage, vrai, bon, saint, tout-puissant, éternel, infini, et immuable.

7 septembre 2012

Pour le mariage homosexuel... ?

La question au feu rouge

Diane Savino est sénatrice de l’État de New York. Un jour qu'elle était arrêtée au feu rouge, un homme passe la tête par la fenêtre de sa voiture et lui demande : "Vous êtes sénatrice ?". Il avait remarqué la plaque minéralogique typique des sénateurs aux États-Unis. Elle acquiesce, et il enchaîne : "Le Sénat va bientôt voter un projet de loi sur le marriage gay, non ?". Elle confirme, il lui demande ce qu'elle compte voter, et elle dit qu'elle compte voter pour. "Pourquoi ?", l'interroge-t-il, et elle lui répond : "Parce que le mariage est un droit pour tout adulte consentant". Il reprend : "Mais ça change la définition du mariage".

Elle se met à son tour à poser les questions : "Est-ce que vous savez que la loi nous autorise à nous marier immédiatement, alors que nous venons juste de nous rencontrer, et en pratique, les infrastructures de ce pays nous permettraient de le faire dans les 24h ?". Il acquiesce. "Et pensez-vous que nous soyons prêt pour un tel engagement ?". Il marque une pause avant de répondre : "Je comprends ce que vous voulez dire".

L'anecdote (f)relatée

C'est cette anecdote particulière que la Sénatrice choisira de relater au cours de l'assemblée qui verra le vote pour le mariage homosexuel dans l’État de New-York. Son argument principal est le suivant : le gouvernement ne contrôle pas la qualité d'un mariage, il ne fait pas de discrimination. L’Église, au contraire, peut le faire, parce que c'est une institution privée, et libre à elle de ne pas célébrer ni reconnaître les mariages homosexuels.

C'est probablement le meilleur argument que j'ai entendu jusqu'ici en faveur du mariage homosexuel. Cependant la sénatrice va un peu vite.

Le problème du Kir

La différence sexuelle des conjoints n'a rien à voir avec la qualité du mariage, et tout à voir avec la définition du mariage. La Sénatrice Savino change la question, et ainsi ne répond pas à l'objection de cet homme qui l'interroge. Il n'a pas dit que les homosexuels feraient de mauvais couples, il a dit que le mariage homosexuel, c'était en soi une contradiction. Comme dit mon ami JR, que je remercie pour ses excellentes contributions à cet article (et je vous recommande le sien), un Kir est une boisson qui allie du vin blanc et de la liqueur de cassis. C'est la définition du Kir. Si je ne met que du vin blanc et pas de liqueur de cassis, ce n'est pas un Kir de mauvaise qualité, ce n'est carrément plus un Kir, mais juste du vin blanc.

Un couple, une couple*

Alors pourquoi les gouvernements cherchent-ils à reconnaître officiellement les mariages (outre pour les impôts) ? Une réponse cohérente avec le concept de mariage tel qu'il est défini depuis l'aube de l'humanité, c'est que l'union d'un homme et d'une femme a tendance à donner des enfants, autrement dit le couple est le fondement naturel de la famille, or la famille est l'unité de base de la nation dont le gouvernement a la charge. Il doit donc s'assurer que la famille offre un cadre favorable au développement des enfants, ce qu'il fait par une institution comme le mariage notamment.

Sans possibilité d'adopter ou d'insémination in vitro, a priori (il y a des exceptions), le couple homosexuel n'a donc pas de bonne raison de réclamer à l’État d'être encadré par une telle institution. C'est d'ailleurs pour ça que ces questions sont directement liées à la question du mariage homosexuel. Je te laisse faire tes recherches sur le développement des enfants dans les familles homosexuelles, quant à la FIV, c'est une procédure médicale lourde et conçue pour les gens qui ont des difficultés biologiques à concevoir, malheureusement parfois considérée comme une sorte de "chirurgie esthétique de la procréation", dont on peut user comme on le souhaite. C'est le "pendant ironique" de l'avortement...

Et donc ?

