30 juillet 2009

Modernisme, Postmodernisme

En gros, le postmodernisme, c'est penser que quelque chose est bon pour toi à partir du moment où tu choisis d'y croire - "chacun sa vérité", en somme. Mais c'est aussi bien plus complexe que ça.

La pensée Moderne

Pour comprendre la pensée postmoderne, il faut d'abord savoir ce qu'est la pensée moderne, puisque c'est de là que tout part. En effet, le postmodernisme de par son nom prétend avoir dépassé le modernisme, et se définit donc plus par ce que ça n'est pas plutôt que par ce que c'est.

Pour faire court, le modernisme a remis en cause pendant plusieurs siècles la religion et la superstition en l'opposant à la science et la raison.

La pensée Postmoderne

Ce qui est remis en question dans le postmodernisme, c'est la réalité et la vérité :

- La vérité objective n'existe pas.

- Il n'y a aucune "grande réponse" ou "grande explication" à ce qui constitue la réalité et la vérité (cela rejette donc toutes les "écritures").

- La vérité (en terme de science, religion ou éducation) est le produit de notre culture et n'est "vrai" que dans et pour cette culture.

- Les individus sont le produit de leur culture, ainsi la définition du "moi" passe d'abord par la culture d'origine des individus (Français, Asiatique, Citadin, Européen...).

- Toute pensée résulte d'une "construction sociale". En d'autres termes, tout ce que nous considérons être vrai, faux, bon ou mauvais ne sont que des croyances arbitraires que nous avons été conditionnés à accepter par notre société, tout comme d'autres ont été conditionnés à accepter d'autres séries de croyances.

- Tout système ou affirmation qui prétend être objectivement vrai ou juge de manière défavorable les valeurs, croyances, styles de vie, et affirmations d'une autre culture relève d'un jeu de pouvoir, un effort fait par une culture pour dominer d'autres cultures.


D'une certaine manière, on peut imaginer que c'est une bonne chose : mes croyances sont bonnes pour moi, tes croyances sont bonnes pour toi, c'est un chemin vers la tolérance. Mais en fait il n'en est rien, ce n'est pas de la tolérance, c'est du je-m'en-foutisme politiquement correct, et moralement inacceptable.

Autant ça peut encore marcher pour les religions, autant allez dire qu'après tout, si la culture ou la religion d'un pays dit qu'il est "bon" de battre ou même tuer sa femme sous certaines conditions ou d'exciser sa fille sans anesthésie quand elle a 6 ans, je vous défie de dire que c'est bon pour ces femmes et ces filles "dans leur culture".

Outre ce problème évident, il y a toujours le problème de la vérité : n'importe quel système qui prétend qu'il n'y a pas de vérité, ou pas de vérité objective, se contredit par définition puisque cette affirmation est pourtant vue comme une vérité objective. D'où l'ineptie du scepticisme, de la théorie des mêmes, et donc, de la pensée postmoderne.

29 juillet 2009

De l'ultra-darwinisme à la théorie des mêmes

Je vais essayer de faire simple.

L'ultra-darwinisme

Une branche du Darwinisme prétend que le seul évolutionnisme qui vaille est une vision fondamentaliste qui exclue complètement l'idée de Dieu. C'est l'ultra-darwinisme. Richard Dawkins, le plus militant des athées, en est le porte-drapeau. Il se fonde sur l'idée du "gène égoïste".

En théorie, les gènes chercheraient à se multiplier, à faire autant de copies d'eux-mêmes que possible. Ainsi les plus adaptés survivent et les moins adaptés disparaissent. Plus d'intervention divine possible, tout est arrivé par hasard, et relève à présent d'une logique aléatoire. En théorie tout du moins.

Le problème, c'est que si cette théorie était valide, alors nous, les humains, êtres les plus évolués et les plus répandus sur cette Terre, devrions avoir le plus de gènes parmi tous les êtres vivants.

Or récemment, à la suite d'une étude internationale qui a duré une quinzaine d'année, le Génome Project, nous avons enfin identifié les gènes qui composent notre ADN. Et le résultat est éloquent : le riz a deux fois plus de gènes que nous. Et c'est loin d'être le seul à nous devancer.

Les gènes sont extrêmement complexes, codent entre autres des protéines qui elles-mêmes sont extrêmement complexes, et il est très réducteur d'envisager tout un système d'évolution sur un principe aussi simpliste que celui du gène égoïste.

La théorie des mêmes

Plus grave encore, cette théorie du gène égoïste a donné lieu à la théorie des mêmes, qui compare les gènes, unités d'informations, aux idées, dans ce qu'on appèle les "mêmes". Ainsi un même, idée d'ordre moral, politique, artistique ou même culturelle, est une unité d'information qui cherche à se multiplier. En "colonisant" notre cerveau, elle nous utilise comme véhicule pour être transmise à d'autres personnes, et ainsi de suite. Comme un virus.

