18 mai 2012

Mes faux raisonnements

Inspiré par ce site web qui répertorie les 24 erreurs de logique à ne pas commettre pour avoir un raisonnement fiable, je te proposerai chaque lundi de nous pencher sur l'une d'entre elles. Le but, c'est qu'à la fin on ait appris à respecter les bases d'un débat rationnel et constructif. Et ça me servira autant qu'à toi !

Bien sûr, l'humain n'est pas que rationnel, et la connaissance de notre monde ne dépend pas que de la raison. Néanmoins cet outil parmi d'autres est à aiguiser pour l'utiliser efficacement - tout comme on devrait rester maître de ses émotions (c'est-à-dire choisir quand les laisser aller et non les laisser aller tout le temps), on devrait rester maître de sa raison.

Mais avant tout, il faut connaître la première étape de la pensée logique : les 3 types de raisonnements de base que l'on peut construire.

1, 2, 3, je ne me tromperai pas

Il existe trois types de raisonnements : la déduction, l'induction, et l'abduction. Ils reposent sur la mise en relation de deux phrases (prémisses) afin de conduire soit à une conclusion (pour la déduction) soit à une hypothèse (pour l'induction et l'abduction). Pour clarifier, voici un exemple :

Déduction

Tous les haricots dans le sac sont blancs.
Ces haricots viennent du sac.
Ces haricots sont blancs.

Induction (généralisation)

Ces haricots sont blancs.
Ces haricots viennent du sac.
Tous les haricots dans le sac sont blancs.

Abduction (liaison)

Tous les haricots dans le sac sont blancs
Ces haricots sont blancs
Ces haricots viennent tu sac.

Et on fait quoi de tout ça ?

Le but, c'est de différencier les raisonnements pour savoir lesquels mènent à une conclusion nécessaire, et lesquelles mènent à une conclusion possible.

Pour ça, il faut repérer les 3 types de propositions possibles, et les agencer dans le bon ordre. Il y a le cas général (Tous les haricots dans le sac sont blancs), le lien (Ces haricots viennent du sac) et le cas particulier (Ces haricots sont blancs). Dans cet ordre, du cas général vers le cas particulier, c'est une déduction logique, conclusion nécessaire. Si on généralise à partir du cas particulier, c'est une induction. Enfin, si avec les deux cas on cherche à faire la liaison, c'est une abduction.

Lundi prochain : l'Homme de paille.

4 mai 2012

J'ai la vérité, et toi ?

Pilate entre dans le prétoire et appelle Jésus.

Pilate - Es-tu le roi des Juifs ?
Jésus - Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?
Pilate - Moi, suis-je Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi : qu’as-tu fait ?
Jésus - Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici-bas.
Pilate - Tu es donc roi ?
Jésus - Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.
Pilate - Qu’est-ce que la vérité ?

Pilate sort du prétoire.

- Évangile de Jean, chapitre 18, verset 33-38.
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Les choses semblent en être au même point depuis plus de deux mille ans. Combien de gens refusent d'entendre le message de Jésus en objectant que la vérité est un concept flou ou intangible, et qui reprochent leur arrogance aux chrétiens qui prétendent "avoir la vérité" ? Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Globalement, il y a deux manières de la concevoir :

- La première est dite réaliste : la vérité, c'est ce qui est conforme au réel.
- La seconde est existentialiste : la vérité c'est ce qui est conforme à notre expérience du réel.

La distinction se faisant ici : peut-on, ou non, connaître le réel, et dans quelle mesure ?.

Pour éviter de tomber dans un débat philosophique presque intemporel, je te propose d'adopter un autre angle d'approche. Au sens biblique, la vérité, c'est ce qui correspond à tous les sens modernes du mot "sûreté" : quelque chose de fiable, sur lequel on peut s'appuyer, et c'est aussi une certaine norme de la parole et de la pensée.

Ainsi, la question devient : qu'est-ce qui est sûr ? qu'est-ce qui est normatif ?

Jésus prétend ici que son royaume est sûr et normatif. Il dit être un roi digne de confiance, témoin d'une réalité normative - la vie telle qu'elle devrait être, ou "la vie, la vraie", comme je dis souvent - et il invite tous ceux qui recherchent cette vraie vie à devenir les citoyens de son royaume. On ne l'établira pas ici et maintenant - ce royaume idéal n'est pas de ce monde - mais on peut d'ors et déjà se comporter selon ses lois, parce qu'elles sont bonnes, et pour témoigner de cet autre monde à venir. Tout cela, en faisant des concessions bien sûr, parce que nous sommes imparfaits et ce monde aussi. C'est ça, "avoir la vérité", pour un chrétien.

Et toi, de quelle vérité témoigne ta vie ?