Le fait est que la plupart des gens n'ont pas réfléchi sérieusement à la question du mariage homosexuel, et n'ont pas étudié la question de l'adoption. Ils sont pour ou contre tout en ignorant les logiques en jeu et les implications pratiques. Mais je ne suis pas là pour te dire quoi penser, parce qu'au final, c'est ton choix que tu devras exprimer. Plutôt, j'espère te faire réfléchir à tout ça. Alors je te laisse avec quelques questions :

=> Est-il légitime de réclamer au gouvernement de reconnaître le mariage homosexuel ? Est-il nécessaire d'obtenir une reconnaissance officielle, ou une tolérance neutre serait-elle suffisante ? Est-il important de donner le nom de mariage à l'union homosexuelle ? Dans quelle mesure l'union civile assure-t-elle déjà les droits réclamés par les couples homosexuels ?

=> L'adoption ouverte aux couples homosexuels permettra-t-elle réellement plus d'adoptions ? Y a-t-il plus d'enfants à adopter que de demandes d'adoption ? D'où viennent les enfants adoptés par des couples français ? Comment les agences d'adoption (de France ou d'ailleurs) réagiront-elles à un changement de législation ? Quelle proportion de couples homosexuels seraient à la fois désireux d'adopter et jugés aptes à l'adoption ? Quels critères doit-on retenir pour qu'un couple soit jugé apte à l'adoption ?

Enfin, pour ce qui est des parents célibataires (qui peuvent adopter, et que l'on compare parfois aux couples homosexuels), rappelons-nous que les parents célibataires le sont rarement par choix, et donc qu'ils sont souvent prompts à rechercher et inviter l'influence d'un parent de l'autre sexe dans l'éducation de son enfant. Il faut donc savoir si on peut en dire autant des couples homosexuel.
___

* Un couple est un assemblage de deux choses différentes, une couple est un assemblage de deux choses similaires (comme une paire). On pourrait donc dire "une couple homosexuelle"...

8 avril 2011

Évangéliser par la typologie

Dans la Bible, il y a plein de personnages connus. Et bizarrement, en France, Jésus n'est pas le plus connu. Quant à son histoire, elle est sûrement moins connue que par exemple l'épisode d'Abraham sur la montagne prêt à sacrifier son fils sur ordre de Dieu. Il faut se rendre à l'évidence, en France, les gens connaissent généralement mieux l'Ancien Testament que le Nouveau Testament.

Mais le centre du message Biblique, c'est Jésus ! Il faut donc qu'il reste au centre de notre évangélisation (et de nos sermons, et de nos études Bibliques, etc). Mais comment parler de Jésus aux Français en trouvant un point de contact, quelque chose de familier ? La Typologie. C'est ce qu'a fait Jésus (Luc 24:27). Autrement dit, faire le lien entre le Christ et tous les exemples de ces hommes et de ces femmes dans l'Ancien Testament qui cherchent à accomplir l'œuvre de Jésus sans y parvenir complètement – œuvre que lui seul saura accomplir parfaitement.

Et cela peut s'exprimer sous la forme suivante : d'abord, énoncez l'histoire du personnage (le Type), puis expliquez comment cette histoire parle de Jésus.

Prenons David. Un seul homme du peuple d'Israël vainc Goliath, le géant du peuple adverse, les Philistins. Et sa victoire compte pour l'ensemble de la guerre entre les deux peuples, elle est imputée aux siens alors qu'il n'ont pas même croisé le fer. De la même manière, Jésus, un seul homme, a vaincu le pêché, le seul géant qui peut vraiment nous nuire, et sa victoire nous est imputée. Vous voyez ? Jésus est un David parfait.

Prenons Adam. Adam ne passe pas le test de soumission à la volonté de Dieu, il succombe aux tentations de Satan, comme nous l'avons déjà vu, et sa désobéissance entraine toute la création avec lui dans une chute loin de Dieu. Mais Jésus traverse le désert et résiste aux tentations du diable, il reste toute sa vie fidèle à Dieu, et son obéissance nous est imputée, nous ramenant vers Dieu. Jésus est un Adam parfait.

Jésus est un Abel parfait : il est assassiné bien qu'innocent, et son sang versé, comme celui d'Abel, réclame justice à Dieu. Et tout comme Dieu protègera Caïn de la colère des hommes, nous sommes quant à nous protégés de la colère divine, par grâce.

Jésus est un Abraham parfait : il répond à l'appel de Dieu, de quitter tout ce qui lui est familier pour s'embarquer vers l'inconnu, en venant cette fois-ci s'incarner parmi les hommes.