Etant donné que nous nous définissons en fonction de nos idées, valeurs, opinions, et croyances, cela reviendrait à annihiler l'idée du "moi". Nous ne serions que le produit de notre environnement, un corps parasité et manipulé par des informations impersonnelles cherchant simplement à se propager.

Encore une fois il y a un problème : cette théorie considère les "mêmes" indépendamment de leur possible vérité. Aussi comment savoir si quoi que ce soit est vrai ? C'est un peu comme quand on pousse le scepticisme jusqu'au bout, ça s'auto-contredit. Après tout, qu'est-ce qui prouve que la théorie des mêmes n'est pas le fruit d'un même fallacieux ?

Cette théorie des mêmes, déviée de l'utra-darwinisme, rappelle un peu le darwinisme social, dérivé du darwinisme. Du grand n'importe quoi, qui évidemment fleurit sans problème dans cette ère de pensée postmoderne... quoi, vous ne savez pas ce que c'est que le post-modernisme ? Renseignez-vous, et pour les autres j'essairai de faire un article sur le sujet bientôt...

28 juillet 2009

Idées Fausses - Darwin, Darwinisme, Evolution, Création, et Foi.

Ce week-end j'ai discuté avec des gens qui ne partageaient pas ma foi en Jésus-Christ et qui se demandaient quelle était la position d'un chrétien par rapport au grand débat sur l'évolutionnisme et le créationnisme.

Suivant la devise protestante : "Pour l'essentiel, unité, pour le non-essentiel, liberté, et en toutes choses, amour"; c'est un sujet qui a à mes yeux assez peu d'importance et je ne cherche pas à rallier quiconque à mon avis, d'autant que je considère que je n'ai pas forcément étudié la question suffisamment pour être sûr de ce que je pense. Néanmoins il me semble important de mettre certaines choses au clair, afin de disposer des clés qui permettent d'entrer dans le débat en évitant les idées fausses. Enfin, je ne suis pas un expert, et il est possible que le texte qui suit contienne des erreurs, merci de me le faire remarquer (de préférence avec référence à l'appui).

1. Le Darwinisme s'oppose à la foi.

Non, d'ailleurs Darwin était croyant. Il est vrai qu'il a perdu la foi, cependant il se trouve qu'il était plutôt déiste (c'est-à-dire qu'il croyait en l'idée d'un dieu supérieur) que chrétien, même s'il s'appelait chrétien; de plus il a perdu la foi à cause de la mort de sa fille de 10 ans des suites de ce qui semble avoir été le choléra. Or 8 ans après la mort de sa fille, lorsqu'il publie son livre "L'origine des Espèces",l il y réaffirme l'idée que l'univers est trop bien ordonné et trop complexe pour ne pas avoir été conçu par une volonté intelligente. Il fera référence à cette idée de Dieu jusqu'à la fin de sa vie.

Autre chose important à savoir, la majeure partie de ce qui a suivi et soutenu les idées de Darwin (recherches géologiques, archéologiques, etc...) dans le siècle qui a suivi a été découvert et publié par des représentants de l'Église anglicane. La science et la religion, faisant plus que coexister, vivaient en bonne entente à la naissance de cette théorie qui aujourd'hui est considérée comme incompatible avec la foi.

Ce n'est qu'en 1930 aux USA, pour des raisons politiques et morales plus que scientifiques et religieuses, que le débat commence. En effet, le Darwinisme donne suite à un nouveau courant de pensée, le Darwinisme Social, qui sera plus tard mis en avant par les Nazis dans leur idéologie pour justifier la supériorité naturelle de certaines personnes ou groupes de personnes par rapport à d'autres.

Au sein de la Bible Belt, un courant chrétien socialiste, opposé à l'idée "de droite" du Darwinisme social, et inquiet pour les valeurs morales de l'Amérique, se lance à l'assaut du Darwinisme, et fait interdire son enseignement dans un état. C'est le point de départ du grand débat.

2. Le Darwinisme a été prouvé.

En fait, le Darwinisme a été plutôt réfuté. Darwin pensait que l'homme descendait du singe, or le Neo-darwinisme affirme maintenant grâce aux avancées de la recherche que l'homme et le singe ont un ancêtre commun. Cet ancêtre est une hypothèse qui, bien que tout-à-fait convaincante, n'a pas encore été prouvée. Nous n'avons pas retrouvé de traces de cet ancêtre, bien que nous ayons retrouvé des traces de tous les autres ancêtres consécutifs de notre "arbre généalogique" de l'évolution.

