2 juillet 2012

La fausse série statistique

C'est lundi : encore une occasion pour apprendre à se défaire de ses propres erreurs de raisonnement !

Voyons aujourd'hui la fausse série statistique. Il s'agit de croire que des "séries"se produisent dans des événements statistiquement indépendants.

Par exemple, si vous jouez à pile-ou-face, puisque la pièce a 50% de chances de tomber de chaque côté (en admettant qu'elle ne puisse pas retomber sur la tranche), alors si on la lance plusieurs fois en l'air, avec le temps il devrait y avoir un nombre plus ou moins égal de fois où elle retombe d'un côté et de l'autre.

Seulement, il ne faut pas en conclure que si elle est retombe 10 fois du côté pile, la 11e fois, elle aura plus de chances de tomber du côté face. Il y a toujours 50% de chances qu'elle retombe d'un côté ou de l'autre.

25 juin 2012

Question-piège

En on continue avec les "faux raisonnements" du lundi.

Il s'agit de poser une question qui repose sur une certaine supposition. Or cette supposition fait qu'on ne peut y répondre sans se faire des ennemis, on a l'air coupable si on n'y répond pas.

Elle est souvent alliée à la technique rhétorique de la question directe, qui prend la forme suivante : "Est-ce que, oui ou non, ...", pour forcer l'adversaire soit à prendre une position tranchée, soit à avoir l'air d'éviter la question.

Ex : Est-ce que, oui ou non, les riches doivent payer pour les pauvres ?

Répondre oui, c'est être pour une société d'assistanat; répondre non, c'est être insensible et borné.

La question est vague, et sous-entend une opposition entre riche et pauvre (bien sûr sans définir les termes ou le cadre de la question). Chacun verra dans la réponse le bien ou le mal qu'il veut y voir (la question sous-entend généralement le mal), et généralisera à partir de là pour se faire une idée de l'éthique de la personne.

Le mieux, c'est une manœuvre d'esquive offensive : refuser la question, soit en la déplaçant ("La vraie question, c'est..."), soit en s'offusquant ("Comment osez-vous me poser une question pareille ?"). En tous cas, la manœuvre d'esquive défensive est à éviter parce qu'elle aura l'air de langue de bois : "C'est une question qui mérite d'être étudiée en temps voulu...".

22 juin 2012

T'es pauvre ? Tant pis.

Naître en République dans une clinique chauffée, avoir des parents en vie, un frigo plein, une éducation gratuite, la sécurité sociale... je n'ai rien mérité de tout ça, je suis simplement né dans cet environnement. Je peux disposer de tout ça parce que des hommes et des femmes (chrétiens pour la plupart) se sont associés et ont lutté pour établir une société où l'homme vivrait dans de bonnes conditions.

Je ne l'ai pas mérité, mais j'en ai hérité.

Quelle doit-être ma première réaction ? La reconnaissance. Et un sens des responsabilités. C'est parce que j'ai hérité de ces richesses que je dois en faire profiter d'autres. Agir autrement serait égoïste - l'amour que j'ai reçu me pousse à en donner, parce que c'est la nature même de l'amour. C'est à ceux qui ont en abondance d'aider ceux qui sont dans le besoin... et ne sommes-nous pas tous le riche d'un autre ?

Il est facile de s'imaginer généreux, mais c'est difficile de l'être. Savoir ce qu'on ferait d'un million d'euros est sans importance. Ce qui est important, c'est de savoir ce qu'on va faire des 20€ dans notre poche, ou des 1000€ sur notre compte.

Alors ! Ne savons-nous pas tous que le problème des inégalités dans le monde est avant tout un problème de répartition des richesses ? Et que fait-on pour inverser la tendance, ici et maintenant ?

Peu, au final, car il ne suffit pas de savoir ça pour changer. La connaissance n'a jamais rendu personne meilleur. La peur, les doutes, l'avidité subsistent. Il faut que notre cœur égoïste change, il faut qu'on se contente de ce que l'on a, de ce qui nous est donné, pour discerner ce qui est superflu et le distribuer à ceux qui en ont besoin. Évidemment ça aide si nos parents nous ont montré le bon exemple, mais ce n'est jamais tout-à-fait le cas.

Jésus n'encourage ni la pauvreté ni la richesse, mais simplement la confiance en un Dieu qui pourvoit, afin d'inciter au don de soi et de ses ressources à l'autre. Dieu n'a pas besoin de notre générosité, mais il veut qu'on l'honore en étant généreux comme il est généreux, qu'on aime comme il aime. Parce que Dieu est amour, il veut qu'on donne comme il se donne, comme il s'est donné en Jésus. C'est lié à sa personne, et à la nôtre : si nous voulons être généreux, c'est parce que nous sommes faits à l'image de Dieu; et pour être généreux comme il l'est, il faut le connaître.

Car comment savoir comme il est généreux, et comment il aime, si on ne le connaît pas ? Si on n'accepte pas sa générosité et son amour, c'est-à-dire le don de son fils Jésus pour pardonner nos crimes, alors on ne le laisse pas nous influencer, notre cœur ne change pas, et on ne peut pas devenir comme lui. C'est pour cela que faire le bien, ça demande avant tout d'être quelqu'un de bien, et ça s'apprend d'abord par une relation avec Dieu.

Es-tu seulement prêt à te fournir à la source pour être riche de l'amour de Dieu pour les hommes ?

18 juin 2012

Exception à la règle

Toujours dans la série "faux raisonnements", je vous propose ce lundi de nous intéresser à ce qu'on appelle l'exception à la règle.

Lorsqu'une affirmation ne se vérifie pas, mais qu'on veut la maintenir tout de même, on peut faire deux choses : soit on change les règles, soit on crée une exception, pour expliquer que l'affirmation ne se vérifie pas.

Ex: Je dis que je peux faire disparaître des objets par magie. J'essaye de le faire devant tout le monde, mais ça ne marche pas. Alors soit je dis que ça ne marche que si tout le monde a les yeux fermés, soit je dis qu'aujourd'hui l'alignement des planètes ne l'a pas permis.

Bien sûr mes exemples de faux raisonnements sont toujours faciles à démasquer - c'est pour que le principe soit clair. Dans la pratique, c'est souvent plus sournois que ça.