Jésus est un Isaac parfait : il n'a pas simplement été offert par son père sur la montagne et épargné au dernier moment, mais qui a réellement été sacrifié pour nous tous par Dieu le Père. D'ailleurs à ce moment-là, Dieu dit à Abraham « Maintenant je sais que tu m'aimes, parce que tu étais prêt à sacrifier ton fils, ton seul fils, que tu aimes, pour moi ». Maintenant, nous pouvons dire à Dieu « Maintenant je sais que tu m'aimes, parce que tu as sacrifié ton fils, ton seul fils, que tu aimes, pour moi ».

Jésus est un Jacob parfait : il a lutté contre Dieu et a reçu le coup que nous méritons, le coup de la justice, afin que nous ne portions, comme Jacob, que les blessures de grâce, qui nous réveillent et nous disciplinent.

Jésus est un Joseph parfait : il est la main droite du Roi, qui pardonne ceux qui l'ont trahi et vendu en esclavage, et qui utilise son pouvoir pour les sauver.

Jésus est un Moïse parfait : il sert de médiateur parfait entre Dieu et les hommes et établit une nouvelle alliance, une alliance éternelle et universelle cette fois-ci, fondée sur la grâce plutôt que sur la loi.

Jésus est un Job parfait : il est innocent devant Dieu et pourtant souffre, et intercède auprès de Dieu pour sauver ses amis de la colère divine.

Jésus est une Esther parfaite : il ne s'est pas contenté de risquer sa place dans un palais terrestre, mais a risqué sa place à l'ultime palais céleste; il n'a pas juste risqué sa vie pour son peuple, mais l'a donnée pour l'humanité; il n'a pas dit « Si je dois mourir, je mourrai pour eux », mais « Quand je vais mourir, je mourrai pour eux ».

Jésus est un Jonas parfait : il s'est fait jeter du bateau (la vie, le monde) dans la tempête (la colère de Dieu) pour l'apaiser et que nous puissions atteindre notre destination (le Paradis, notre terre promise) sains et saufs.

Jésus est l'agneau de Pâques parfait, mort pour nous tous pour l'éternité; le prophète parfait, qui a fait connaître parfaitement la volonté de Dieu; le Temple parfait, lieu de rencontre entre l'humain et le divin; le prêtre parfait, qui sacrifie tout à Dieu pour nous; le roi parfait, qui règne sur toutes les nations.

Tous ces éléments sont des signes annonciateurs qui préfigurent la vie et l'œuvre de Jésus Christ. Parce que c'est lui qui est au centre de tout.

(message inspiré d'un sermon de Tim Keller)

11 février 2011

Pourquoi lire le Journal d'un Chrétien ?

On ne doit pas défendre ses convictions pour se convaincre soi-même qu'on a raison - ce que pourtant beaucoup de gens font - mais on doit défendre ses convictions pour être sûr de ce qu'on croit et de pourquoi on le croit. Cela nous permet de ne pas nous laisser avoir par la première idée venue. Ou comme l'a dit le Réverrend Peter Marshall : "If you don't stand for something, you'll fall for anything".

C'est tout l'esprit de l'apologétique - la défense du bien-fondé et de la cohérence de la foi chrétienne. Il ne s'agit pas tant de convaincre les autres qu'on a raison, sinon d'étudier la Bible et de la confronter à la réalité - autrement dit, de voir si elle est pertinente, et si elle dit vrai.

En soi, c'est une démarche personnelle, qui permet de prendre du recul et de remettre sa foi en question, dans la mesure où on le fait honnêtement. Il ne s'agit ni de chercher à se justifier ni de le justifier aux autres : je ne suis pas l'avocat du message de Jésus - libre à chacun de l'évaluer - simplement je cherche à le comprendre et à le mettre en pratique.

Néanmoins la conséquence directe de l'apologétique, c'est de concevoir plus clairement le message Biblique, et donc de pouvoir le transmettre de même. Et c'est dans cette mesure que l'apologétique sert à évangéliser - c'est-à-dire de faire découvrir la Bible et son message à des gens qui ne les connaissent pas. Or comme les chrétiens qui se soucient de partager leur foi le savent, de moins en moins de gens connaissent la Bible et son message, ce qui rend difficile toute explication puisqu'on ne peut pas faire référence à des concepts bibliques. Il faut repartir de zéro.