De même, Darwin avait observé la microévolution, c'est-à-dire le fait que de petits changements, des mutations légères, affectent les possibilités d'adaptation au milieu. Et cela est indiscutable. Cependant, il a théorisé qu'avec le temps, ces microévolutions finissaient par provoquer une réelle différenciation des espèces, au point que de nouvelles espèces soient formées. C'est la macroévolution. Cela semble logique, mais encore une fois cela reste une hypothèse, étant donné que nous nous y intéressons depuis seulement environ 300 ans et que la macroévolution nécessiterait un temps bien plus long que ça pour se produire.

Enfin, le processus d'évolution est un processus de complexification progressive des organismes vivants. On passe de l'organisme monocellulaire à l'organisme pluricellulaire, puis au poisson et au mammifère, etc. jusqu'à l'homme (tout en se rappelant que ce n'est pas une ligne droite, mais un arbre). Or cela requiert une apparition d'information (au niveau du matériel génétique, l'ADN). Le fait que cette information soit présente est indiscutable, mais le fait qu'elle soit apparue par hasard est problématique non seulement parce que c'est statistiquement quasi impossible, mais aussi parce que cela va à l'encontre de ce que l'on observe aujourd'hui dans l'univers. Tout à naturellement tendance à de désorganiser, à se désagréger, à aller vers le chaos (c'est la 3e loi de la thermodynamique). Comment, par hasard et sans intervention extérieure, un processus d'organisation, de complexification progressive aurait-il pu voir le jour ? Ici la science est en "contradiction" avec elle-même.

3. La science explique par la raison ce que la religion expliquait par Dieu.

La science prétend expliquer comment les choses fonctionnent. La religion prétend expliquer, il est vrai en partie, comment les choses fonctionnent, mais surtout pourquoi. Qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je ? La science peut nous dire de quoi nous sommes faits, comment nous sommes arrivés là où nous sommes, où comment nous pouvons aller plus loin, mais elle ne peut pas répondre à ces trois questions qui taraudent l'esprit de l'homme.

Évidemment, en étudiant un phénomène, on peut toujours tenter d'en déterminer la cause et les conséquences. Mais on doit toujours accepter un postulat de départ, quelque chose que l'on ne peut prouver, et dont tout le reste dépendra : Admettons que la vérité existe, et que nous pouvons l'atteindre. Admettons que Dieu existe, ou qu'Il n'existe pas. Admettons que la raison soit la seule chose qui nous mène à la vérité. Admettons...

On peut penser que la science répondra, à terme, à toutes les questions. On peut aussi penser que la science ne pourra jamais répondre à certaines questions. En ce qui me concerne, j'adore la science, mais j'ai du mal avec beaucoup de scientifiques qui croient détenir la vérité et être spécialisés dans la seule branche qui soit une "vraie science". Il en va de même, au niveau de l'étroitesse d'esprit, pour de nombreuses personnes religieuses. Ne confondons pas les deux choses.

***

Voilà, et pour donner terminer, je dirais simplement que ma foi relève de ma relation avec Dieu chaque jour plus que de ma croyance en un récit de la création du monde, donc si au final c'était littéral ou au contraire carrément allégorique, cela aurait peu d'importance pour moi.

En espérant n'avoir offensé personne,

Sincèrement.

24 juin 2009

Nous sommes tous des idolâtres

Je sais que le titre fait un peu peur, un peu "à mort les infidèles!", mais ce n'est pas ça du tout. Que vous soyez croyant ou non, je crois que ce texte a une portée suffisamment large pour vous et votre philosophie de la vie, et j'espère qu'il vous fera réfléchir (sinon ça aura été une perte de temps de le lire, et je ne me complais pas à faire perdre leur temps aux gens).

Prenez un match de foot. Les gens font des centaines, parfois des milliers de kilomètres pour voir jouer leur équipe, bravant les intempéries et des heures d’attente, se peignant le visage et parfois le corps aux couleurs de cette dernière ou de leur pays, endurant des milliers de marches à monter pour atteindre leurs sièges qu’ils ont payé une fortune et dont ils ne profiteront pas parce qu’en vrais supporters ils vont rester debout pendant tout le match... tout en sachant que la majorité des fans de foot ne sont pas des athlètes eux-mêmes. Tout ça au sein d’un stade gigantesque qui a coûté des millions, avec des projecteurs qui éclairent comme le soleil en plein jour, des effets pyrotechniques qui ravissent et excitent, de la musique, affichent sur d’immenses écrans plasma des images de la foule en délire qui hurle sa frénésie alcoolisée, fait la ola presque spontanément, et des femmes à moitié nues qui brandissent des pancartes pour déclarer leur vénération pour un joueur et qu’elles sont prêtes à porter son enfant...

N’importe quel Romain de l’Antiquité voyant ça penserait tout naturellement que le foot est la religion la plus en vogue de tout le pays, la plus grande église de France : 80 000 personnes, 364 millions d’euros, des gens qui marchent sur des kilomètres pour y aller... c’est un culte, un événement religieux !

