16 septembre 2010

Jesus power : le repas

Dans la société Juive du premier siècle de notre ère, les repas étaient des événements sociaux complexes qui servaient à établir et renforcer une communauté, et pas seulement à nourrir des gens.

Le repas avait 4 fonctions principales :

Créer une solidarité.

En mangeant avec son groupe, on matérialisait la différence entre ceux qui font partie du groupe et ceux qui n'en font pas partie. Les repas rappelaient aux individus envers qui ils devaient être loyaux.

Renforcer les distinctions.

Différences de hiérarchie, de statuts sociaux, et de sexes étaient mises en évidence notamment par les placements de table, les types de places (chaise, banc, tabouret ou par terre), et les activités (laver les pieds des autres).

Perpétuer les valeurs sociales.

Au cours du repas, certains rituels étaient réalisés : purifications, prières, symboles... et certains repas festifs étaient plus qu'autre chose l'occasion d'observer les règles religieuses (Sabbat, jeûne, célébrations).

Asseoir sa réputation.

Organiser un banquet, faire un discours, cela servait à impressionner par ses richesses tout en démontrant sa bienveillance pour les invités. Les invités pouvaient à leur tour faire preuve de déférence et divertir leur hôte avec leur esprit ou leur sagesse.


Mais Jésus brise toutes ces conventions. Il redéfinit la notion de groupe en invitant à sa table des gens qui ne font partie d'aucun des groupes sociaux auxquels il appartient. Il défie l'exclusivisme de la jet-set religieuse en frayant avec les parias de la société. Il refuse de faire passer les traditions de purification, de jeûne et du Sabbat avant les gens. Enfin, même invité par des notables, il se comporte à la fois en hôte et en invité, et met en évidence leur mauvais ordre de priorités.

Jésus a utilisé le repas non seulement pour contester le système socio-religieux dans lequel il se trouvait, mais aussi pour initier une reconstruction sociale. Il ne s'est pas contenté de critiquer l'ordre établi, il en a proposé un nouveau.

C'est là notre appel. Nous aussi devons utiliser les éléments socio-culturels à notre disposition pour en faire un exemple du message politiquement incorrect de Jésus. Quelles sont les constructions sociales que notre génération utilise, et comment pouvons-nous en renverser les conventions, afin de reconfigurer l'ordre des choses selon la volonté de Dieu ?

14 septembre 2010

La Construction Sexuelle

Certains choses ont toujours été et seront toujours érotiques, quelle que soit la culture. Cependant, comme le chien de Pavlov, nous nous entraînons à associer certaines choses à l'érotisme, et dans cette mesure, nous construisons notre sexualité.

Par exemple, les seins nus ne sont pas considérés érotiques en Afrique, ainsi que dans certaines îles du Pacifique. Nous sommes entraînés, dans notre culture occidentale, à considérer ça érotique. Tout comme nous nous conditionnons, en regardant du porno par exemple, à associer certaines images à l'état d'excitation sexuelle et à la libération d'endorphines dans notre système, au moment suprême.

Nous construisons en partie notre sexualité, et ça commence par l'érotisme. Pire encore, ce contrôle conscient de notre capacité à nous droguer de substances chimiques naturelles nous rend dépendants : il s'agit de dépendance au porno, à la masturbation, aux aventures d'un soir, etc.

Or la pornographie (et je ne restreint pas l'usage du terme aux films X mais aussi à de nombreuses scènes de films, livres, et chansons qui se veulent « réalistes ») est un business soumis à la pression de l'innovation et de la surenchère. Autrement dit, la « libération sexuelle » dans les media entraine et conditionne toutes formes de pratiques sexuelles dans la population.

C'est la pansexualité, tout est sexe et le sexe est tout. Il n'y a plus de limites, considérées répressives, à l'expression sexuelle. Tout comme pour les postulats de base de la postmodernité, ce concept de la sexualité ne vient pas de vous, ce n'est pas votre idée, votre ressenti naturel : c'est une construction sociale, et vous n'avez probablement pas eu conscience de vous construire sous cette influence. Il est important de réfléchir sérieusement avant de tout accepter du dogme socio-médiatique.

Nous ne sommes qu'humains, après tout, et à force d'être entourés de messages qui associent érotisme et sexualité à des concepts tels que l'infidélité, les pratiques sadomasochistes, et autres, nous finissons par y trouver goût et même à en devenir dépendants – il est difficile de faire sans. On finit par trouver "fades" ceux qui ne sont pas prêts à parcourir tout l'éventail des expériences sexuelles.