Ce Journal d'un Chrétien vise à accomplir ce double objectif de remettre en question la foi chrétienne et de l'exposer à tous, en stimulant la réflexion des chrétiens et des non-chrétiens à partir des fondements du message de Jésus. Il ne s'agit pas de prêcher, mais d'inviter au dialogue (individuel ou collectif). Et c'est pour ça qu'il est pertinent pour des lecteurs de tous horizons : il les informera et leur proposera des éléments pour pousser leur réflexion plus loin.

30 décembre 2010

Dieu n'est pas là

Si Dieu existe, alors pourquoi est-il si absent de notre monde ?

L'absence de Dieu est une des questions principales de l'athéisme. Car l'athéisme, loin de fermer la porte à Dieu, relance le débat. Dieu est mort ? L'idée que certains s'en faisaient, peut-être, mais après tout, affirmer que Dieu existe ou qu'il est mort n'est pas un argument, c'est un avis, une opinion au sein d'un grand débat. Et plus on l'affirme, plus on s'interroge.

Et pourtant, je suis presque d'accord. Dieu est invisible. C'est indiscutable, la Bible elle-même l'affirme à plusieurs endroits. Il est voilé. D'un autre côté, il s'est dévoilé, révélé, et se rend manifeste dans l'univers et dans nos vies à travers Jésus, la Bible, la conscience, la raison, l'intuition, l'expérience, et de nombreuses choses encore. C'est le paradoxe entre la liberté de l'homme et la toute-puissance de Dieu : il ne faut pas chercher à le résoudre, la vie est plus complexe que blanc ou noir.

L'absence de Dieu... ? Mais si ce monde tel qu'il est reflète l'absence de Dieu, à quoi donc ressemblerait sa présence ?

D'après la Bible, personne ne peut voir Dieu et vivre - donc si vous voulez voir Dieu, préparez-vous à mourir. C'est aussi pour ça que Dieu se dissimule en partie : sa présence, c'est aussi sa vérité et son jugement, soit la mort pour des êtres aussi imparfaits que nous. Par amour, Dieu nous laisse la vie sauve en se révélant par d'autres moyens : l'incarnation en Jésus, la Bible, le Saint-Esprit, etc.

Le jour où Dieu sera présent comme les athées voudraient qu'il soit présent pour croire en lui, alors, ce sera le jour du Jugement Dernier, et il sera trop tard pour se mettre à croire en lui.

27 décembre 2010

Pardon et Bonnes Actions

Dans le jargon chrétien, deux concepts fondamentaux sont liés au pardon et aux bonnes actions. Ce sont la grâce et la sanctification. Ils sont fondamentaux parce qu'il n'y a que dans le Christianisme que la grâce vient avant la sanctification.

La Grâce, c'est le fait que Dieu propose de gracier les hommes de leurs crimes, comme le Président pouvait gracier un condamné à mort quand cette peine était encore en vigueur. La Grâce, c'est le pardon.

La Sanctification, c'est le programme de réinsertion que l'on suit une fois que l'on a été gracié : Dieu nous transforme, nous réoriente, et nous devons participer à ces efforts. Littéralement, Dieu fait progressivement de nous des "saints".

Sauf que du point de vue de Dieu, on n'est pas un prisonnier en cours de réhabilitation, mais il nous déclare citoyen modèle, avec un casier judiciaire vierge !

De nombreuses personnes accentuent le principe de la Grâce pour en oublier complètement la Sanctification. Autrement dit, de nombreuses personnes considèrent Dieu comme une machine à pardonner, parce que Dieu est amour.

Mais Dieu est aussi Justice et Vérité, et ça implique de devoir être cohérent. Être pardonné ne suffit pas. Un condamné n'est pas sorti de prison pour être lâché dans la nature, avec un programme de réinsertion optionnel : c'est obligatoire !

Alors, on peut avoir des difficultés, on peut avoir des hauts et des bas, mais dans l'ensemble, quand on est chrétien, on est en réinsertion toute sa vie. Mais alors, quand est-ce qu'on est vraiment libre ? Après la mort et la résurrection. Cela dit, on est tout de même sur le chemin de la liberté, on est en "conditionnelle", c'est loin d'être une vie horrible.