Allez en Inde, vous verrez des gens déguisés, aux visages peints selon les couleurs de leurs dieux, qui dansent, organisent des célébrations qui durent plusieurs jours, qui entrent en transe, se baignent dans le Gange pour que leurs pêchés soient pardonnés, et le long des routes vous verrez de petites huttes qui abritent des autels pour des statuettes de dieux auprès desquels on peut déposer des cadeaux et de la nourriture... et il y a aussi des plumes et du sang de poulet partout.

Idolâtrie = Adoration

Quand je parle d’idolâtrie, je ne parle pas seulement de vénération spirituelle mais d’adoration au sens large du terme.

Prenez la sortie de la Playstation 3, ou du dernier Star Wars, des gens qui campent pendant des jours devant un bâtiment pour faire partie des premiers à profiter de l’objet de leurs désirs. Prenez les gens qui restent debout toute la nuit pour jouer à World of Warcraft. C’est une forme de religion, il s’agit de dévotion religieuse. C’est un don de soi, de temps et d’argent, comme quand on est fan d’un groupe de musique et qu’on achète les tee-shirts, tous les albums, qu’on va les voir partout en concert et qu’on apprend toutes les paroles de leurs chansons par coeur... c’est une forme d’adoration.

L’adoration, qu’elle soit spirituelle ou non, n’est pas limitée à un endroit ou à un moment. On est toujours fan de ce groupe de musique après le concert, pas seulement pendant. C’est un processus qui ne s’arrête que si on décide de l’arrêter, la plupart du temps ça devient une partie de soi. Pour citer une personne qui ne ravira pas forcément tout le monde, Jésus dit dans Jean chap. 4 à une Samaritaine qui lui demande à quel temple elle doit aller que l’important ce n’est pas le lieu, mais l’objet du culte.

L’adoration, c’est placer quelqu’un ou quelque chose dans une position de « gloire » par rapport à soi et au monde, et lui rendre un culte en sacrifiant des choses pour cette personne ou chose (temps, argent, efforts...). Par « gloire » je veux dire quelqu’un ou quelque chose à qui ou à quoi on accorde le plus d’importance, de sens, et de priorité dans notre vie. C’est la source de nos attentes et de notre joie.

Nous sommes tous des adorateurs

Nous adorons tous quelque chose, nous accordons tous ce statut de « gloire » à quelqu’un ou quelque chose dans notre vie, que ce soit nous-mêmes, une relation, notre époux(se), une voiture, un loisir, une expérience, un revenu, une certaine éducation, une maison... quoi que ce soit, ça nous fait nous lever le matin et notre cœur et notre esprit y sont attachés plus qu’à quoi que ce soit d’autre. Et cette personne ou cette chose est, autrement dit, notre dieu.

Et on peut voir quel genre de dieu on adore en regardant quels genre de sacrifices on lui offre. On ne dispose que d’un certain nombre d’heures dans la journée, et on doit bien sacrifier certaines activités possibles pour en dédier le temps à cette personne ou chose que l’on adore. Même chose pour l’argent, on n’en a pas à l’infini et la manière dont on le dépense indique ce qui détient la place de « gloire » dans notre vie. Ainsi nous allouons les ressources dont nous disposons en fonction de notre dieu.

Cela peut être notre estomac. On peut dépenser beaucoup d’argent pour manger, vouer beaucoup de temps à la dégustation de nourriture. On peut même devenir un extrémiste et sacrifier, au-delà de notre temps et notre argent, notre santé, pour satisfaire notre dieu-estomac, en mangeant n’importe quoi et beaucoup trop. Cela peut être le sexe. Et du coup on peut aussi faire le sacrifice de son mariage, de la fidélité, de l’amitié, et même de sa santé pour satisfaire son dieu-sexe. Cela peut être une voiture, on peut rénover d’anciennes voitures et y passer tout son temps libre, ne laissant plus de place pour aucune activité sociale. Plus simplement, cela peut être la télé. Celui ou celle qui ne veut pas venir à table quand le repas est prêt parce qu’il ou elle regarde une émission qu’il adore à la télévision sacrifie du temps en famille et la relation qu’il a avec ses proches pour son dieu-télé. Et cela peut aussi être notre nouvel(le) petit(e) ami(e), avec qui on veut passer tout son temps et à qui on veut faire plaisir, du coup on oublie ses amis, sa famille, ses rêves...

On fait ça avec le sport, l’alcool, le sexe, les relations, les loisirs...

Alors même si certains d’entre nous s’appellent « croyants » ou « athées » ou un truc entre les deux, nous sommes tous des adorateurs, nous avons tous un dieu. Et nous lui dévouons tous du temps et de l’argent.

La question que je vous invité à vous poser maintenant, c’est : « Mon dieu vaut-il vraiment la peine de tous mes sacrifices ? ».