16 mars 2012

Evangélisation ou prosélytisme ?

Suite à cet article informatif et neutre (!) sur le site Internet du journal Le Monde (merci Raison de Croire), de nombreuses personnes manifestent une forte hostilité et parfois une flagrante condescendance envers ceux qui cherchent à partager leur foi. Je cite :

"Cette forme de militantisme de l'au-delà est (...) amusante au début et lourdingue au fur et à mesure. Il y aura toujours des esprits simples pour relayer cette parole."

"Cette orientation religieuse, je la considère comme une secte. Ils cherchent les personnes vulnérables, les influencent."

Alors que dire ?  Il est certain qu'il y a des dérives au sein des mouvements évangéliques, comme en politique, comme dans certains mouvements islamiques ou bouddhistes, ou encore dans certaines branches de l’Éducation Nationale, et j'en passe. Il est inutile de stigmatiser la foi, les abus sont toujours dus à l'homme. Par contre, pour être équitable, comptons aussi les points positifs et n'oublions pas que c'est la foi chrétienne qui a inspiré le plus d'avancement social dans l'histoire de l'humanité.

Cependant, là n'est pas la question, le problème de fond. Il s'agit de savoir si c'est une restriction de la liberté d'autrui que de lui présenter sa propre religion sous un jour positif, voire de lui proposer de la rejoindre. Nous avons l'idée fermement ancrée dans nos têtes que la religion est une question personnelle, privée, intime - et donc si quelqu'un aborde le sujet, on a l'impression qu'on pénètre par effraction notre vie intime.

Pourquoi ?

Avons-nous si peur du débat ? Sommes-nous si mal assurés de nos propres croyances que nous craignons de passer pour un idiot quand on en discute ? Ou pire, de se "laisser avoir" par le discours pernicieux de l'autre, qui ne cherche bien sûr qu'à nous convertir ? Depuis quand les questions de fond sont-elles censurée de l'échange entre deux personnes ?

8 mars 2012

Droits de la femme. La Bible : misogyne ou militante ?

En ce jour particulier, mesdames, je vais vous choquer, puis je vais vous intéresser, et j'espère qu'à la fin je vous aurai fait réfléchir... mais pour ce qui est de la troisième partie je ne peux rien promettre : c'est à vous de jouer.

La purification rituelle après l'accouchement

L’Éternel s'adressa à Moïse en ces termes:

- Parle aux Israélites: Lorsqu'une femme met au monde un garçon, elle sera rituellement impure durant sept jours, comme lorsqu'elle est isolée à cause de son indisposition menstruelle. Le huitième jour, on circoncira l'enfant. Puis il lui faudra encore attendre trente-trois jours pour être purifiée de son sang; elle ne touchera aucune chose consacrée; elle n'ira pas au sanctuaire jusqu'à ce que le temps de sa purification parvienne à son terme.

Si elle donne naissance à une fille, elle sera rituellement impure deux semaines comme au moment de son indisposition, puis il lui faudra encore attendre soixante-six jours pour être purifiée de son sang. 

Quand les jours de sa purification seront achevés - qu'il s'agisse d'un garçon ou d'une fille - elle apportera à l'entrée de la tente de la Rencontre un agneau dans sa première année pour un sacrifice par le feu, et un pigeonneau ou une tourterelle pour le sacrifice pour le péché, et elle les remettra au prêtre. Celui-ci les offrira devant l’Éternel et accomplira le rite d'expiation pour elle, et elle sera rituellement purifiée de sa perte de sang. Telle est la règle concernant la femme qui donne naissance à un garçon ou à une fille.
   
Si elle n'a pas de quoi offrir un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeonneaux, l'un pour le sacrifice de feu et l'autre pour le sacrifice pour le péché; le prêtre accomplira le rite d'expiation pour elle, et elle sera rituellement pure.


- Livre du Lévitique, chapitre 12.

Pourquoi la femme est-elle impure quand elle accouche - quel péché a-t-elle commis ? 
Et pourquoi est-elle impure 2 fois plus longtemps après avoir accouché d'une fille que d'un fils ?

Il faut d'abord noter que la question de pureté - et donc de péché - est liée à la perte de sang, et non au sexe de l'enfant ou à la mère. Le sang est symbole de vie, et le fait qu'il sorte du corps est symbole de mort, la mort étant l'impureté absolue (d'où l'expression récurrente dans la Bible : "verser le sang").

On remarquera ensuite que la seule différence entre un fils et une fille est que le fils se fera circoncire (acte de purification), ce qui explique qu'on fasse grâce à la mère d'une partie de la période de purification. Autrement dit : la période normale est de 80 jours, mais dans le cas d'un garçon, ça peut être réduit à 40 puisqu'il peut endurer une partie de la purification.

Pourquoi, alors, ne pas exciser la fille également ? Le fait que l'excision prive définitivement la femme de toute possibilité de plaisir sexuel me semble une bonne raison, et témoigne en faveur de l'éthique biblique.

N'oublions pas non plus que les sacrifices rituels offerts suite à un accouchement sont exactement les mêmes pour un garçon ou pour une fille, ce qui confirme l'égalité de traitement entre les deux sexes.