Tout ça pour dire qu'on ne peut pas prétendre profiter de la Grâce de Dieu sans être sanctifié par la mise en pratique de ses enseignements et par une relation continuelle avec Dieu. En somme, il ne suffit pas de dire "Je crois en Dieu", il faut le vivre.

13 décembre 2010

Les Dix Commandements : conclusion

Mais c'est quoi, cette religion qui te demande de suivre des règles impossibles, et qui ensuite te fait culpabiliser parce que tu n'y arrives pas ? Pourquoi tu n'arrêtes pas d'être chrétien ? Tu serais plus heureux !

Comme je l'ai déjà dit, il ne s'agit pas d'être heureux, mais juste.

Et je ne suis pas juste. Ces dix commandements, cette loi pourtant simple (surtout comparée à nos lois à nous), facile à retenir, je n'arrive pas à l'appliquer. Je suis trop égoïste pour m'y conformer.

Et pourtant, on n'a pas besoin d'être chrétien pour penser à la moitié de ces commandements. Personne n'aime ni ne veut qu'on lui vole, qu'on lui mente, qu'on le trompe, ou qu'on le tue. Tout le monde pense qu'il faut avoir un rythme de vie sain, et être reconnaissant pour ce qu'on a. C'est tellement évident, et pourtant personne ne traite autrui comme il aimerait être traité, et très peu de gens se traitent eux-mêmes comme ils le voudraient.

C'est cette évidence, cette loi inscrite dans le cœur humain, qui me condamne. Il ne s'agit pas de religion : cette loi me culpabilise parce que je suis coupable.

Alors pourquoi je m'inquiète de ça plutôt que de chercher à simplement être heureux ? Parce que je préfère chercher la vérité plutôt que le confort, être honnête envers moi-même plutôt que d'éluder ce genre de questions qui dérangent.

Et cette recherche m'a mené à Jésus, qui est le chemin, la vérité et la vie.

Le chemin, parce qu'en suivant l'exemple de Jésus, je suis sa loi. Et il me libère progressivement du mal que je fais (aux autres et à soi-même), en me transformant, et en me redonnant à cœur de me conformer à sa volonté.
La vérité, parce que Jésus est la seule réponse à cette question de la culpabilité : malgré la condamnation que je mérite pour avoir enfreint cette loi tant de fois, je suis pardonné parce que Jésus a subi la condamnation à ma place.
La vie, parce qu'en enfreignant la loi, je me sépare de Dieu, qui est la source de toute vie. Par Jésus, je retrouve cette connexion, et je reçois l'espérance de la vie éternelle aux côtés de Dieu.

10 décembre 2010

Le Dixième Commandement

Tu ne convoiteras(...) aucune chose qui appartienne à ton prochain. (Ex 20:17).

As-tu déjà convoité quelque chose qui appartenait à autrui ?

Nous sommes dans une culture de convoitise. Je le vois, je le veux. Même si je sais que je ne pourrai pas l'avoir honnêtement. La femme de mon voisin. La voiture de mon patron. Le charme de mon meilleur ami. L'humour de ma camarade de classe.

Et tout ça me rend malheureux. Parfois je m'imagine en Frankenstein, un patchwork fait d'éléments de vie des autres. Ce n'est plus moi, mais qu'importe, du moment que je possède ces choses qui ne sont pas à moi... J'en viens à en vouloir aux autres, d'avoir ces choses. Ils ne les traitent pas correctement, moi par contre, je saurais mieux faire. Au final, moi je mérite ces choses, mais pas eux.

Moi, qui suis infidèle à Dieu et aux hommes, un idolâtre, un diffamateur, un ingrat, un fils indigne, un meurtrier, un voleur et un menteur, oui moi, je saurais en faire meilleur usage... sans blague ?

Et voilà : un sans faute ! J'ai brisé tous les commandements de Dieu, et j'ajoute à ma longue liste de crimes celle de l'orgueil. Car c'est de là que vient la convoitise. Je plaide coupable.

7 décembre 2010

Le Neuvième Commandement

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. (Ex 20:16)

Plus communément : tu ne mentiras point (Lv 19:11) et tu ne feras pas courir de fausses rumeurs (Ex 23:1)

As-tu déjà... ?