S'étonne-t-on, alors, de trouver les relations de couple de plus en plus difficiles et instables ? On rejette l'idée entière de l'amour juste parce que c'est difficile à trouver et à pratiquer, mais au final c'est aussi notre faute, et c'est aussi notre responsabilité.

11 septembre 2010

Les Évangiles Gnostiques

J'ai déjà présenté ici le Gnosticisme, je vais maintenant aborder l'influence des sectes gnostiques sur le mouvement chrétien dans les premiers siècles après Jésus-Christ.

Le Da Vinci Code, vous connaissez, j'imagine ? Dan Brown se veut un historien objectif, mais en fait c'est un gnostique, et il fonde sa théorie du complot sur quelques évangiles gnostiques qui n'ont pas grand-chose à voir avec Jésus.

Une petite introduction. La Bible est composée de deux parties : L'Ancien Testament (avant Jésus), et le Nouveau Testament (pendant et après Jésus). Le Nouveau Testament est composé de 4 biographies de Jésus (aussi appelés Évangiles), ainsi que d'autres textes historiques, épistolaires et autres.

Jésus est mort en l'an 33 de notre ère. Quasiment tous les textes du Nouveau Testament, et notamment les 4 évangiles bibliques, ont été écrits avant l'année 70, soit à une époque où les gens qui avaient vécu les événements étaient encore vivants.

Puis, dans la seconde moitié du second siècle de notre ère ont commencé à apparaître des évangiles gnostiques. Notamment l'évangile de Thomas, de Pierre, de Marie... et l'évangile de Judas. Thomas, Pierre, Marie et Judas étaient des gens qui avaient connu Jésus personnellement, mais ils n'ont jamais écrit ces évangiles. Ils étaient morts depuis longtemps à l'époque où ces derniers sont apparus.

On comprend facilement que les noms attribués à ces évangiles n'étaient qu'une manière de fabriquer une légitimité à ces derniers. Mais au-delà de ça, les évangiles gnostiques s'inspiraient des 4 évangiles originels, en modifiant et ajoutant des enseignements correspondant à la spiritualité gnostique.

Les premiers chrétiens étaient parfaitement conscients de l'existence et du contenu de ces soi-disant évangiles qui circulaient, et c'est pourquoi ils ont rédigé et fait circuler d'autres écrits pour critiquer ces évangiles gnostiques. Par la suite, devant la prolifération de la littérature gnostique, la liste des textes biblique fut officialisée – mais elle a toujours inclus les mêmes textes depuis le début.

Seulement, si on a retrouvé les écrits chrétiens, on a plus de mal à retrouver les écrits gnostiques originels. Bien que les écrits chrétiens en traitent et les citent, à chaque fois qu'on en retrouve un nouveau, on en fait toute une histoire, avant de se rendre compte que les écrits chrétiens étaient fiables dans leur compte-rendu des écrits gnostiques.

Malgré tout, et notamment depuis le succès du Da Vinci Code, beaucoup de gens sont d'opinion que ces évangiles gnostiques sont historiquement fiables. Parce que la théorie du complot, les scandales qui impliquent l'Église Catholique, et toute critique du christianisme en général sont bien plus vendeurs pour notre génération que la vérité historique. C'est ce que nous voulons entendre, alors pourquoi aller chercher plus loin ?

8 septembre 2010

Le Gnosticisme

Savez-vous ce qu'est le gnosticisme ? Non ? Pourtant, vous devriez. Parce que comme pour la postmodernité, c'est très certainement une vision du monde qui influence largement la vôtre.

En premier lieu, c'est une spiritualité qui voit la vérité sous forme de connaissance (la Gnose).

Historiquement, cette connaissance était principalement dissimulée derrière des symboles, et l'on y accédait en apprenant à déchiffrer ces symboles par des rites d'initiation.

Aujourd'hui, il s'agit plus spécifiquement de la connaissance de soi, ou de vérité intérieure, personnelle, que l'on doit rechercher par méditation et expériences mystiques.

Les religions orientales, la Franc-Maçonnerie, la Kabbale, le Soufisme, et les Églises Émergentes sont exemples de spiritualités gnostiques modernes.

Comme tout bon Monisme, le gnosticisme prétend que le divin est une force impersonnelle présente en toutes choses, et notamment en nous, et c'est pourquoi nous devons chercher à nous reconnecter à ce Grand Tout par une introspection spirituelle.

Alors, et maintenant, ça vous dit quelque chose?