9 janvier 2012

Le Jésus Historique

"Le Jésus de la Bible n'est pas le gentil Jésus, doux comme un agneau; il n'est pas seulement celui qui enseigne de nobles vérités; il n'apprend pas aux hommes comment aller au ciel au moment de leur mort; il n'enseigne pas une "religion" ou une "spiritualité" apolitique et totalement coupée du monde, à travers laquelle les hommes pourraient échapper à leurs conditions d'existence et faire l'expérience d'une petite lueur religieuse individuelle à l'intérieur d'eux-mêmes.


Non ! Le Jésus des Évangiles - le Jésus authentique - s'en prend à l'ordre établi et l'ébranle profondément. Il se comporte en roi légitime des Juifs, alors que les juifs on déjà un roi (Hérode), qui sera extrêmement furieux quand il l'apprendra. Il annonce que le Dieu d'Israël est le vrai roi, qui procède déjà à l'établissement de sa royauté. Il invite tous les hommes à devenir sujets de son royaume. Il fait son entrée à Jérusalem et met la ville sens dessus-dessous. Il affronte les autorités en sachant pertinemment le sort qu'elles lui réservent. Et, alors que les chefs du peuple sont sur le point de l'arrêter, il célèbre avec ses disciples un étrange repas destiné à indiquer avec force, sur le moment et jusqu'à la fin des temps, la signification qu'il donne à sa mort violente."

- Jésus, retour aux sources : la vie et la vision d'un révolutionnaire, Tom Wright (éd. Excelsis, p.122-123).

6 janvier 2012

Amour ou désir ?

On en est venu à présumer que le meilleur, si ce n'est le seul moyen de juger de quoi que ce soit, c'était d'être un observateur extérieur et objectif.

Et l'amour ? On ne peut pas savoir vraiment ce que c'est que l'amour en étant un "observateur extérieur et objectif". Les manifestations de l'amour s'observent peut-être, mais lui, se vit - c'est pour ça qu'il est fait, et c'est comme ça qu'on peut le comprendre.

L'amour,
C'est plus qu'un sentiment, c'est un choix; 
Plus qu'une relation naturelle chez l'homme, 
C'est une confiance renouvelée chaque jour malgré la peur et le doute;
Plus qu'un contrat donnant-donnant,

C'est un don entier de soi sans attente en retour;
Plus qu'un risque pris aveuglément,
C'est une certitude de ce qu'on veut.

Mais cet amour n'a rien à voir avec ce qu'on nous vend aujourd'hui - le désir. L'amour est bien plus grand, bien plus beau, bien plus essentiel pour répondre aux besoins humains, que l'excitation passagère et frustrante du désir. L'amour nous libère, le désir nous soumet à nos pulsions.

Alors, est-ce que tu aimes, ou est-ce que tu désires ?

2 janvier 2012

Elle est Babel, la vie ?

A Babel, l'homme désire prendre sa destinée entre ses mains, il se sépare de Dieu et cherche à créer un empire indépendant de son autorité. Par un impérialisme politico-religieux émancipé de Dieu, il cherche à bâtir, consolider l'unité de la race humaine. Il se révolte contre le mandat créationnel "...remplissez la terre".

- Pierre Berthoud, En Quête des Origines, p.127.

26 décembre 2011

Mort au vieux barbu !

Joyeux Noël !

(Le rythme peut sembler inégal, mais ce sont bien des alexandrins).

On dit que tout là-haut vivrait un grand barbu,
Soi-disant très joyeux, mais... difficile à dire :
Je ne l'ai jamais vu, en fait, et toi non plus.
Mais les enfants y croient, ça peut bien nous suffire.

On le dit solitaire, et puis plein de mystère,
Pas le temps de parler, il a bien trop à faire !
Et s'il vit en reclus tout au long de l'année,
Nous, on est bien content qu'il se montre discret.

Quand on s'adresse à lui, pour nos besoins urgents,
Jamais de réponse : qui sait s'il nous entend ?
On veut être sages, raisonnement simpliste,
Pour mériter nos places sur sa belle liste.

Et peut-être qu'un jour, mais c'est sans garantie,
Il nous donnera tout, pourvu qu'on soit gentils.
Alors moi j'en ai marre, et je crie au scandale :
C'est un distributeur qui nous fait la morale !

Ce coup de gueule peut paraître un peu étrange
Mais c'est pas le Père Noël qui me dérange,
Aussi drôle qu'il soit, et il est bien curieux,
Je m'attaque en fait à l'idée qu'on a de Dieu.

C'est Dieu que l'on voit comme un vieux barbu distant,
Père Noël antique, invisible géant
"Il te voit quand tu dors, il te vois éveillé,
Il regarde et attends pour te voir te planter".

Comme au Père Noël, nos souhaits, on lui envoie,
On veut bien ses cadeaux, mais lui on n'en veut pas !
C'est la vérité bien qu'on ne la reconnaisse :
On peut l'embellir, mais ce n'est que du business.

Il faut que nous soyons gentils pendant l'année
Pour avoir un bonus lorsqu'elle est terminée.
“Donne-nous nos cadeaux, on a été bien sages !
Puis va-t'en, on a tout ce qu'on voulait, vieux mage.”

Car le Père Noël est piquant, singulier,
Mais personne ne voudrait qu'il reste à dîner !
Je suis sûr que c'est un hôte haut en couleur,
Pourtant nous craignons son discours révélateur.

Voilà donc ce que l'on croit du Père Noël
Et c'est l'idée qu'on a de ce Dieu dans le ciel.
Mais Noël nous illumine de son éclat,
Car voilà : le Dieu Très-Haut est né ici-bas.

Il vint en personne au sein de notre misère:
Dieu le Fils, lui, est devenu Dieu notre Frère.
Il vint à nos côtés, pour y être à jamais,
Lui, notre Emmanuel, notre Dieu incarné.

Ce Dieu né humblement bouleverse nos clichés:
Il descend de son ciel, il est destitué,
Bercé dans la paille, bébé gesticulant,
Car pour nous sauver c'est notre place qu'il prend.

Le vieux Noël donne les cadeaux et repart,
Jésus vient pour nous connaître, il vient pour nous voir;
Le vieux Noël récompense les enfants sages,
Jésus guérit, pardonne, nous sort de nos cages.

Si tu n'aimes pas Dieu, je crois savoir pourquoi…
Tu le prends pour ce Père Noël de gala.
Tu fais bien de rejeter cet épouvantail !
Mais regarde, aujourd'hui, ce Dieu né sur la paille.

- Adaptation du poème de Glen Scrivener,
par Vincent Marty-Terrain.