Bon, ok, je plaide coupable. Y a pas de discussion possible, j'ai déjà menti. Et même aujourd'hui, alors que je suis fondamentalement contre, ça m'arrive parfois - par automatisme, tellement ça me semblait acceptable avant.

Quand on ment, on ne respecte pas la personne qui est en face. Et ça nous permet aussi de ne pas être obligé d'être cohérent avec soi-même. On peut être hypocrite sans que ça se voit : il suffit de mentir ! C'est tellement plus simple. Et puis, la vérité, ça dérange, et ça fait mal. A tel point que de nos jours, on a tué la vérité : elle n'existe plus ! Chacun la sienne, comme ça, plus de problème ! Mais c'est un mensonge hypocrite.

4 décembre 2010

Le Huitième Commandement

Tu ne voleras point (Ex 20:15).

As-tu déjà volé quelque chose ? Quoi que ce soit, à qui que ce soit. Peu importe si c'est juste un petit truc, à quelqu'un que tu connais bien ou au dernier des crétins, qui de toutes façons ne le méritait pas.

Encore une fois, je plaide coupable - ça devient une habitude.

Oui, j'ai déjà volé. Des bonbons. Et ensuite, comme tous les enfants, j'ai volé de l'argent. J'ai aussi assisté à des vols commis par des gens autour de moi, sans rien dire - ça fait de moi un complice, aux yeux de Dieu - et, accessoirement, de la loi. Pas brillant, tout ça.

Bien sûr, ça peut paraître anodin, mais par la suite il m'est arrivé de ne pas rectifier quand on me rend trop de monnaie à la caisse d'un magasin ou quand dans un restaurant la note est incomplète. Et pire encore, j'ai cherché à justifier tout ça : c'est leur erreur, pas la mienne... mais si je m'en rends compte, c'est donc que je vois l'injustice, sans la dénoncer, pour en profiter.

1 décembre 2010

Le Septième Commandement

Tu ne commettras point d'adultère. (Ex 20:14)

Je n'ai jamais trompé personne. Je connais beaucoup de gens qui l'ont fait, mais moi,jamais ! Aha, alors, je vaux mieux que les autres !

Sauf que Jésus est encore passé par là : Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras point d'adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. (Mat 5:27-28)

Ah. Zut. Et puis j'imagine que pour une fille et pour un mec, c'est la même chose ? Bon, ben je plaide coupable, au yeux de Dieu je suis infidèle, puisque c'est comme ça. Mais je commence à en avoir marre.

28 novembre 2010

Le Sixième Commandement

Tu ne tueras point. (Ex 20:13)

Ce qu'il faut d'abord savoir, c'est que le mot "tuer", ici, fait référence au meurtre volontaire en temps de paix. Cela ne concerne donc ni le fait de tuer en temps de guerre, ni aux actes de légitime défense (même si ce dernier est un concept relativement récent).

Bah, eh, facile ! Je n'ai jamais tué personne ! Ouf, il y en a au moins un que j'ai réussi à tenir...

Sauf que Jésus a dit que quand on insultait quelqu'un d'autre, c'était comme de le tuer dans son coeur (Mat 5:21-22).

Alors dans ce cas je suis l'auteur d'un véritable génocide. Je ne me souviens même plus du nombre de fois où j'ai insulté des gens. Je ne vaux pas mieux que Hitler ou Pol Pot.

Bon, j'exagère peut-être un peu... le but est surtout de voir que ce qui importe vraiment, ce n'est pas l'acte en lui-même (tuer ou insulter), mais l'attitude (la haine, l'intolérance, le manque de respect... le pêché). Et l'acte n'est qu'une conséquence de l'attitude, donc tout acte destructeur, quelle que soit sa gravité, révèle une attitude qui n'est pas différente pour le tueur ou le diffamateur. Aussi elle est condamnée par la loi de Dieu de la même manière.

Je plaide coupable. Je suis un meurtrier aux yeux de Dieu.

25 novembre 2010

Le Cinquième Commandement

Honore ton père et ta mère (Ex 20:12)

T'es-tu toujours comporté envers tes parents d'une manière honorable ? Leurs as-tu jamais menti ? As-tu jamais essayé de les manipuler ? Les as-tu jamais insultés, en face ou dans leur dos ? Les as-tu jamais méprisé ?