Enfin, rappelons-nous qu'à cette époque, les hommes sont obsédés par l'idée d'avoir des fils plutôt que des filles : cela leur assure un héritier, et c'est mieux pour la guerre. Aussi la plupart des maris, insatisfaits d'une fille, auraient pu être tentés de reprendre des rapports sexuels intensifs avec leur femme suite à l'accouchement, et au dépens de la santé de leur épouse. Cette longue "période d'impureté" assurait à la femme une reposante convalescence (on ne devait pas toucher ce qui était impur, sous peine de devenir impur soi-même).

Alors, à votre avis, la Bible : écrits misogynes bons pour l'autodafé, ou sagesse militante pour l'égalité des sexes et le respect des droits de la femme ?

2 mars 2012

L'autorité morale

Chacun est libre de choisir ses croyances. D'accord. Mais ça ne veut pas dire que tout se vaut.

D'ailleurs, nos croyances définissent nos valeurs, qui à leur tour conditionnent notre morale. Bien sûr, la réflexion, l'expérience, l'exemple des autres, etc. vont contribuer à notre réflexion éthique, et ces choses peuvent nous amener à reconsidérer nos croyances, et nos choix. Mais cela ne garantit pas qu'au final notre morale vaille quoi que ce soit.

Par exemple, quelqu'un décide de croire qu'il y a un Dieu créateur, que l'homme a été créé avant la femme, et en conclue que l'homme est supérieur à la femme, qu'elle doit lui être soumise, et comme Dieu l'a créé plus musclé qu'elle, il se met à battre sa femme quand elle lui désobéit.

Quelqu'un d'autre décide de croire la même chose, mais, fondant ses croyances sur le texte biblique, il en déduit nécessairement l'égalité de l'homme et de la femme, et comme Dieu l'a créé plus musclé qu'elle, il se fait un devoir de traiter sa femme avec toute la douceur et l'amour dont il peut faire preuve, et de la protéger.

Est-ce que ces deux morales ont la même valeur ? 
Et si oui, alors qui peut condamner l'un et approuver l'autre ?

Enfin ! Dirait-on qu'un médecin a autant d'autorité pour parler de médecine qu'un plombier? Bien sûr que non ! Et dirait-on encore qu'un Nietzsche aurait autant d'autorité pour parler de morale qu'un Jésus ? Jamais de la vie !

Ne nous reste-t-il aucun sens commun ? Ce n'est pas parce qu'on a le droit de croire en ce qu'on veut que tout le monde a nécessairement autant d'autorité morale. Il ne s'agit pas de cette idée surfaite de "tolérance" molle et lobotomisée, mais d'affirmer clairement qu'il existe une différence entre le bien et le mal, et de se battre pour le bien - c'est-à-dire de se battre avec les armes du bien.

Jusqu'ici, a priori, on est tous d'accord. Seulement, le problème survient quand je dis que Dieu existe, qu'il est tel que révélé dans la Bible, et que c'est lui qui décide de la morale, parce qu'il est l'origine du bien. C'est lui qui a toute autorité morale. Et donc, ça remet probablement en question ta morale.

Mais es-tu prêt à rendre compte des croyances qui fondent ta morale ?

24 février 2012

L'éducation : la fin de la violence ?

Selon Hesna Cailliau, auteur de “L'esprit des religions – Connaître les religions pour mieux comprendre les hommes” (2006), l'ignorance est à l'origine de la peur et du mépris, et c'est elle qui cause des conflits de civilisation, plus que les cultures ou l'histoire elles-mêmes.

Ainsi, en connaissant mieux les cultures et l'histoire, on peut établir un dialogue sur de bonnes bases et favoriser la paix. Or les religions sont intimement liées à ces deux domaines, et en plein essor, d'où l'urgence d'une “éducation spirituelle”.

La thèse de l'auteur est très largement acceptée par nos contemporains. D'ailleurs on voit bien que les mouvements autocratiques et sectaires interdisent l'éducation de la plus grande partie de la population, et veulent la contrôler entièrement. Mais les gens éduqués, eux, ne feraient jamais ça, ils vivraient dans la paix et l'harmonie...

Sérieusement ? Pourtant l'éducation est souvent  une propagande. Même dans notre beau pays, le pays des droits de l'homme, on nous enseigne jusqu'à l'université, jusqu'en master de développement humanitaire, qu'on a le droit de manipuler les honnêtes gens pour leur soutirer de l'argent, sous prétexte que nous, on est "les gentils". On nous vend des concepts de liberté qui ne font qu'encourager la consommation et l'addiction. Nous, les gens éduqués, manquons cruellement de sagesse, et utilisons notre éducation pour asservir les autres et assouvir nos désirs.

D'ailleurs, à défaut de nous rendre intéressés et pleins de compassion pour les gens d'autres horizons, on nous inonde d'un concept de tolérance - autrement dit on interdit le dialogue, puisqu'on ne peut plus affirmer que l'autre a tort - afin d'éviter tout conflit (et surtout de nous empêcher de réfléchir de manière critique).

Mais c'est ridicule. Quand il y a une situation injuste ou dangereuse, il faut faire quelque chose, même si cela implique de déclencher un conflit d'idées.  La tolérance, le respect, l'amour... interviennent dans la manière dont on va vivre et résoudre ce conflit, et rétablir la justice ou la paix. Cela concerne les personnes, non les idées.

Je crois que Jésus est Dieu, et donc forcément, je crois aussi que toute vision du monde qui n'affirme pas la même chose est dans l'erreur. Suis-je intolérant ? Oui, puisque je ne tolère pas l'injustice, ou le mensonge. Et toi, es-tu intolérant ?