27 avril 2012

Comment lire la Bible ?

La première fois où j'ai essayé de lire la Bible, je me suis cassé les dents dessus. Évidemment, puisque j'ai cru que c'était un livre "comme les autres", j'ai commencé à la première page... c'était il y a longtemps. Récemment j'ai fini de la lire en entier, avec un plan de lecture, ça m'a pris 2 ans et demi. Mais je ne parlerai pas ici des méthodes pour arriver à lire la Bible régulièrement ou en entier, en fait je préfère aborder la question pour ceux qui ne l'ont jamais ouverte, et qui ne sont pas prêts à y passer beaucoup de temps. Après, si on la trouve intéressante, on cherchera à la découvrir plus globalement.

D'abord, comment ne pas la lire :

Avec ses préjugés. La Bible est misogyne, tout le monde le sait. Elle est pleine de contradictions, antiscientifique, etc. Et si on laissait une chance au texte ? Attends-toi à être surpris !

En insérant des anachronismes. Quand dans la Genèse, il est écrit que Dieu créa les animaux, chacun selon leur espèce, est-ce qu'il s'agit des espèces comme définies par Darwin ? Et quand les prophètes annoncent le futur glorieux et victorieux d'Israël, est-ce qu'ils pensent à l’État créé en 1948 ? Bien sûr que non. Si on a besoin des mots d'aujourd'hui pour comprendre un texte, il ne faut pas nécessairement leur attribuer toutes les significations actuelles, alors prudence !

Alors, comment lire la Bible ?

Je te propose de lire la Bible avec 3 atouts :

Un a priori positif. C'est une question d'attitude, si tu lis la Bible pour y trouver des choses qui ne te plairont pas, tu les trouveras. Mais si tu la lis en partant du principe qu'elle est "innocente" jusqu'à preuve du contraire, et que tu trouves des choses qui ne te plaisent pas, tu chercheras à comprendre ce qui est écrit de manière plus objective. Autrement dit, traite la Bible avec justice, comme tu aimerais être traité : laisse-lui le bénéfice du doute.

Un ami chrétien. Face aux passages plus difficiles, il est bon d'avoir un ami mieux renseigné à qui poser tes questions, pour être orienté dans tes recherches, et disposer d'une vision d'ensemble du texte. A toi de choisir la personne qui te semblera la plus pertinente, aussi quelqu'un qui saura reconnaître quand il ou elle ne sait pas ou ne comprend pas.

Plusieurs autres personnes, chrétiens ou non, qui font la même chose que toi. Par exemple, au GBU. Croiser les perspectives des uns et des autres, cheminer ensemble dans sa recherche, ça évite de tourner en rond ou de se cantonner à ses propres idées.

20 avril 2012

Ne m'embête pas avec “ton” Dieu

Beaucoup déplacent le débat de l'existence de Dieu au débat de la croyance en Dieu, espérant s'en tirer ainsi : “Je ne crois pas en ton Dieu, alors ne m'embête pas avec !”. Mais que l'on croie où non en Dieu ne change rien à son existence, ni à son jugement.

Imagine : tu viens d'une culture où les parents ont droit de vie et de mort sur leurs enfants. Tu arrives en Europe, et l'un de tes enfants te porte gravement préjudice, et tu le punis de mort. Que tu trouves cela juste ou non, que tu aies été au courant ou non, c'est contre la loi. Et donc c'est répréhensible. Peu importe que tu sois d'accord ou non, les autorités vont t'envoyer en prison. Mais tu aurais bien aimé qu'on te le dise avant...

De la même manière, peu importe tes croyances, tes opinions, si Dieu existe, c'est lui qui a fait la loi qui régit le monde entier. Tu es né dans ce monde, selon ces lois, et tu vis par ces lois mêmes, que tu en aies conscience ou non. Peut-être que ta culture familiale ou nationale, tes aspirations et ton caractère, ta formation de pensée, ton expérience de vie t'amèneront à te faire ta propre loi morale. Mais cela ne te donne aucune autorité en soi, tout comme refuser la gravité ne t'empêche pas de t'écraser en fin de chute.

Et si un jour Dieu vient te demander des comptes, crois-tu  qu'il se pliera à tes calculs ?

Tu n'es peut-être pas chrétien, mais si Dieu existe tel que la Bible le décrit, il est ton Dieu, ton créateur, ton Seigneur, que tu le veuilles ou non.

Bien sûr, cela ne justifie pas le harcèlement, et ce même Dieu commande dans la Bible de traiter les autres avec douceur et respect - nous autres chrétiens avons bien du mal à l'apprendre et à le mettre en pratique. Mais pourquoi tirer sur le messager, aussi imparfait qu'il soit, quand le message pourrait te sauver la vie ?