Moi oui. Je plaide coupable. Pour chaque question, je réponds oui. Aux yeux de Dieu, je suis un fils indigne.

Dieu veut qu'on honore son père et sa mère. Pourquoi ? Peut-être parce que quand on naît, on est innocent de tout crime, mais aussi de tout mérite. On ne mérite rien. Et pourtant nos parents nous nourrissent, nous vêtissent, nous élèvent avec plus ou moins d'amour... ils ne sont pas parfaits, loin de là. Certains même sont horribles.

Mais peu importe qui ils sont ou la manière dont ils se comportent : Dieu nous commande de traiter nos prochains avec amour, compassion, justice, et respect. Et nos parents ne font pas exception à la règle. Mais comme on les connaît plus et mieux que toutes les autres personnes de notre vie, qu'ils ne peuvent pas nous cacher grand-chose, c'est parfois plus difficile de les aimer, de les supporter... et malgré tout on leur doit la vie, alors c'est peut-être pour tout ça qu'ils méritent un commandement particulier.

22 novembre 2010

Le Quatrième Commandement

Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. (Ex 20:8)

As-tu toujours eu un rythme de vie sain et équilibré ? Prends-tu des temps de repos physique et de recueil spirituel, réguliers, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année ? Et dans ce temps de contemplation, remercies-tu Dieu de tout ce qu'il t'accorde ?

L'être humain a besoin de se ressourcer régulièrement, et Dieu a établi qu'un jour de la semaine devrait lui être particulièrement dédié - mais pas uniquement pour lui, il s'agit aussi d'accorder un temps de pause pour prendre du recul et se régénérer. Bien sûr, le commandement ne s'arrête pas là, et le repos physique comme le repos spirituel, doit faire partie intégrante de la vie.

Personnellement, j'ai un sommeil très régulier. La plupart du temps. Et parfois j'enchaine des temps de sommeil complètement chaotiques. Surtout en périodes d'examen. Le stress prend le dessus, et je ne pense plus à Dieu, j'oublie de contempler tout ce qu'il a créé, tout ce qu'il m'a donné et dont je profite, j'oublie de regarder les choses du bon côté et de remercier Dieu pour ça. Et comme ma relation avec Dieu conditionne tout le reste, je deviens vite ingrat envers tout le monde.

Enfin bref, je plaide coupable. Aux yeux de Dieu, je suis un ingrat.

19 novembre 2010

Le Troisième Commandement

Tu ne prendras pas mon nom en vain (Ex 20:7)

C'est la traduction qui rend compte du commandement de la manière la plus juste, mais si on ne se soucie pas de l'économie de place, on pourrait le traduire par : "Tu n'associeras pas mon nom à des choses qui ne lui correspondent pas".

As-tu déjà utilisé le nom de Dieu comme un gros mot ? As-tu déjà dit du mal de Dieu ?

Dieu est saint, et son nom symbolise cette sainteté. Si tu utilises son nom pour exprimer quelque que chose de mal, c'est comme si tu trainais une fillette de 5 ans dans la boue.

C'est peut-être un peu extrême, comme comparaison ? Pourtant, imaginez qu'à chaque fois que vous voulez exprimer de la frustration, de la colère, de la haine, bref, des émotions très négatives, vous utilisiez le nom de votre père... Ce serait vraiment très peu flatteur, surtout si c'est quelqu'un de bien. Et imaginez que tout le monde utilise le nom de votre père pour ça. C'est comme cela que c'est ressenti par Jésus, et par les chrétiens - mais ça ne veut pas dire que je cherche à contrôler les jurons de tout le monde, simplement j'aimerais vous sensibiliser.

D'ailleurs, prendre le nom de Dieu en vain, ça ne se limite pas à ça : on peut dire la même chose de tous ceux qui prétendent faire des choses en son nom, des choses contraires à tout ce qu'il prône.

Quoi qu'il en soit, je plaide coupable. Je suis un diffamateur aux yeux de Dieu. J'ai pendant longtemps juré par son nom, et je l'ai trainé dans la boue à tort et sans même avoir pris la peine de chercher à le connaître.