26 novembre 2012

Le juste milieu

Lundi ? Vrai. Raisonnement ? Faux. Il est temps de changer...

Le raisonnement du juste milieu consiste à penser qu'un compromis, un "juste milieu" entre deux extrêmes est la vérité. Parfois, la vérité est effectivement au juste milieu, mais ce n'est pas systématique : un "juste milieu" entre le vrai et le faux reste faux.

En outre, il y a souvent plusieurs manières de tracer une ligne entre deux points de vue, et donc plusieurs "milieux".

Exemple :

A - Il y avait 3000 manifestants selon la police.
B - Oui, mais d'après les syndicats, il y en avait 5000.
A - Les deux exagèrent toujours. Il y en avait surement 4000.

En réalité, il y en avait peut-être 3000, peut-être moins, peut-être 5000, peut-être plus, on ne peut pas savoir à partir de ça. Au mieux, si on se fie à la fourchette évoquée, on peux supposer de bonnes raisons qu'il y en avait entre 3000 et 5000.

23 novembre 2012

Comment savoir si Dieu existe ?

On peut savoir s'il y a du lait dans le frigo en allant simplement regarder. On peut savoir si fumer accroît les risques de cancer en faisant des tests. Si on est en désaccord sur ces points, on peut se mettre d'accord assez facilement en vérifiant les faits, mais ce n'est possible que parce qu'au fond, on s'accorde sur des choses plus élémentaires : la fiabilité de nos sens, l'uniformité des phénomènes naturels, la fiabilité des données recueillies, l'honnêteté des chercheurs, etc. C'est ce qu'on appelle des présupposés.

Savoir si Dieu existe est problématique non pas parce qu'il y a un désaccords sur les faits, mais sur les présupposés. On gagne donc à aller plus au fond du débat, pour éviter de batailler en surface et en vain. Seulement, à ce niveau, les faits observables ne constituent plus des éléments décisifs. En effet, les mêmes présupposés qui déterminent ce qu'une personne va accepter ou non comme faits déterminent également comment ces faits seront interprétés.

Par exemple, le naturalisme et le surnaturalisme portent deux regards différents sur le monde et la connaissance que l'homme en a :
  • Le naturalisme affirme qu'il n'y a rien au-delà de la Nature, et donc rien en dehors de la Nature qui puisse expliquer l'ensemble de l'expérience humaine.
     
  • Le surnaturalisme affirme qu'il y a quelque chose au-delà de la Nature, qui peut expliquer l'ensemble de l'expérience humaine. Par exemple, Dieu, qui a créé la Nature et intervient en son sein à chaque instant, pour la maintenir ou la modifier et ainsi y opérer des miracles.
Il ne suffit dès lors plus d'avoir de bonnes preuves qu'un phénomène miraculeux est arrivé pour convaincre un naturaliste, puisque ce dernier supposera que cet événement n'est pas réellement arrivé, ou qu'il est simplement inexpliqué et non inexplicable. De la même manière, aucun fait, aucune preuve tangible ne pourra jamais convaincre un Hindou qu'il se trompe en croyant que toute l'expérience humaine est une illusion.

L'ensemble de nos présupposés constituent une certaine vision du monde – des convictions fondamentales sur le bien, le mal, le sens de la vie. Nous ne tirons pas entièrement ces présupposés de notre expérience humaine, et ils ne peuvent pas être vérifiés ou réfutés par la science naturelle.

La plupart des gens ignorent qu'ils ont des présupposés, et une vision du monde conditionnée par ces présupposés. Ils n'y réfléchissent donc pas de manière explicite, ce qui peut rendre tout débat difficile, voire inutile, du moins avant d'avoir éclairci ces questions. Nous verrons la semaine prochaine comment nous y prendre.

19 novembre 2012

Origine contrôlée

Faux raisonnement du matin, chagrin... vidangez-vous l'esprit ce lundi en le purgeant un bon coup !

Le principe de l'origine contrôlée, c'est d'évaluer la validité d'un argument en fonction de son origine. On fait ainsi appel aux préjugés qu'ont les gens. Similaire à l'attaque personnelle, ce faux raisonnement vise la source ou le contexte de l'affirmation.

Exemple :

A - Les homosexuels sont tout-à-faits capables d'aimer des enfants comme leurs propre parents. 
B - Bien sûr. Mais les psychologues sont formels : pour le bon développement de l'enfant, il lui faut un père et une mère, un parent qui lui permet de se comprendre par similarité, et un parent par lequel il se comprend par différence.
A - Les psychologues qui disent ça sont chrétiens ! Ils sont forcément biaisés. Il y en a d'autres qui disent le contraire, que c'est pas important.
B - Et ceux-là sont homosexuels.

En plus d'être réducteur, ce raisonnement ne mène nulle part.

16 novembre 2012

La différence entre toi et moi

Tu diras probablement que je suis un “croyant” et que tu es un “non-croyant”. Et de nombreux chrétiens seraient d'accord avec ces labels - après tout, ils sont bibliques. On peut dire que ce qui sépare les chrétiens et les athées, c'est la foi.

C'est une question de croyance...
Les Chrétiens croient certaines choses que les athées ne croient pas. Les premiers croient que les affirmations de Jésus-Christ et que les enseignements de la Bible sont vrais, les seconds ne le croient pas. Les premiers ont foi en Jésus et ont confiance en ses promesses, pas les seconds. Devenir chrétien implique de croire.

...mais pas seulement.
La différence ne s'arrête pas à la croyance, et c'est important à comprendre si on veut en parler en évitant les idées reçues. La croyance en la fiabilité de la Bible et la foi en Jésus sont des éléments qui ressortent le plus dans notre religion, mais le chrétien affirme plus que simplement une croyance en la vérité des affirmations de Jésus.

Le chrétien affirme qu'il “sait” que ces affirmations sont vraies. Au-delà de l'espoir ou de l'engagement de notre volonté, qui font partie de la foi, il y a le savoir.

Qu'est-ce que ça veut dire ?
Comment le savoir dépasse-t-il la croyance ? Le savoir implique d'avoir une justification, ou des bonnes raisons pour soutenir ce que l'on croit. Si on me demande quelle taille fait ma ville, que je réponde au hasard, et que je tombe juste, pourrait-on dire que je savais ? Non, parce que je n'avais aucune justification pour ma réponse. 

Quand on affirme savoir que quelque chose est vrai, on affirme avoir des indices sérieux, des faits, ou de bonnes raisons pour appuyer notre avis.

La vraie différence
Je crois quelque chose que tu ne crois pas, mais ça ne suffit pas de dire ça, car on peut avoir des croyances sans fondement, hasardeuses, ou futiles. J'affirme qu'il y a de bonnes raisons de croire ce que je crois, et tu affirmes qu'il n'y a pas de bonnes raisons de croire ce que je crois, voire qu'il y a de bonnes raisons de ne pas croire ce que je crois.
Les discussions sur la foi chrétienne devraient être une étude de cette question, ainsi qu'un débat à ce sujet, et ça implique de donner des arguments, de justifier des points de vue, de réfuter des positions erronées et de répondre aux objections. C'est ce que j'essaye de faire dans la vie, et sur ce blog, ayant constaté que l'écrit permet de considérer les idées souvent plus calmement, et de les diffuser plus largement.